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Vie pro
27/07/2005
Elles ont choisi le temps partiel, elles racontent
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Elles sont banquière, infirmière ou bien journaliste indépendante, mais elles ont toutes choisi d'essayer le temps partiel pour améliorer leur qualité de vie. Récits. |
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Caroline, 37 ans ( Lyon) : "C'est tout bénéfice pour l'entreprise !"
"Employée dans un groupe bancaire, j'ai acquis une bonne expérience et obtenu un poste intéressant. Avec mon compagnon, nous avons 2 enfants de 5 ans et 7 mois. Au retour de mon second congé maternité, fin mai 2005, mon directeur m'a spontanément proposé de passer à temps partiel. J'ai donc réfléchi à ce que je pourrais gagner en "confort" pour ma vie de famille, et finalement j'ai accepté… même si je ne suis pas certaine que j'aurais osé faire la démarche si on ne m'y avait pas encouragée ! J'ai depuis compris pourquoi... En effet mon directeur souhaitait alléger le service dans lequel je travaille. Avec la même charge de travail qu'auparavant pour moi, c'est tout bénéfice pour l'entreprise ! Mon supérieur m'a même dit : "J'adore les dames à temps partiel car elles travaillent autant que les autres en moins de temps." Ca ne s'invente pas !
Je travaille du lundi après-midi 13h30 au jeudi soir 17h30 avec 1/4 d'heure de moins par jour à effectuer par rapport à mes collègues à temps complet.
J'ai tenu à conserver le lundi matin pour moi. L'aînée de mes enfants est à l'école et le cadet chez la nourrice ; cela me permet de faire les courses de la semaine sans enfant et loin de la foule des fins de semaine et de caser une activité pour moi : en ce moment cellu M6 et massage chez mon esthéticienne, et à la rentrée je me mets à la natation… Le vendredi, lui, est consacré aux enfants et à la maison.
Je pense quand même revenir à temps complet à la fin de l'indemnisation CAF, à la fois pour le côté financier mais également pour l'investissement dans le travail qui se trouve tout de même mis entre parenthèses par manque de temps."
Sylvie, 45 ans (Grenoble) : "Un choix fait pour l'équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle"
"J'habite la campagne, à 40 km de Grenoble. Avec la naissance de mes deux enfants (5 et 7 ans), j'ai choisi de pratiquer mon métier de journaliste à temps partiel, alors que jusqu'alors je travaillais à plein temps. Comme je suis indépendante, je n'ai pas eu à faire de demande pour obtenir ce statut ! Le revers de la médaille, et l'injustice, c'est que je n'ai pas eu droit à l'allocation parentale au motif que je n'étais pas payée comme les salariés "normaux" sur une base horaire, mais au feuillet.
Il n'était pas question pour moi d'arrêter de travailler complètement, d'abord car mon métier m'enrichit et m'oxygène les méninges, ensuite car c'est courir un gros risque pour l'avenir quel que soit son niveau de qualification.
Ce statut professionnel me permet de continuer à faire un métier intéressant tout en ayant du temps pour mes enfants. Je pense avoir fait ce choix car je ne suis pas carriériste et que l'équilibre vie privée-vie professionnelle m'importe bien plus que ma "carrière".
A part les horaires de l'école, je n'ai pas d'emploi du temps fixe, je m'autodiscipline. Je peux très bien aller faire les courses ou un footing à 9 H, avoir un rendez-vous professionnel à 10H30, écrire un article entre midi et deux ou le soir, faire des recherches sur le net l'après-midi ou prendre un rendez-vous chez le médecin à 15 H. Et j'ai aussi profité de mon temps partiel pour suivre des cours de sociologie à la fac de Grenoble pendant trois ans.
Dernier détail : j'utilise Internet depuis 1998 et cela a tout facilité. Je peux ainsi prendre des rendez-vous par email, faire mes recherches documentaires, envoyer mes articles directement…
Le web, c'est fantastique !"
Christelle, 32 ans (Fontenay aux roses) : "Je suis moins stressée et je peux voir grandir mes filles"
"A la suite de la naissance de ma deuxième fille, j'ai décidé de travailler à temps partiel pour la rentrée 2004. En effet, étant infirmière à Paris, je ne me voyais pas courir entre mon boulot, l'école et la crèche toute la semaine !
Du côté administratif, après m'être renseigné sur les démarches sur le site de la CAF, j'ai envoyé une lettre recommandée à mon employeur en juin 2004, et mon DRH n'y a pas trouvé d'inconvénients.
Je travaille donc 2 ou 3 jours alternativement chaque semaine, 7 heures par jour. Ainsi, je peux mieux m'occuper de mes filles. Mais je peux également consacrer un peu plus de temps pour moi : piscine, kiné, coiffeur... Enfin, mon week-end étant alors moins chargé en tâches ménagères, cela me permet de profiter un peu plus de tout mon noyau familial à ce moment-là.
Du côté professionnel, l'adaptation a été moins facile. Tout d'abord, tous les mois je devais user d'acharnement pour avoir mon planning. De plus, certains de mes collègues me reprochaient de ne pas être suffisamment présente sur mon lieu de travail ; j'ai ressenti une certaine exclusion, la communication intra-entreprise étant moins adapté pour les personnes à temps partiel.
Néanmoins, d'autres collègues ne m'en ont pas tenu rigueur et au contraire ils se sentent à leur tour prêts à passer le cap du passage à temps partiel.
Bref, malgré quelques désagréments, je suis moins stressée et je peux voir grandir mes filles. S'il m'est possible, financièrement parlant, de continuer à travailler à 80 %, même après l'entrée de ma petite dernière à la maternelle, je le ferai sans hésitation."
Nathalie, 40 ans (Marseille) : "J'en profite aussi pour faire les activités que j'aime..."
"Fonctionnaire et maman de 4 enfants (âgés de 15, 12, 10 et 4 ans), je suis à temps partiel depuis la naissance de mon deuxième enfant. Je n'avais pas profité assez à mon goût de ma fille aînée, alors chouchouter mon bébé et mon enfant de 3 ans était devenu ma priorité. Bien sûr, l'accord de mon supérieur hiérarchique était nécessaire, mais les textes étaient en faveur des temps partiels, aussi il ne pouvait refuser. Il savait que mes enfants tout comme mon travail étaient importants pour moi. Je suis restée à 80 % jusqu'à la naissance de mon 4ème enfant, et jusque-là mon temps partiel n'avait jamais posé de problème, même lorsque mes supérieurs ont changé.
Au retour de mon 4e congé maternité, j'ai demandé une reprise d'activité à mi-temps pour raisons familiales (j'habite à 45 km de mon lieu de travail).
Cela m'a été accordé car conformes aux textes en vigueur, par contre le travail a changé. Il n'était pas aussi intéressant. Bien sûr des remarques négatives ont été faites sur mon temps partiel, du style "tu n'es jamais là !" formulées aussi bien par les supérieurs que par les collègues. Il faut bien savoir que j'étais payée pour un mi-temps et non pour un temps complet, c'est ce qu'ils n'ont jamais compris. J'ai quand même eu droit à des remarques positives de la part de collègues féminines.
Depuis j'ai modifié mon temps de travail, je peux cumuler une partie de mon temps partiel sur les congés scolaires, que je passe donc avec les enfants.
Tout au long de l'année les mercredis sont consacrés aux enfants. Aller les conduire au collège, aller les rechercher, les conduire au sport, chez le médecin, aux anniversaires des copains. J'ai un vrai emploi du temps de premier ministre ce jour-là ! Le vendredi est consacré au ménage quand les enfants sont à l'école, puis aux courses (car il faut bien faire manger une meute affamée à son retour des cours). J'en profite aussi pour faire les activités que j'aime, comme de la couture, de la lecture, de la déco, de la cuisine... Je profite également du vendredi pour avoir des temps de grande détente avec chacun des enfants. Ca peut être du shopping avec les grandes, un resto, ou tout simplement un ciné. Ils adorent ça et moi aussi.
Tout l'or du monde ne pourra remplacer le temps que je passe avec les enfants et il n'y a rien de plus motivant et de plus réconfortant lorsqu'on rentre du travail le soir que d'entendre son petit bonhomme dire "Tu es belle maman ! Je t'aime". Les enfants grandissent trop vite et ces moments là sont trop précieux pour passer à côté !"
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