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Pascale RINGUET le 26 novembre 2005
Ce que j'ai aimé : Une espèce de film parfait sévit actuellement sur les écrans français avec (entre autre) un acteur à tomber... Pour ceux qui comme moi n'ont peur ni des mots ni des comparaisons, je dirais que l'acteur en question (Barry Pepper) peut succéder sans honte à Marlon Brando, Christopher Walken et Robert De Niro... les trois réunis... Même si évidemment Tommy Lee Jones mérite largement son prix d'interprétation cannois, il est déroutant de constater que Barry Pepper soit quelque peu ignoré des éloges quasi unanimes attribués à ce film alors qu'il est pour beaucoup dans l'émotion et l'intensité du voyage. Quant au film, c'est une merveille, un miracle, un prodige et il y en a peu par décennie (foi de bouffeuse de péloche). Accompagner un beauf, bas de plafond, raciste, sexiste en chemin vers la lumière, l'humanité et la rédemption, c'est très beau même si c'est au prix de souffrances physiques et psychologiques parfois à la limite du supportable. Tommy Lee Jones desserre peu les dents pour tenir la promesse qu'il a faite à son ami assassiné "par erreur", de ramener sa dépouille dans son pays, le Mexique, mais son obstination acharnée et l'imperceptible sourire narquois qui ne le quitte pas font merveille. Les sentiments et émotions de Barry Pepper passent par la haine, l'incompréhension, la colère, la souffrance, la culpabilité, le repentir et "l'humanité" en peu de mots. La première partie, filmée en kaléïdoscope suivant plusieurs points de vue est un régal. La deuxième partie, plus "road-movie" est une merveille. Ce film intense et captivant, tragique et qui, au passage, n'oublie pas d'être très drôle bénéficie de tout ce que le cinéma peut proposer de réjouissant. Les paysages traversés sont des splendeurs, au-delà des mots, même l'affiche qui illustre l'une des plus belles images du film est un bijou, sans parler de la musique idéale. Par ailleurs, Tommy Lee Jones n'oublie pas d'évoquer le problème des travailleurs clandestins et de leur sort, de placer une scène hors du temps (un piano déglingué en plein nulle part sur lequel une petite fille joue Chopin) et une autre déchirante (un vieillard aveugle "oublié" en plein désert). Il n'y a donc pas que le Grand Clint ou Kevin Kostner qui soient encore capables de nous offrir des westerns. Merci donc pour ce magnifique film et pour cette scène finale absolument parfaite.
Ce qui ne m'a pas plu : Le serpent...