EN BREF Un photographe surprend dans un parc de Londres un jeune couple, qu'il se met à photographier discrètement. Mais en développant sa pellicule, le jeune homme découvre sur l'un de ses clichés la main de quelqu'un saisissant un revolver, ainsi qu'un corps allongé dans les buissons...
REALISATEUR
Michelangelo Antonioni
ACTEURS PRINCIPAUX
David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Jane Birkin
NOTRE AVIS
Michelangelo Antonioni signe un chef d'oeuvre esthétique et développe de nombreuses pistes de réflexion sur notre rapport à l'image. Mais Blow-up à également ses détracteurs, lui reprochant une certaine lenteur. Ceux-là lui préféreront sans nul doute le Blow out de Brian de Palma, hommage au Blow up d'Antonioni.
Pour les petits jeunes d'aujourd'hui, nourri aux navets divers et fans de la Star Ac, Blow up ne peut que représenter l'incompréhensible et l'inaccessible. 1967, les portables n'existent pas, pas plus que la superficialité de notre monde d'aujourdhui. C'est un chef d'oeuvre qui possède son rythme, son souffle, celui dans les arbres du Parc, sa musicalité propre. Mettez vous aux Yardbirds avant, peut être, cet été, de revoir le film dans les salles obscures durant les reprise annuelles du coté de St Michel.
L'avis
de
Anaïs Heluin
Ce
que j'ai aimé:
Au premier abord, le film nous laisse partagés entre une impression de charmante désuétude et un côté ringard vraiment dépassé...Une interrogation : le parti pris du réalisateur sera t-il de nous faire aimer ou détester ce visage "so british" ne dégageant à priori aucune sympathie ? Peu de place en réalité pour les sentiments dans ce film qui se révèle incontournable. Un fabuleux sens de l'esthétisme fait de l'oeuvre une sorte de mise en abîme : une juxtaposition d'images à l'aspect artistique indéniable traitant d'un photographe déjanté...Puis ressort progressivement ce qui constitue le paradoxe du film : l'émergence d'une critique sociale à l'acuité d'autant plus surprenante qu'elle provient de l'exercice de la photographie, art à priori dévoué aux apparences. Le photographe parvient à exploiter virtueusement les pires salissures d'un monde qui le répugne. Tout ce qu'il y a de pire est prétexte à l'art, ce dont atteste la fascination exercée par le cadavre du parc, morbide corps autour duquel tourne le film dans sa totalité...
La juxtaposition de la superficialité des midinettes hystériques pour certaines avec la gravité de la mort et de la décadence produit alors un effet assuré. La fin du film est tout simplement excellente : l'idée de la partie de tennis virtuelle, incroyablement hypnotique et chargée de significations...
Je
le recommande :
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