L'expatriation au féminin

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Florence a suivi son mari expatrié à Tenerife, dans les îles Canaries. Après quelques mois d'inactivité, elle est aujourd'hui créatrice de sacs à main et interprète dans une ONG.

 

Florence
 
Florence est créatrice et interprète à Tenerife.
 
"A chaque entretien avec les DRH, le thème de la femme de l'expatrié est toujours abordé."

Pourquoi êtes-vous partie travailler à l'étranger ?

Je suis partie de Paris il y a deux ans suite à un choix commun avec mon mari, à qui l'on venait de proposer une expatriation à Tenerife. J'ai donc quitté mon travail de l'époque et je suis partie sans vraiment parler l'espagnol.

Comment êtes-vous parvenue à travailler?

Au début, je pensais souffler un peu suite à ma dernière expérience professionnelle qui m'avait totalement épuisée. Mais après quelques mois d'inactivité, j'ai décidé de faire quelque chose qui me plaise et qui m'occupe : la couture. J'ai créé mon site de vente en ligne de sacs à mains sur Internet, en français et en espagnol. Puis, un jour, un ami travaillant au sein d'une ONG m'a demandé de participer à la préparation d'une exposition sur le thème de l'immigration, en tant que traductrice. J'ai accepté immédiatement. Je suis alors devenue bénévole pour cette ONG. Mon travail consiste à visiter les centres d'accueils de mineurs immigrés des pays africains et parlant en majorité le français. Six mois après le début de mon bénévolat, le directeur de l'ONG a voulu m'embaucher en tant qu'interprète/traductrice. J'ai décidé de ne faire qu'un mi-temps car je souhaite continuer en parallèle mon activité de création de sacs.

Avez-vous fait des sacrifices en suivant votre mari ?

On en fait toujours, quoi qu'on en dise. Quitter son travail, sa famille et ses amis n'est pas chose facile. De plus, il faut savoir accepter de se retrouver inactive, du moins au début, car on débarque dans un lieu inconnu, où l'on ne connait personne, où l'on n'a aucun carnet d'adresses et où, parfois, on ne parle pas la langue. Il faut tout recommencer à zéro, c'est comme un challenge. Mon mari et moi n'avons pas d'enfant, cela a également facilité notre décision.

Quels sont les avantages de cette expatriation ?

L'épanouissement personnel dû au temps libre qui nous est offert, l'amélioration de la qualité de vie (nous disposons d'un appartement trois fois plus grand qu'à Paris, pour le même loyer, et ce dans l'un des meilleurs quartiers de la ville très tranquille, avec la mer et la montagne constamment sous les yeux ), l'amélioration du train de vie et le bonheur tout simplement. A Paris, notre vie était terne et elle a pris des couleurs en arrivant aux Canaries. C'est comme si mon humeur avait bronzée en même temps que ma peau.

Votre mari et son entreprise vous ont-ils soutenue ?

J'ai été parfaitement soutenue lors de mon arrivée à Tenerife. Mon mari a tout fait pour que je me sente à l'aise dans notre nouvelle vie et il a même accepté que nous adoptions un chiot, ce qui était mon souhait depuis que nous nous connaissions. Il a été un moyen d'intégration en quelque sorte. J'apprécie également beaucoup l'entreprise de mon mari car elle prend en compte l'avis des femmes sur les expatriations car elle sait que lorsqu'un homme est recruté pour une expat', il part rarement seul et l'efficacité de son travail dépend aussi beaucoup de ses conditions de vie sur place. D'ailleurs, à chaque entretien avec les directeurs des ressources humaines, le thème de la femme de l'expatrié est toujours abordé. Les collègues de mon mari nous ont aussi très bien accueillis.

Quels conseils donneriez-vous aux conjointes d'expatriés qui souhaitent réussir leur vie professionnelle ?

Oublier la timidité. C'est à nous de nous intégrer et d'aller vers les autres et nous devons redoubler d'effort pour réussir nos projets, encore plus qu'en France. Il faut aussi essayer de se recréer un réseau d'abord amical, puis professionnel.


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