Dans quelles circonstances avez vous connu Claude Chabrol
?
Au cours de mon service militaire, qu'il effectuait également dans le service de Santé des Armées. C'était en 1953-1954 d'abord à, Mourmelon, puis à Paris à la caserne Lourcines, boulevard de Port-Royal.
Comment était-il à cette époque
?
Je me souviens d'un garçon particulièrement décontracté, fumant déjà la pipe, souriant et amical ; mais semblant sortir d'un nuage. Sa bulle était déjà le cinéma dont il nous parlait, il participait à l'époque aux Cahiers du cinéma, mais son attitude était amicale et jamais distante.
Quels étaient vos rapports avec Claude Chabrol ?
Arrivé à la caserne de Lourcines, il a été nommé vaguemestre. Pour lui, c'était une planque. Je correspondais à l'époque tous les jours avec ma fiancée et pour avoir ma lettre journalière plus rapidement, il m'emmenait avec lui récupérer le courrier au bureau de poste des Gobelins. Il conduisait sa vieille 4CV dont la capote avait disparue et qui n'avait pratiquement plus de freins. Très décontracté en conduisant, il chantait à tue-tête de la musique classique que j'entonnais avec lui dans la bonne humeur. Je n'ai jamais eu peur même sachant que pendant les classes à Mourmelon, le Dodge 4x4 sur lequel il prenait une leçon de conduite s'était retrouvé dans le fossé !
Auriez-vous un message à lui adresser ?
J'ai souvent pensé t'écrire, ou trouver l'opportunité de te rencontrer, et j'ai sans doute eu tort de penser que ta célèbre carrière t'avait fait oublier le jeune soldat impatient de lire le courrier de sa dulcinée. Je garde de toi un souvenir attendri et ma mémoire a gardé intacts ces moments d'amitié.
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