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L'image de la femme dans la publicité
est souvent dénoncée : trop vulgaire, pas assez
respectée. Pourtant, après deux ans de surveillance,
le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP)
a peu de critiques à faire aux publicitaires... Sauf
à Sloggi, condamné à retirer ses affiches.
(2 octobre 2003)
Porno chic, soumission, "choisification"... A en
croire les féministes, l'image de la femme est fortement
malmenée dans la publicité. Faudra-t-il légiférer
? C'est en tout cas l'avis du député UMP Jean-Marc
Nesmes, auteur d'une proposition de loi visant à bannir
toute image dégradante du corps et de la femme dans
la publicité.
Un constat alarmiste que ne partage pas le Bureau
de Vérification de la Publicité. Indépendant
des pouvoirs publics, le BVP est l'organisme d'autodiscipline
de la publicité française. Il peut demander
la modification voire l'annulation de campagnes de publicité
contrevenant à ses règles. En septembre 2001,
le BVP a rendu publique une charte sur "le respect de
la personne humaine".
Les recommandations y sont notamment explicites quant à
la place de la femme : "la publicité ne doit pas réduire
la personne humaine, et en particulier la femme, à la fonction
d'objet", pas plus qu'elle ne doit "'induire une
idée de soumission ou de dépendance dévalorisant la personne
humaine et en particulier les femmes."
Deux ans plus tard, les résultats sont là :
entre janvier et juin 2003, sur 15 047 publicités contrôlées,
seules 43 ont posé problème. Un pourcentage
de 0,29 % qui laisse penser que les publicitaires se
sont autodisciplinés. Et parmi les 43 affiches incriminées,
seules 4 l'ont été pour violence ou idée
de soumission. Il s'agit généralement de marques
de luxe, diffusés dans une presse spécialisée.
Une seule interdiction récente de taille concernant
les panneaux publicitaires : la marque de sous-vêtements
Sloggi a été condamnée à retirer
les affiches de sa dernière campagne publicitaire,
qui mettait en scène trois jeunes femmes en string,
"dans une mise en scène érotique qui suggère qu'elles
se donnent en spectacle dans une boîte de strip-tease"
selon le BVP. La présentation de la femme est jugée
"dégradante" et contrevient "aux règles
déontologiques d'autodiscipline que l'ensemble de la profession
publicitaire s'est fixées en matière de représentation du
corps féminin". La campagne avait fait l'objet de nombreuses
plaintes de consommateurs et d'élus locaux.
Contrairement aux campagnes télévisuelles,
où le contrôle est fait systématiquement
avant la diffusion, les campagnes d'affichage ne sont vues
par le BVP qu'après être rendues publiques. Ce
qui n'empêche pas les publicitaires de demander de plus
en plus souvent un avis préalable au BVP.
Alors, plus vertueux, les publicitaires ? En tout cas, l'autodiscipline
semble fonctionner le plus souvent. Selon le président
de l'Union Des Annonceurs, Gérard Noël, "seul
un strict respect des règles d'autodiscipline pourra éviter
de nouvelles réglementations et contraintes imposées par les
pouvoirs publics". A en croire la profession, les féministes
vont bientôt devoir changer de cheval de bataille.
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