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Hana-Bi |
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Un film de
Takeshi Kitano
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GENRE Comédie dramatique |
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EN BREF Terriblement traumatisé par la fin prochaine de sa femme et la paralysie d'un de ses collègues, blessé au cours d'une fusillade, le détective Nishi quitte la police. Il va commettre un hold-up pour soulager les misères de ceux qui l'entourent. La sérénité du dernier voyage qu'il entreprend avec sa femme, vers le mont Fuji, va être brisée par l'arrivée de yakusas vengeurs... |
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DATE DE SORTIE Mercredi 05 Novembre 1997 |
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REALISATEUR
Takeshi Kitano |
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ACTEURS PRINCIPAUX
Takeshi Kitano, Kayoko Kishimoto, Ren Osugi, Susumu Terajima, Tetsu Watanabe, Hakuryu, Yasuei Yakushiji, Taro Itsumi
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NOTRE AVIS
Un film rare, d'une beauté formelle et poétique dépassement allègrement le cadre du film de yakusas typique. Lion d'or à venice, ce long métrage, centré autour des thèmes chers au réalisateur, confirma tout le bien que l'on pensait de Kitano.
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DUREE
103
mn |
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EDITEUR
Gaumont Columbia Tristar Home Video
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POUR... ceux qui recherchent de la poésie.. |
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PUBLIC A
partir de 11 ans. |
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Avis pour "Hana-Bi" |
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L'avis
de
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Louis Diello
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| Ce
que j'ai aimé: |
Hana-bi : feux d'artifice. On s'attend à un festival barriolé de couleurs éclatantes. De ces feux, on ne retiendra que les pétarades. Celles des pistolets qui bavardent à la place de personnages enterrés dans le mutisme, le silence, la paralysie verbale. Il y a deux Nishi : celui d'avant une fusillade qu'il revit sans cesse et celui d'après cette fusillade traumatisante. L'invention la plus troublante de kitano, ce sont ces lunettes que le héros ne porte qu'après le drame. Des lunettes étonnament noires, hermétiques, rompant toute possibilité de contact avec l'autre. Elles cachent les yeux mais elles sont surtout un écran de projection pour le héros. Ses yeux dans le vague se focalisent sur ces deux bouts de verre foncés, morceaux de toile où repasser le film. Ces lunettes sont la marque constante du deuil et de la vivacité du souvenir dans l'esprit du héros. C'est une esthétique de l'individualisme dans l'art que nous donne à voir Kitano : Nishi se projette, seul. Son collègue crée sa peinture, seul. C'est un rapport d'individualité que l'amateur et l'artiste doivent entretenir. Se retrouver seul face au papier banc ou aux lunettes noires. Créer pour oublier, oublier pour créer. Kitano nous livre son art poétique dans ce film au travers du peintre handicapé. L'artiste est un homme blessé, saturé de souffrance, plein d'une immense douleur qu'il mêle aux éléments et à la nature. L'homme seul devient dans un tableau un homme avec un parapluie. Il écrit ainsi ce besoin constant de protection, de peur d'un imprévisible, d'un inévitable hasard qui tôt ou tard se mettra à refaire des siennes. Le pointillé du dessin est une défragmentation du sujet qui se décompose. La douleur ne détruit pas, elle défragmente, désagège, désunit. L'artiste se cherche une unité. Le peintre l'a perdu à jamais et la cherche dans son crayon. Le flic (Nishi) la cherche dans sa femme, atteinte d'un cancer doublé d'un deuil. Ensemble, tous deux vont soulager leur traumatisme et entamer un allègement avant la mort. Pour Nishi, rien ne compte plus désormais. Il a tué un homme, puis déchargé son revolver sur son cadavre, comme s'il voulait donner la mort à la mort, faucher la faucheuse, sécher le cours de la vie. Nishi devient invincible, indestructible et rien ne lui résiste. L'autre invention magnifique de Kitano est de nous faire croire à un angle de vue auquel on aquiesce sans broncher pour apprendre plus tard qu'il est tout différent. En effet, la scène-souvenir que revit Nishi est celle d'un type qui recoit une balle dans le dos. On croit qu'elle vient du dessus. mais elle vient de dessous. Le type allongé sous le futur mort lui décoche deux balles dans le ventre. Cela signifie que pendant 30 minutes, le spectateur croit que la balle est lancé depuis la caméra. La caméra tue. Et si la caméra donne la mort, il faut la fuir. C'est pourquoi Nishi se protège les yeux, se déguise en flic et n'a peur de personne, si ce n'est de ce cancer de l'image dont est atteint sa femme. Livrant un film au ton noir et décharné, l'oeuvre de Kitano est en tous points un film à la résonnance mélancolique. Cette mélancolie, maladie de l'âme passe par l'alternace des humeurs. La tristesse, le dépit, l'indifférence et l'humour se relaient au hasar des images. Et le constat de sa réflexion sur l'artiste est fatal: la mort est inévitable et doit parler. C'est le suicide peint par l'ami de Nishi, le coup de feu criant de la peinture. L'artiste après s'être vu tant créer doit se voir mourrir pour parachever, parfaire l'oeuvre d'une vie. Et Nishi, sa femme et son ami sont soumis au suicide, une mort que la caméra ne montre pas, mais fait entendre au travers de deux coups de feu, deux points d'exclamations laissant entendre tout le silence de ces artistes perdus en eux-mêmes. |
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