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Benedicte De Loriol le 1 juin 2009
Ce que j'ai aimé : J’ai essayé d’oublier l’histoire en regardant le film. En général, je n’aime pas aller voir un film en en connaissant toute l’histoire, ou presque… Ce soir, ce fut différent. J’ai vu le film totalement. En me laissant gagner par les émotions. Anna Gavalda écrit très agréablement et à travers ses mots, on ressent exactement ce qu’elle écrit. Au cinéma, c’est à la fois plus difficile et plus facile d’exprimer ses sentiments. Mais les silences sont éloquents, les regards sont profonds et les corps sont beaux, les gestes plein d’amour. Comme j’adore Daniel Auteuil (même si on n’adore que Dieu), j’ai beaucoup aimé ce film. Mais si vous n’appréciez pas cet acteur ou les 2 actrices principales Florence Loiret-Caille Chloé, sa belle-fille qui est plutôt enlaidie) et Marie-Josée Croze (Mathilde qui est à croquer), vous n’aimerez pas ce film. Vous le trouverez « fleur bleue » et sans doute niais… Et en plus, ils n’arrêtent pas de fumer ! Il me semble que dans le livre, Chloé a toute sa place et que tout tourne autour d’elle. Alors que dans le film, c’est Mathilde qui crève l’écran. On a envie de retrouver Pierre et Mathilde, leur bonheur, leur folie, leur passion sublime. Tout parait trop beau pour être vrai… Les plans du cameraman sont divinement exquis. Et puis derrière le bonheur, on ressent en pointillé la souffrance chez chacun d’entre eux, la complexité des situations avec une certaine lâcheté de l’Homme, des angoisses, des fuites, des irresponsabilités… La vie réelle prend le dessus, c’est plus rassurant, plus cartésien, moins stressant. Pour lui, pas pour elle. Mais dans le fond, c’est nul, c’est misérable, c’est la petite mort. En tout cas, ce n’est pas la Vie. J’ai l’impression que le film est plus vivant, plus gai que le livre. Sans doute à cause des voyages, du dépaysement, du corps de Mathilde, magnifique… On préfère retenir la belle histoire d’amour que Pierre raconte à sa belle-fille, plutôt que son histoire à elle qui est triste à en mourir. Comme quoi, l’être humain n’est pas maso et préfère le bonheur au malheur… Mais le bonheur a un prix qu’il faut parfois payer très cher, et qui ne rend pas forcément d’autres personnes malheureux, si l’on est vraiment honnêtes. Mais la société est ainsi faite, avec toutes ses conventions et ses hypocrisies. Il faut sauver les apparences, coûte que coûte… Et le matériel l’emporte souvent sur le spirituel… Bref, j’ai beaucoup aimé ce film et je pense que Zabou Breitman a fait un mélange subtil des sentiments de l’homme mêlant la nostalgie d’un amour perdu avec de profonds regrets d’être passé à côté de sa vie. Beaucoup d’interrogations sur le sens à donner à sa vie.