Dossier
16/02/2007
Elles travaillent à la maison, elles racontent...
Sylvie, 45 ans , lectrice-correctrice-rewritrice (Paris) "Comme je suis écrivain, et que mes droits d'auteur ne me permettaient pas de vivre, je faisais des travaux de correction et de rewriting pour une maison d'édition en freelance. Puis, ladite maison m'ayant proposé de devenir salariée, et réfléchissant à l'avenir, j'ai accepté. Étant donné qu'il n'y avait pas de place dans les locaux pour créer un bureau supplémentaire, j'ai donc travaillé chez moi. Ce qui a nécessité des investissements, lesquels ont été entièrement à ma charge : ouvrages techniques, encyclopédies, ordinateur récent et imprimante, etc.
En mars 2007, cela fera cinq ans que j'exerce l'activité de lectrice-correctrice-rewritrice salariée à domicile. Essentiellement à retoucher, de manière plus ou moins importante, des traductions de romans à paraître. Je dois aussi "préparer la copie", c'est-à-dire adapter le texte remis par le traducteur aux usages typographiques de la maison. Je dois enfin contrôler l'expression française, cela va de soi."
Myriam, 39 ans, développeuse web (Le Grau du Roi) "Je suis développeuse web freelance et gérante de
mon EURL FAIRWEB. Je vis de ma passion, la programmation
web et la conception de sites Internet.
Lorsque j'ai créé ma société en août 2003, je vivais en Provence,
et les chances de trouver de nombreux clients dans mon activité étaient réduites. C'est donc
depuis chez moi, sur Internet, que j'ai trouvé mes contacts à l'autre bout de la France, voire du
monde. Depuis,
je travaille avec des chefs de projet que je ne rencontrerai probablement jamais
physiquement mais nous avons fondé des partenariats solides. Cette liberté géographique m'a
permis de faire le choix de mon lieu de vie et je me suis installée en Camargue il y a un an. Je
prends rarement des vacances et cet endroit m'offre le loisir à portée de main.
Mes journées sont bien remplies. Réveil à 6h (parfois 4h), je commence par le petit-déjeuner,
puis consultation de mes e-mails. A 6h30, je dépose ma fille à l'arrêt de bus, je reviens et je
travaille jusqu'à environ 12h30. Vers 13h, retour devant le PC pour une après-midi qui va
s'étendre jusqu'à 18h dans le meilleur des cas pour me rendre à l'aquagym. Ouf ! Détente ! Si
ma charge de travail est importante, ou si j'ai dû m'absenter pendant l'après-midi, je
continuerai encore quelques heures.
Le fait de travailler à mon domicile m'évite le stress, les risques et le coût du trajet.
Je suis ainsi opérationnelle immédiatement, moins soucieuse de la qualité de mon maquillage
et de ma garde-robe, sauf peut-être pour les visioconférences mais elles sont ponctuelles.
Certaines tâches de la vie quotidienne peuvent également être mieux gérées. La liberté
d'aménagement du temps de travail permet de se libérer pour aller chercher les enfants à
l'école, prendre des rendez-vous difficiles à obtenir en dehors des heures de bureau, éviter
l'affluence pour se rendre à la banque ou à la poste".
Karin, 38 ans, assistante maternelle (région parisienne) "J'ai 3 enfants aujourd'hui âgés de 15, 12 et 9 ans. Lorsque ma dernière a eu 3 ans, j'ai dû réfléchir à mon avenir professionnel. Avec mon mari nous avons fait un calcul simple : il fallait une personne pour emmener mes enfants à l'école, et aller les chercher le soir, et en plus leur payer la cantine. Nous nous sommes rendus compte que ce ne serait pas rentable pour moi de travailler, puisqu'au final, une fois tous ces frais retirés de mon salaire, il ne restait plus que 200 francs par mois. Donc le choix était simple, je reste à la maison, mais pas question pour moi de ne pas rapporter un peu d'argent.
Je me suis donc renseignée sur ce que je pouvais faire comme métier tout en restant chez moi. Et j'ai trouvé le métier d'assistante maternelle. J'en ai discuté avec mon mari et avec mes enfants, car je ne voulais pas leur imposer la présence d'autres enfants sans qu'ils soient conscients des petits sacrifices que cela allait engendrer pour eux. Et me voilà lancée dans l'aventure".
"Une journée chez moi commence de très bonne heure, car le premier enfant arrive à 6h30.
La matinée avec les petits bouts se déroule tranquillement : jeux, biberons, change, préparation du repas de midi, promenade quand le temps le permet, sieste et autres activités. Je fais ensuite déjeuner tous les enfants que je garde ainsi que les miens, en plusieurs fois.
Pendant la sieste des bébés, j'ai un tout petit moment pour moi : je lis, je brode, ou je tricote quand je n'ai pas de papier administratif à régler ou des coups de téléphone à donner.
Et c'est déjà le moment des goûters pour les uns et les autres. Puis les parents passent récupérer les petits, et mes enfants rentrent de l'école. Je pense que c'est une chance de travailler chez soi, car on est là pour nos enfants quand ils sont malades, et l'on peut toujours avoir un oeil sur eux. Le plus gros inconvénient, c'est que tout le monde compte sur moi : les parents des enfants que je garde pensent que chez moi, je n'ai rien d'autre à faire que les attendre. Mes enfants et mon mari me disent souvent "comme tu es à la maison, tu as le temps pour faire ceci ou cela".
Je pense que lorsqu'on travaille chez soi, il ne faut pas se laisser étouffer par sa famille et son boulot, et se ménager des moments rien que pour soi, et ne pas accepter de tout faire à la place des autres membres de sa famille".
Claire Sassonia, Journal des Femmes
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