EN BREF Munich, 1972. Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l'organisation palestinienne Septembre Noir s'introduit dans le Village Olympique, force l'entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme. Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée "Colère de Dieu"...
NOTRE AVIS
Avec cette oeuvre aussi complexe que terrifiante, Steven Spielberg prouve qu'il est peut-être le cinéaste le plus complet du moment. Après l'apocalyptique Guerre des Mondes, il tente avec Munich de saisir et comprendre la spirale de violence israélo-palestinienne. En vain. Telles les têtes d'un hydre malfaisant, la mort et la destruction semblent repousser, à peine les croit-on coupées. Spielberg commet bien quelques maladresses, mais elles sont balayées par une mise en scène puissante et intelligente. Le plan final, aussi cohérent que mélancolique, achève la démonstration.
En installant un peu de fiction dans l'histoire officielle, Spielberg évite tout piège idéologique et offre un superbe film en forme de prière. Même si certaines scènes manquent de crédibilité (des agents du Mossad qui tremblent au moment de tirer...) et ne sont pas toujours conformes à la réalité, le film nous fait réfléchir sur l'attitude à adopter dans la guerre contre le terrorisme. Spielberg donne son opinion, humaniste et un peu utopique. Il montre surtout le dilemme dans lequel est plongé l'Etat d'Israël : comment un Etat démocratique doit-il se comporter face aux terroristes ? Comment conserver ses valeurs morales dans une guerre qui par essence est immorale ? Chacun son avis et même si je ne partage l'opinion utopique de Spielberg (je suis 100% pour la vengeance sans pitié !!!), je trouve son film magnifique. C'est en se posant toutes ces questions sur la moralité qu'on fait avancer le monde... BRAVO !!!
Ce
qui ne m'a pas plu :
Un bon thriller mais l'avertissement est contenu au début du film : "basé sur des faits réels". C'est donc une histoire vraie mais romancée. Le malaise provient donc du mélange de faits avérés et d'extrapolations certes réalisé avec virtuosité (Mr Spielberg quand même!) mais la manipulation n'est jamais très loin! De toute façon, on ne saura jamais la vérité, existe t-elle d'ailleurs dès qu'il s'agit de barbouzes...Cependant le message est ailleurs, dans ce sentiment de gâchis devant une situation géopolitique qui n'avance pas d'un pouce...On peut remarquer d'ailleurs qu'il n'y a quasiment aucune référence à la religion dans les deux camps à l'époque et que maintenant les idéologies ont fait place à du fanatisme religieux, que ce soit celui des colons juifs ou des extrêmistes palestiniens, c'est même plutôt un grand pas en arrière car qui peut raisonner un fanatique religieux?
L'avis
de
Florent Maier
Ce
que j'ai aimé:
Le jeu des acteurs, le côté film d'espionnage très bien léché, la volonté de rester objectif du realisateur.
Ce
qui ne m'a pas plu :
Le manque de vraisemblance de certaines parties de l'histoire.
Je
le recommande :
Ceux qui aiment le bon cinéma, et qui veulent voir un film distrayant, bien réalisé, et qui sont capables de réfléchir un minimum.
L'avis
de
Anette Lebson
Ce
que j'ai aimé:
Munich marque un tournant dans la filmographie de Steven Spielberg. Là où « La liste de Schindler » ou « Amistad » montraient, « Munich » pose des questions. Là où ses autres films s’enlisaient parfois dans la démonstration pataude, « Munich » fait réfléchir le spectateur. Si le film perturbe, ce n’est pas tant par sa violence (nécessaire quand on relate un sujet comme le conflit israélo-palestinien) mais par les interrogations qu’il met en avant. La situation du Moyen-Orient apparaît telle qu’elle est : enlisée dans le cercle vicieux des attaques et des représailles depuis soixante ans.
La caméra de Spielberg fait de son cinéma une arme – pacifique – d’analyse. Le réalisme de l’action prend à la gorge, atteignant les sommets que le réalisateur américain avait approché dans la reconstitution du débarquement en Normandie dans « Il faut sauver le soldat Ryan ». On sait depuis longtemps que Spielberg est un virtuose de la caméra, avec ce film, il acquiert une dimension supplémentaire : il devient un grand auteur.
Certes, le scénario n’échappe pas à certaines pesanteurs. Par exemple, la scène où un Palestinien et un Israélien s’écharpent pour savoir qui de l’un ou l’autre écoutera sa musique à la radio pour finir par se mettre d’accord pour une chanson américaine (comme par hasard…) n’est pas du meilleur goût.
« Munich » dépasse ces écueils par un propos fort, traité avec mesure et discernement par un réalisateur inspiré et des acteurs, Eric Bana en tête, crédibles.
« Munich » prouve que le film hollywoodien à gros budget peut aussi être cinéma d’auteur. Quand engagement rime avec objectivité, il ne faut pas hésiter : il faut voir «Munich ».
L'avis
de
Nathalie S
Ce
que j'ai aimé:
Il montre que le principe oeil pour oeil m'apporte rien, n'appaise personne et ne résout pas les problèmes.
Ce
qui ne m'a pas plu :
Scènes assez violentes. On peut le regretter un peu à la longue.
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