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Benoit Didier le 30 juin 2006
Ce que j'ai aimé : Mon siège bien confortable, pour une fois.
Ce qui ne m'a pas plu : MATRIX m’attriste. Quel gâchis ! Autant d’attente pour des promesses non tenues. Enfin si…. On nous avait assuré que le deuxième épisode serait plus impressionnant que le premier. Il l’est, mais c’est d’un jusqu’au-boutisme insupportable, du grandiloquent dégoulinant. La surenchère d’effets spéciaux n’est pas du plus bel effet. Une overdose de combats et pléthore de dialogues mystico-philosophiques plombent souvent le récit. Laurence Fishburne est devenu grassouillet, des portes s’ouvrent et se referment à n’en plus finir, comme celles qu’empruntent les gens pour sortir de la salle de cinéma, en cours de projection… Des programmes informatiques piratés, et des anti-virus chinois testent un « Elu » en demie teinte afin qu’il puisse voir un Oracle donner à manger à des pigeons… Autant de figures de style détestables pour un naufrage cybermatographique. Mon Dieu –que vous verrez d’ailleurs au cours de l’épisode, dans une séquence involontairement drôle-, que tout ceci est laid. Néo, personnage à résonance biblique, il faut le savoir, à beau se démener dans ses acrobaties aériennes ou dans du Bullet time imposé, on se contrefiche de ce qu’on nous apprend. D’ailleurs, on n’y comprend rien et cela en devient risible. Le postulat du premier était déjà fort : en bref, nous sommes tous de futures piles –mdr-, le second s’enfonce davantage dans des tunnels insipides d’explications alambiquées sur le pourquoi du comment de notre vie. Vous saviez, vous, que j’allais écrire cette phrase ? Non ? Bah l’oracle, lui, l’aurait su. La scène pompeuse avec Mme Je Sais Tout vaut son pesant de cacahuètes. S’ensuivent des combats intervenant régulièrement, une véritable machinerie suisse, pire on jurerait assister à une démonstration de jeux vidéos. Les levels s’enchaînent alors avec une histoire laborieusement débitée. Mais si encore ces mêmes combats s’avéraient « funs », comme l’étaient ceux particulièrement jouissifs du premier… Ici, les chorégraphies poussives ne sont que prétextes à illustrer une entreprise de glorification des frères W. C’est prétentieux, ça se prend très au sérieux alors que ça tourne en rond pendant 15 minutes par combats. Une musique technoïde saupoudrée d’envolées lyriques fort mal à propos accompagne même notre bel Elu se pavanant au ralenti dans son impeccable ensemble placardé sur tous les murs de France. La palme revient à la course poursuite sur autoroute –avec un tronçon spécialement construit pour le film, au cas où vous ne le sauriez pas…- qui ferait passer Taxi 3 pour un modèle de sobriété. En fait, tout n’est qu’excès. Et c’est surtout en cela que le film est un ratage. Pensez donc…Un Lambert Wilson, apparemment en roue libre, dans un rôle de précieux, amateur de vin et de jurons français –nous apprécierons le tableau fait de nos concitoyens, il ne manque plus que la baguette…- qui cabotine face à une Monica Belluci employée pour embrasser fougueusement le beau Keanu dans une scène parfaitement inutile, à l’image de celle de la Zion’s Rave très porno chic –j’ai cru apercevoir le logo MTV en haut à droite de l’écran. En somme, une grande déception pour un grand fan du premier épisode. Un gâchis inestimable. Une perte lourde. Un tunnel de prétention. Un sabotage en règles. Du pédantisme de premier ordre. Un massacre de suffisance. … Oups. Le syndrome Wachowski de l’excès semble s’être emparé de moi. Dernière petite chose : nous regretterons l’absence au générique de fin de Marilyn Manson, présent sur la BO avec le titre THIS IS THE NEW SHIT… Parce que pour le coup, ça illustrait parfaitement bien le film !