Vie pro
24/01/2005
Julie, torero : "J'aime ce mélange de peur et d'excitation"
"Ma mère, enceinte, allait aux corridas. Quand je suis née, mes parents m'y emmenaient dans mon couffin", raconte-t-elle. Pas étonnant que Julie Calvière, native d'Arles, ait toujours considéré les arènes comme son terrain de jeu de prédilection. Très jeune, elle décide qu'elle y brillera, et se tient à sa résolution malgré les incompréhensions de sa famille et les obstacles financiers. "Je voulais être rejoneador, c'est-à-dire toréer à cheval, car je trouvais que c'était plus élégant que de toréer à pied. Mais c'est un sport de riche : il faut avoir deux ou trois montures pour s'entraîner. Et mes parents n'avaient pas les moyens de m'offrir ne serait-ce qu'un seul cheval". Qu'importe : dès ses quinze ans, Julie s'improvise palefrenière lors des weeks-ends et des vacances. En contrepartie, elle obtient de monter de temps en temps les chevaux qu'elle soigne. Son bac en poche, elle décide de passer aux choses sérieuses : elle part en Espagne, apprendre à dresser les chevaux pour la tauromachie. Elle a alors 18 ans. Elle y restera douze ans, le temps de porter son art à la perfection. En 2003, elle revient en France et passe son alternative [consécration officielle dans le monde de la corrida] à Arles. "C'était la réalisation d'un rêve d'enfance, et de plus dans ma ville natale, avec mon maître de corrida. Très émouvant". Le public l'attend au tournant Jusqu'à présent, si Julie a connu des chutes, elle n'a jamais été gravement blessée. Quant aux spectateurs, ils l'attendent au tournant : " En tant que femme, il y a certaines fautes que l'on me pardonnera moins facilement. On trouverait des excuses à un homme, et pour moi l'on risquerait de les interpréter tout de suite comme un défaut de courage ou de force physique ". Mais pour l'instant, Julie n'a jamais trébuché et elle entame l'année 2005 au galop.
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