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Quand
avez-vous rencontré Muriel pour la première
fois ?
Fabienne. C'était en 1970, le jour
de la rentrée. Nous étions toutes deux en classe
de seconde, au cours Sévigné à Saint-Etienne.
J'étais nouvelle dans cet établissement, Muriel,
elle, y était depuis un certain temps. Nous nous
sommes tout de suite plues. Ce fut une sorte de
coup de foudre de l'amitié.
Comment vous a-t-elle paru ce jour de rentrée
?
Elle avait vraiment un look terrible !!! Et très
chic avec ça : un ensemble "Prince
de Galles", des chaussettes montantes genre
crochet et des chaussures IMPECCABLES (normal,
ses parents tenaient un magasin de chaussures).
Non, vraiment elle faisait une tête pas
possible : elle semblait furieuse de cet accoutrement
et devait en vouloir à la terre entière.
Moi aussi à cet âge je détestais
porter des jupes. J'ai tout de suite compris sa
colère...
Une anecdote mémorable ?
Olala, j'en ai des centaines ! Mais il y en a
une dont je me souviens toujours avec une larme
à l'oeil (de rire bien sûr). Muriel
m'avait prêté sa mob (une Honda)
et elle, elle était plus ou moins bien
campée sur le porte-bagages. Un moment
je lui ai crié : "Attention Mumu,
virage dangereux dans la montée."
Arrivée au tournant, j'accélère
à fond et j'admire intérieurement
la puissance de la mob de Mumu qui gravit la côte
sans coup férir. Soudain, je suis prise
d'un affreux pressentiment. Je me retourne : plus
de Mumu. Je l'aperçois 50 mètres
derrière moi, les quatre fers en l'air
et presque morte... de rire. Moment inoubliable.
Quelles impressions gardez-vous de ces
années avec "Mumu" ?
J'ai tout d'abord une collection de merveilleux
souvenirs, c'était une époque magique.
Mumu et moi, c'était l'osmose. Elle m'entraînait
dans le tourbillon de son dynamisme. Nous faisions
les 400 coups ensemble et notre rôle de
bout-en-train perpétuels nous attirait
une petite cour d'admirateurs.
Et maintenant ?
Aujourd'hui, bien sûr, l'insouciance de
cette époque n'est plus de mise. Je suis
restée en contact avec Muriel jusqu'à
mes 22 ans, âge auquel je suis partie pour
l'Allemagne. Mais notre amitié n'a pas
été pour autant enterrée.
Il y a une dizaine d'années, je suis allée
la voir à Bruxelles, lors d'un spectacle
pour lequel elle m'avait envoyé des places.
Mais entre son emploi du temps surchargé
et ma vie en Allemagne, il n'est pas facile de
se voir. Nous avons peu à peu perdu contact.
Ma soeur, en revanche, l'a revue il y a peu à
Lyon.
Un message personnel ?
Et bien je finirais sur un cri du coeur : "Mumu
j'attends de tes nouvelles et j'attendrai encore,
même le soir à la chandelle..."
Propos recueillis
par M
B.-C.
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