Ce film raconte l'histoire d'une fin de règne et d'une fin de vie : celle de François Mitterrand.Alors que le Président livre les derniers combats face à la maladie, un jeune journaliste passionné tente de lui arracher des leçons universelles sur la politique et l'histoire, sur l'amour et la littérature...
Le Promeneur du Champ de Mars laisse une impression mitigée tant la fascination de Guédiguian pour François Mittérand est évidente... mais encombrante aussi. Car cette évocation de fin de règne semble toujours protégé par un halo "d'état de grâce". Guédiguian reflète l'incapacité de la fiction française à enquêter sur l'histoire récente de son pays quand les anglais le font brillamment (Warriors et Les Années Blair, fictions réalisées par Peter Kosminsky). Ainsi Le Promeneur du Champ de Mars déçoit devant le passage sous silence de la responsabilité de l'ancien chef d'Etat dans le désaveu actuel des français pour la classe politique...
Pour : les apolitiques
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Jack Ferriman - 21 septembre 2006
Ce que j'ai aimé : Dans l’entretien qui lui est accordé, Robert Guédiguian assume le fait que son film puisse rendre le président sympathique aux yeux des spectateurs. Pourtant, dans cette œuvre crépusculaire, ses détracteurs y trouveront également leur compte, tant l’atmosphère y est chargée d’inquiétants sous-entendus. Aucune réponse explicite n’étant apportée aux questions les plus troublantes, chacun peut y projeter sa propre interprétation en fonction de son niveau d’information. Le grand mérite du film est justement de susciter, au fil d’une phrase, d’un plan, d’une citation, de lancinantes interrogations. Il y a par exemple un dialogue au cours duquel le président affirme que l’assassinat politique n’a pas disparu, mais qu’il ne se pratique plus de la même manière qu’au temps du duc de Guise. Vichy et le Vel d’Hiv y sont les lieux d’une douloureuse mémoire qui peine à se reconstituer. Les regards déconcertés des ouvriers à Liévin. La cathédrale de Chartres, le Mont Beuvray, les citations de Péguy. Le film délivre de nombreux indices, à charge pour le spectateur de mener sa propre enquête, car les réponses ne s’y trouvent pas. Elles ne peuvent pas s’y trouver. On y découvre un homme chez lequel les croyances mystiques succèdent aux discours marxistes. La maladie y semble l’expression d’un mal surgi des tréfonds du passé. Quels sont donc ces terribles secrets qui minent cet homme ? Un film magnifique et tragique.
Ce qui ne m'a pas plu : L’interprétation de Michel Bouquet donne parfois à François Mitterrand un air plus cuistre qu’énigmatique. On lui pardonnera tant il est vrai qu’il est difficile, voire impossible, de percer véritablement les secrets du sphinx.... Lire la suiteFermer
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Franck T. - 3 mars 2005
Ce que j'ai aimé : D'abord et surtout la présence de Michel Bouquet, qui ne tombe pas dans l'erreur d'imiter Mitterrand, et qui joue l'ancien président avec toute la subtilité attendue d'un grand acteur. Mais aussi la réflexion sur la vie, la mort, la volonté presque obsédante à vouloir laisser une trace dans l'histoire. Un film très cérébral...
Ce qui ne m'a pas plu : Une fin un peu rapide, "en queue de poisson".... Lire la suiteFermer
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Jacline Fonteneau - 25 février 2005
Ce que j'ai aimé : Je suis partie à la séance, en me disant : "Tonton n'est pas Marius, comment Guédiguian, va s'en sortir ?" Et puis j'ai été très prise par le film, on rit parfois (humour du personnage principal), on sourit beaucoup (humanité revigorante du personnage). Pour résumer, j'ai aimé l'aspect philosophique d'une destinée commune bien filmée et l'importance de la culture comme richesse inaliénable.
Ce qui ne m'a pas plu : Je ne trouve pas de critique à faire (je le regrette...).... Lire la suiteFermer