Devenir pour interpréter
Evidemment, la grande partie des photos montrées dans ce diaporama est composée de films où les stars se sont volontairement transformées, tandis que les autres sont extraites de leurs débuts. La transformation d'un acteur est primordiale afin qu'il puisse rentrer au mieux dans le rôle. Ainsi Jodie Foster confiait au magazine Studio à propos du choix de ses personnages : "J'essaie de voir en quoi le rôle me parle, me touche, me fait me poser certaines questions (...). Parallèllement, il y a aussi l'approche physique, la coupe de cheveux, l'allure, la diction, mais c'est un travail plus concret que l'approche psychologique (...)".
Afin de mieux jouer, de mieux trouver un personnage, les acteurs ont parfois recours au maquillage, à un postiche ou tout autre artifice transformiste. Le but : cesser d'interpréter pour carrément devenir. Une nuance qui change tout et renforce d'autant le pacte de crédulité passé entre le film et le spectateur (c'est à nous de "croire" et à l'acteur de "faire croire"). On se souvient du travail de mimétisme hallucinant de Phillip Seymour Hoffman dans Truman Capote, qui avait non seulement modifié son apparence mais aussi modulé sa voix. Le célèbre auteur américain ressuscitait...
Un travail sur soi qui n'est pas sans conséquence pour certains acteurs qui s'investissent à ce point dans un rôle qu'ils peinent ensuite à en sortir. Dans le cas d'une transformation physique, ce peut être encore pire. Récemment, Marion Cotillard avouait que le personnage d'Edith Piaf lui avait collé à la peau, même le tournage terminé. Sigourney Weaver avouait la même chose à propos de son rôle d'autiste dans Snow Cake. On se souvient aussi de Jim Carrey, littéralement habité, selon ses dires, par Andy Kauffman, le héros de Man on the moon.
Malheureusement, ces transformations, qui confinent au mimétisme, peuvent parfois sembler vaines. Voire tenir du simple argument de vente et dissimuler une certaine vacuité. Est-il vraiment besoin de se transformer pour approcher la vérité d'un personnage ? La question mérite d'être posée. On se souvient que Michel Bouquet n'avait eu besoin d'aucun artifice pour trouver Mitterrand dans Le Promeneur du Champ de Mars. Preuve qu'au-delà de la transformation, derrière les couches de latex, transpire d'abord le talent. Le maquillage, lui, n'est que finition.