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Catastrophes écologiques en France

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Le chlorodécone constitue un scandale sanitaire sans précédent. ©  Marie Landanger
 

La France est le premier consommateur européen de pesticides avec 80 000 tonnes de substances actives utilisées chaque année. Désignées sous le vocable de "produits phytosanitaires", les pesticides sont avant tout des tueurs. Herbicides, fongicides, insecticides, nématicides... dont les plus célèbres sont le DDT et le Lindane. Le marché des pesticides est en expansion alors que ces produits sont censés guérir les maux de toutes les plantes cultivées. Il s'avère en effet que les plantes s'adaptent à ces substances, ou même que les indésirables soient remplacés par des nuisibles encore plus coriaces. Ainsi, si on admettait en 1934 l'existence de 236 espèces parasites des cultures, en 1972 pas moins de 643 d'entre elles étaient répertoriées.

 

Des conséquences désastreuses

En 2003, l'Ifen (Institut français de l'environnement) publiait une étude révélant que 96 % des cours d'eau français et 61 % des eaux souterraines étaient polluées par les pesticides, c'est-à-dire une contamination généralisée à l'ensemble du territoire.
Ce sont bien évidemment les agriculteurs, manipulant quotidiennement ces pesticides, qui sont les premiers touchés. Selon l'OMS, chaque année 1 million de graves empoisonnements liés aux pesticides sont décelés dans le monde et plus de 220 000 décès. Tout est touché : les muqueuses, la peau, le système digestif et respiratoire ayant pour conséquence terrible le développement de multiples cancers.


Scandale aux Antilles

les pesticides ont de graves conséquences sur la santé humaine.
 
Les pesticides ont de graves conséquences sur la santé humaine. ©  Claudia Meyer
 

La découverte de l'affaire du chlorodécone dans des bananes en provenance de Martinique a lieu en 2002. Ce pesticide, utilisé aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier, était pourtant interdit en France depuis 1993 dans les bananes antillaises et étendu à d'autres cultures légumières par la suite. De nombreuses interdictions découlent de cette découverte et on parle même d'un désastre sanitaire dans les plus hautes sphères de l'Etat.
Pourtant depuis 2000 on tire de nombreuses sonnettes d'alarme pour attirer l'attention sur des sources d'eau potable polluées au chlorodécone. Si on nettoie, filtre ou détourner les cours d'eau incriminés, les pratiques agricoles ultra-productivistes ne sont pas remises en cause.
Un scandale similaire aux Etats-Unis ayant des conséquences désastreuses en termes de santé publique amène à l'interdiction du produit dès 1976. Ce n'est que près de 20 ans plus tard que la France l'interdit donc à son tour, après avoir autorisé de nombreuses prolongations de son utilisation.
Conséquence de tout cela, en 2002, une étude de l'INSERM révèle la présence de 40 % de chlorodécone dans le lait maternel et 90 % dans le sang maternel de la population antillaise. En cause, les légumes racines cultivés sur des terres auparavant dédiées à la culture de la banane et de ses intrants chimiques décriés.

De nombreuses plaintes ont été déposées, suite notamment au combat mené par le professeur Belpomme, mais le dossier est long à instruire.

Alors pourquoi persiste-t-on encore dans certains pays à utiliser ces produits phytosanitaires reconnus comme dangereux et ayant provoqué des malades et des morts dans d'autres pays ? Suite au passage du cyclone Dean, ayant dévasté les cultures bananières en 2007, se pose aujourd'hui la question de la continuité de ce type d'agriculture : ne serait-il pas temps de penser aujourd'hui à une agriculture plus respectueuse de l'environnement ?

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