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Frédéric Martinet le 22 septembre 2005
Ce que j'ai aimé : Le thème, désespérément d'actualité.
Ce qui ne m'a pas plu : L'absence totale, le vide sidéral, le ratage sur toute la ligne. Titre racoleur (niais), scénario vide, mise en scène vide, montage haché nul, musique sans aucune continuité, dialogues inexistants, humour aux abonnés absents. Mais surtout, transformation de quatre bons acteurs, dont deux bêtes de cinéma de talent, à la forte personnalité et à la grande capacité d'expression -dont la sublime, pétillante et ravissante Sabine-, en deux moutons, zombies paumés et abouliques. Erreurs de casting ! Seule la photo est correcte, mais plate et banale, sans créativité, dans de beaux décors certes, mais tout de même assez poncifs. Un caméscope numérique, et vous avez le même résultat... et même à la limite un appareil photo, vu que c'est un film "diapos", où ça ne bouge guère... Un film plein de vide, c'est léger, aérien ... mais que c'est long ! (non! ma montre n'était pas arrêtée. Il n'a pas duré quatre heures, comme je le croyais en sortant) "Humour? mais il n'en faut pas: nos héros doivent s'ennuyer. Erotisme? c'est quoi ça? tu peux répéter? on te met deux femmes nues coup sur coup, et tu ne trouves pas ça érotique? t'es homo alors? Amour ? Mais non, tu ne comprends vraiment rien. Ils doivent être blasés. Alors, pour rendre l'atmosphère de fin du monde, très tendance, surtout ni humour, ni amour, ni érotisme, ni même mise en valeur de la beauté. Simplement donner en pâture des images d'Epinal ... en Vercors, avec de la verdure écolo. C'est une auberge espagnole ... à la française, en self-service. Les spectateurs -ces veaux-, y trouveront bien à brouter". Non ce n'est pas un dialogue du film. C'est en gros la réponse à escompter des réalisateurs. Trop facile: Je filme "le nul". Ça me donne le droit, et même le devoir, d'être nul. C'est génial, non? (figurera peut-être dans le "Cinéma pour les nuls", à paraître prochainement). L'air est serein. Rien n'y vibre! endroit idéal pour un film où toute émotion est bannie. La seule acceptée, cultivée et mise en exergue: l'ennui! il inonde et envahit tout: le metteur en scène, les acteurs, les spectateurs, et même le caméraman qui -m'a-t-il semblé- s'est aussi endormi. Et comme le monteur, au vu du film, dormait aussi, ça se voit... Au moins nous a-t-on épargné les scènes lourdes ou grivoises que le sujet eut permis, voire justifié. Alors, en définitive: un film plutôt réussi ... quant à son identification à l'image de son époque, hédoniste, jouisseuse, ... désabusée, blasée, perdue, paumée, désespérée de ne plus savoir jouir, et de plus en plus angoissée devant le vide du présent et de l'avenir? c'est même une espèce de record. On a les records qu'on peut...