|
Interview
"Le botox est efficace"
 |
Une ride, qu'est-ce que c'est ?
Marie-Estelle Roux Une ride c'est comme une cassure
des fibres élastiques et des fibres collagène,
qui se passe dans l'épiderme et le derme. On distingue
deux catégories de rides. Les rides d'expression qui
sont le fait de la contraction des muscles. Il s'agit par
exemple de la ride du lion ou des rides du front. Les autres
sont les rides dues à ce qu'on appelle la ptose, c'est
à dire la chute des muscles sous-cutanées et
de la peau qui les recouvrent. Ce sont des rides qui sont
dues à la gravité, à la pesanteur : les
rides du sillon naso-génien en sont un bon exemple, avec un
mouvement de la joue qui chute vers le bas et qui entraîne
un pli partant du nez et descendant le long de la bouche. |
|
|
SOMMAIRE |
|
|
|
|
|
Est-ce qu'on lutte de façon semblable contre ces deux
catégories de rides ?
Non. Dans le cas des rides d'expression, on va essayer de
décontracter les muscles, en utilisant en particulier
la toxine botulique (NDRL : le fameux Botox). Quant
à celles qui sont dues à la ptose, soit on fait
un lifting, soit on essaye de retarder la chirurgie en injectant
des produits de comblements.
Et les crèmes antirides, sont-elles efficaces ?
Ce sont des cosmétiques : elles agissent donc dans
l'épiderme, la partie superficielle de la peau. La
ride, elle, s'inscrit plus en profondeur, au niveau du derme.
Les antirides ont une efficacité cosmétique
: ils permettent un résultat esthétique, un
meilleur aspect de la peau. Donc, personnellement, je les
conseille. Mais il ne faut pas oublier qu'une ride bien inscrite
dans la peau ne s'envolera pas par miracle sous les effets
d'une crème...
De nombreuses 'jeunes' lectrices ont révélé
dans notre enquête (Lire)
se mettre de la crème antirides en prévention. Est-ce efficace
?
Pourquoi pas... Il est possible de se mettre de la crème
antirides quand on est jeune, à partir de 18 ans, à condition
d'utiliser les bons produits. Les crèmes antirides
ne sont pas toujours bien tolérées et certaines
sont agressives pour la peau. Donc, quand on est jeune, il
faut éviter les composés irritants comme le
rétinol ou la vitamine A. On privilégiera plutôt
des crèmes à base d'antioxydants, c'est-à-dire
de vitamines C, E ou du sélénium par exemple.
Les antioxydants améliorent la protection de la peau,
donc ils peuvent être utilisés chez les jeunes filles.
Par contre, rappelons qu'il est aberrant de se mettre une
crème antirides, mais de ne pas se protéger
la peau quand on s'expose au soleil.
Plus globalement, quels conseils donner pour bien
choisir sa crème antirides ?
Il y a trois catégories d'antirides. Tout d'abord,
les crèmes qui possèdent des propriétés
antioxydantes, qui sont donc à conseiller aux plus
jeunes et qui doivent globalement être utilisés
en priorité durant l'été, pour aider
la peau agressée par les rayons UV.
Ensuite, on trouve les crèmes à base d'acides
de fruits, dites AHA. Elles ont un double intérêt
: elles font un léger peeling, ce qui donne déjà
un coup d'éclat à la peau et, plus en profondeur,
elles stimulent la production de collagène, en plus
d'avoir une action antioxydante. Ce sont des composants qui
sont relativement bien tolérés donc on peut
également les utiliser tôt, dès 18 ans.
La dernière catégorie concerne les produits
davantage irritants pour la peau. Ce sont ceux qui sont des
dérivés de la vitamine A, comme le rétinol.
A noter néanmoins qu'ils sont moins efficaces que les
produits à base de vitamine A acide, qui représentent
l'arme majeure. Ce sont des produits uniquement disponibles
sur ordonnance, que l'on conseille à partir de 35 ans.
Ces produits sont efficaces car la vitamine A acide améliore
la qualité et l'épaisseur du derme.
Et si une patiente vous demande du botox, que lui répondez-vous
?
Oui ! Ce traitement est efficace. S'il est fait avec modération,
le résultat est tout à fait harmonieux. Il faut
que les injections soient faites avec beaucoup d'attention
afin de ne pas immobiliser le visage et lui faire perdre son
expression. C'est tout la subtilité du botox, qui est
autorisé uniquement sur les rides d'expression mais
qui ne doit pas pour autant faire perdre l'expression ! Je
préviens les personnes que c'est un traitement transitoire
: le botox agit pendant quatre mois, et si l'on renouvelle
l'injection, cela peut durer six, neuf, voire douze mois.
Y a-t-il un risque ?
Non s'il n'y a pas d'erreur dans les sites et les doses injectés.
Il faut aussi éliminer certaines contre-indications
comme la grossesse, l'allaitement, et certaines maladies neurologiques.
La toxine botulique est utilisée dans le monde entier
depuis 20 ans à des doses massives dans certaines maladies
et ce, sans problème. En dermatologie, on l'utilise à
dose faible. Bien sûr, il peut y avoir des effets indésirables
durant les quelques jours suivant l'injection : maux de tête
et gonflement des paupières. Et du point de vue des
complications, on observe parfois ce qu'on appelle un ptosis,
qui correspond à un affaissement d'une paupière,
ou à un sourcil 'en accent circonflexe'. Ceci est dû
à une asymétrie dans les doses injectées
et cela se corrige généralement par une autre
injection, en compensation.
Le profil de vos patients et leurs demandes ont-ils évolué
depuis quelques années ?
Globalement, il y a de plus en plus de demandes pour des traitements
antirides, simplement parce qu'il y a de plus en plus de techniques
: l'offre suscite la demande. Concernant les crèmes
antirides, j'ai des demandes de plus en plus précoces.
L'éventail est large : les patientes de 25 ans demandent
plutôt des peelings ou des conseils sur les crèmes
antirides. A partir de 35 ans, les demandes sont davantage
orientées vers les produits de comblements. Et, parallèlement,
je suis aussi des dames âgées, qui souhaitent
aussi des injections ou des peelings.
Enfin, je vois davantage d'hommes au fil des ans même
s'ils ne doivent représenter guère plus
de 5 % des patients qui demandent une consultation anti-âge.
Les Françaises sont grandes consommatrices de crèmes
antirides, mais moins d'injections ou de chirurgie esthétique. Comment l'expliquez-vous ?
Même s'il est vrai que les Françaises sont un
peu frileuses, elles le sont de moins en moins, grâce
aux techniques qui, justement, retardent la chirurgie esthétique.
Elles deviennent très gourmandes des injections...
Il y a un moindre risque, un moindre
coût ou tout simplement un moindre engagement
que le lifting. Ou peut-être que les Françaises
sont tout simplement un peu plus philosophes et ont une capacité
d'acceptation plus grande que les Américaines ou les
Brésiliennes... Enfin, je crois que c'est avant tout
une question de mode.
Quels sont les conseils de prévention que vous délivrez
à vos patientes pour prévenir les rides ?
Le plus grand pourvoyeur d'altérations cutanées
et donc de rides est le soleil. Donc le geste le plus important
avant toutes les crèmes ou autres injections, c'est
de se protéger correctement des UV. La deuxième
chose à faire est de bien hydrater la peau, car une
peau bien hydratée se défend mieux des UV, de
la pollution, des radicaux libres etc... Ensuite, il ne faut
pas fumer : le tabac fait vraiment vieillir la peau et donne
des rides. Enfin, il faut manger équilibré enprivilégiant
les fruits et les légumes, et éviter tout excès
d'alcool. Une bonne hygiène de vie globale somme toute...
En savoir plus :
Marie-Estelle Roux a participé au livre :
"Le Guide de la femme épanouie" (Ed. Hachette Pratique)
Consultez
les librairies
[an error occurred while processing this directive]
|