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Anette Lebson le 19 février 2006
Ce que j'ai aimé : La guerre des mondes est un très bon film d’action. Steven Spielberg filme une œuvre époustouflante, montrant une fois encore sa grande maîtrise des effets spéciaux et du grand spectacle. Mais la guerre des mondes est plus qu’un blockbuster estival. C’est une production qui fait sens. Docker désabusé, père divorcé, Tom Cruise/ Ray Ferrier a deux enfants avec qui il entretient des relations pour le moins tendues. Bref, il a tout du loser. Les événements - une invasion extra-terrestre - vont précipiter son destin. Et c’est là que Spielberg réussit un formidable contre-pied : au lieu de se muer en héros invincible, Ray Ferrier ne va faire qu’une seule chose : fuir. Le loser devient anti-héros parfait, se protégeant lui avant ses enfants, refusant le combat et abjurant son fils mû par des élans patriotiques de ne pas s’engager dans l’armée. Justin Chatwin/ Robbie Ferrier, qui joue le fils, correspond aux standards du héros hollywoodien dans toute sa splendeur, qui fait rimer courage avec panache, et réflexion avec inaction. Attitude dérisoire dans des circonstances qui le dépassent, il ne fait qu’aller au-devant du danger, sans aider d’un iota la cause qu’il défend. C’est l’homme résigné, celui qui suit son instinct de survie qui est le vrai sauveur, celui de sa fille, celui de sa famille. Non Tom Cruise ne sauvera pas le monde comme le président des Etats-Unis dans « Independance day ». Si le film se termine par une happy-end, ce n’est pas de son fait : la nature réussira là où l’homme aura échoué, comme un pied de nez à la civilisation qui grandit à ses dépens. C’est l’un des multiples messages de la guerre des mondes : l’Homme ne peut se construire contre son environnement. Tom Cruise joue son meilleur rôle, nous entraînant avec conviction dans l’univers sans conviction de Ray Ferrier. Dakota Fanning est excellente dans le rôle de la hurleuse de service. Justin Chatwin est une formidable tête à claques, énervante à souhait avec ses emportements aux accents d’une certaine Amérique qui fonce la tête la première dans l’événement sans recul. Spielberg revisite avec talent H.G. Wells, lui impulsant une force nouvelle pour décrire un monde qui a subi les mutations tragiques que l’on connaît au XXème siècle. Du grand art.