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Premier jour des soldes le 25 juin 2008 à Paris (Photo Magali Chapelan/AFP/Archives)

Mercredi 02 juillet 2008, 13h20
Une semaine après le début des soldes, les stocks ne s'écoulent pas vite dans les magasins malgré des rabais importants, les consommateurs rechignant à acheter robes, tee-shirts et chemises d'été dans un contexte de conjoncture économique difficile.

"Il y a encore beaucoup de stocks. D'ailleurs, les clients trouvent toujours toutes les tailles et les coloris souhaités, alors que traditionnellement, on constate des ruptures de stocks au bout de quelques jours de soldes", a commenté Lucien Odier, président de la Fédération des enseignes de l'habillement, qui représente les grandes chaînes.

"Les commerçants travaillent avec des marges très réduites et certaines chaînes font état de baisse du chiffre d'affaires, de 2% à 3% par rapport à l'an dernier. Les gens sont très raisonnables", a-t-il ajouté.

Les soldes ont démarré le 25 juin dans 83 départements et vont s'achever six semaines plus tard, le 2 ou le 5 août.

Dans les Alpes-de-haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-maritimes, l'Aude, les Bouches-du-Rhône, la Charente-maritime, les Pyrénées-orientales, le Gard, l'Hérault, le Var, le Vaucluse et la Vendée, ils commencent ce mercredi et en Corse, le 9 juillet.

Même les grands magasins, qui sont passés au travers de la morosité ambiante ces derniers mois grâce à l'afflux touristique, ont enregistré globalement des ventes stables par rapport à l'an dernier, selon des sources concordantes, qui ont souhaité garder l'anonymat.

Cependant ils se montrent optimistes. Ainsi Pierre Pelarrey, directeur des grands magasins Printemps du boulevard Haussmann à Paris, s'est dit "content" de la semaine écoulée, avec un chiffre d'affaires en hausse de 4% sur les cinq premiers jours, par rapport à la même période un an plus tôt.

Le Printemps prévoit toutefois des rabais supplémentaires de 15% dès jeudi, "pour dynamiser les ventes", a souligné M. Pelarrey.

Vitrine d'un grand magasin parisien le 25 juin 2008 au premier jour des soldes d'été (Photo Jacques Demarthon/AFP/Archives)

Les commerçants ont consenti le premier jour des soldes des rabais importants, jusqu'à 70%, pour écouler les invendus, et attirer une clientèle plus préoccupée par le prix de l'essence et la flambée des prix alimentaires que par la mode.

Témoin de ces inquiétudes, le moral des ménages français a encore chuté en juin, pour le douzième mois consécutif, tombant à son niveau le plus bas depuis 1987, selon l'Insee. Les ménages se montrent particulièrement pessimistes sur les perspectives d'évolution du niveau de vie en France et s'inquiètent du niveau de l'inflation.

Outre la conjoncture, les soldes pâtissent aussi d'un essoufflement, concurrencés par les promotions de plus en plus fréquentes, des ventes privées et les sites internet qui offrent des prix cassés toute l'année.

L'assouplissement des soldes prévu par le gouvernement risque de troubler un peu plus le consommateur. Une réforme, qui sera examiné au Sénat, prévoit en effet d'autoriser les commerçants à choisir librement deux semaines de soldes par an, en plus des deux périodes fixes nationales, qui seront réduites de six à cinq semaines.

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