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Dossier
25/11/2006

Quel type de sacrifices avez-vous dû faire ?

Plus que des sacrifices, ce sont des choix qu'ont dû faire nos dix femmes chefs d'entreprise. Loisirs, sorties, détentes : elles ont décidé de prendre moins de temps pour elles.

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"Je ne suis pas assez disponible pour mes enfants", Marie-Laure Loffrédo, directrice de l'hôpital Ambroise Paré
"Ce sont surtout les enfants qui trinquent. J'ai choisi d'en avoir quatre, mais je suis consciente de ne pas être suffisamment disponible pour eux, même si je suis toujours présente en cas de coup dur. Je ne les vois que le week-end. Je n'ai pas trouvé un équilibre vie professionnelle-vie privée. Sans compter que je suis trop fatiguée pour sortir, et même pour lire".

"Je ne peux pas parler de sacrifice", Nelly de Bère, PDG de Biche de Bère
"Je travaille beaucoup mais c'est une passion donc je ne peux certainement pas parler de sacrifice. Je profite de mes enfants dix fois plus parce que le temps que nous passons ensemble est vraiment précieux. C'est un régal de regarder un film avec mes filles ou de passer un week-end au bord de la mer ! Je vis à fond ma vie avec mes enfants et ma vie professionnelle".

"J'ai dû sacrifier mon désir de maternité" Anne-Sophie Pic, gérante de la maison Pic
"J'ai un métier très exigeant, il est difficile de gérer une vie de famille et une vie de chef. Mais l'envie de reprendre la société familiale a été la plus forte. J'ai dû sacrifier mon désir de maternité pendant un moment, j'ai 36 ans et je viens tout juste d'avoir mon premier enfant. Mais je ne le regrette pas. Par ailleurs, j'ai très peu de temps pour moi, pour les loisirs, même si j'essaye quand même de sortir de temps en temps".

"Mon mari a sacrifié sa carrière", Valérie Vendeville, directrice d'un magasin Auchan
"Aucun. C'est mon mari qui a fait tous les sacrifices ! Il est greffier, et il a sacrifié sa carrière pour me suivre dans mes pérégrinations, gérer l'intendance de la maison et s'occuper de nos trois enfants. Ma vie personnelle n'est pas la même que si je n'avais pas fait ce métier, mais c'est un choix, je ne regrette rien".

"J'ai moins de temps pour les loisirs", Dominique Léry, gérante de ADHAP Services
"J'ai sacrifié mes loisirs. Comme je travaille beaucoup, je n'ai pas vraiment de temps pour moi. Mais je n'ai pas voulu sacrifier le temps consacré à mes deux enfants. Dès que je suis disponible, j'essaye d'être avec mon plus jeune fils qui a 20 ans. La famille, c'est quelque chose d'essentiel".

"Je ne considère pas mon travail comme une contrainte", Colette Robert, présidente d'Arkopharma
"Je n'ai pas l'impression d'avoir fait beaucoup de sacrifices, car je ne considère pas mon travail comme une contrainte. Et j'ai la chance d'avoir un mari qui m'a soutenue. Enseignant à l'université, il était plus disponible pour s'occuper de la maison, des factures etc. J'ai très peu temps pour les loisirs, le sport, mais je m'accorde tout de même une heure de lecture chaque soir et nous partons en voyage deux fois par an avec mon mari. Ce n'est pas par choix, mais je n'ai pas eu d'enfants. Je ne pense pas que j'aurais eu cette vie si j'avais été mère de famille".

"J'ai peu de temps pour moi", Pauline d'Orgeval, PDG de 1001 Listes
"J'ai très peu de temps pour moi, mais j'ai toujours essayé de préserver mes enfants et ma famille et je ne crois pas être une maman absente. J'ai trois enfants et je suis enceinte du quatrième. Je fais moins de sport, moins d'expositions, je ne fais pas de courses le week-end alors que j'adore ça. Mais je ne me suis pas coupée de mes amis, j'ai toujours pris le temps de sortir. Ma priorité, ce sont mes enfants. A 19h30 chaque soir, je suis chez moi. Je suis présente à la maison tout en travaillant. Avec internet, le téléphone mobile et l'ordinateur portable, c'est tout à fait possible de travailler depuis chez soi".

"J'ai dû m'organiser" Mathilde Thomas, PDG de Caudalie
"Je n'ai pas vraiment fait de sacrifices. J'ai choisi de travailler et de m'occuper de mes deux enfants. Cela demande une bonne organisation : j'ai une très bonne nounou, je travaille à côté de mon domicile et je ne rentre pas après 19h30 pour voir mes enfants une heure. Il ne me reste plus beaucoup de temps pour sortir et accepter les invitations mondaines. Mais je vais tout de même courir une heure et demie chaque dimanche au Bois de Boulogne car le sport est fondamental à mon équilibre".

Sandra Le Grand, PDG de Canal CE
"Mon premier sacrifice a été financier. Je suis passée d'un bon salaire chez Coca Cola avec bonus, stock options, voiture de fonction... à une situation où je n'avais pas de salaire du tout. Mais je ne pense pas que de passer d'un poste haut placé à celui de dirigeante demande plus de sacrifices au niveau familial. Au contraire, j'ai l'impression d'être plus libre au niveau de mon agenda. Je peux fixer mes rendez-vous quand ça me plaît. Bien sûr, je n'ai pas beaucoup de temps pour moi car je fais passer mon travail, mes enfants et mon mari avant tout le reste. Mais je n'en souffre pas car j'ai un métier fantastique".

"Je limite les sorties", Ann-Charlotte Pasquier, PDG d'Aubade
"J'ai surtout sacrifié mon temps ! Je n'ai plus vraiment le temps de faire les boutiques, d'aller à la bibliothèque, au cinéma, de voyager. Mais quand on est passionné par son travail, on y trouve la nourriture suffisante. Bien sûr, je suis frustrée - comme tout le monde - de ne pas passer plus de temps avec mes enfants. Mais j'essaye de ne pas rentrer à la maison après 20 heures, et je limite les invitations, les sorties".

Les dix chefs d'entreprise en images


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