| "Ah, Flaubert ! Et dire que c’est "Bouvard et Pécuchet" qui illustre "ce petit nombre qui mène le progrès". Je n’avais pas souvenir de cette phrase dans son roman inachevé. Bouvard et Pécuchet, "le petit nombre qui mène le progrès" ! Alors qu’ils sont tournés en dérision. Génialement, c’est-à-dire que le lecteur ne peut que s’attacher en même temps à ce "petit nombre" réduit au strict minimum pour faire un nombre autre que tout seul. Attachants autant que ridicules, géniaux à leur manière. Un enthousiasme intrépide, une jeunesse éternelle. Deux figures emblématiques du train de l’humanité. Mais jusqu’où ? Un autre bémol : entre "le petit nombre qui mène le progrès" et "la foule qui invariablement suit la routine", entre la routine elle-même et le progrès… il n’y a que solution de continuité pour Flaubert, absolument. Un postulat bien révélateur de l’homme et de son idéologie, de l’écrivain également, de sa solitude tout aussi invariable, tout aussi fatale. En quoi Flaubert n’est pas un philosophe… mais un démiurge génial. Et quelle écriture !" (31 août 2009) |