L'expatriation au féminin

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Lorraine vit et travaille en Roumanie avec son compagnon. Elle est auditeur interne en contrat local.

 

Lorraine
 
Lorraine est auditeur interne à Bucarest.
 
"Mon ami et moi avons le même intérêt pour la vie à l'étranger."

Pourquoi êtes-vous partie à l'étranger ?

J'ai vécu ma première longue expérience à l'étranger au Mexique, où j'ai participé à un programme d'échange avec mon école de commerce. J'y suis ensuite restée pour mon stage de fin d'étude. Cette expérience d'un an m'a donné l'envie de commencer à travailler à l'étranger. Mon ami avait lui aussi le même projet et nous avons décidé de chercher ensemble un emploi dans un autre pays. Une offre intéressante lui a été proposée à Bucarest ce qui a orienté mes propres recherches vers la Roumanie. Nous avons ensuite passé 8 mois séparés, avant que je ne trouve moi aussi un poste et un contrat intéressants.

Est-ce par choix ou par obligation professionnelle / familiale ?

J'ai choisi l'expatriation pour des raisons professionnelles et personnelles. Je souhaitais travailler dans un environnement plus dynamique qu'en France, dans un marché en forte croissante et stimulant pour des jeunes professionnels. Mes expériences précédentes à l'étranger m'ont aussi donné l'envie et la curiosité de vivre dans un autre pays, d'apprendre une nouvelle langue et de découvrir une autre culture. Mais ce choix de l'expatriation a été une décision et un projet de couple, car mon ami et moi-même avons le même intérêt pour la vie à l'étranger.

Comment vous y êtes-vous préparée ?

Je suis venue plusieurs fois rendre visite à mon ami lorsqu'il habitait déjà à Bucarest. Je connaissais donc un peu la Roumanie avant de m'y installer. Mes entretiens d'embauche ont ensuite été l'occasion de discuter sur les conditions et méthodes de travail dans le pays. J'ai aussi beaucoup préparé les conditions matérielles de mon installation : logement, salaire, protection sociale, déménagement, cours de roumain.

Quels sont selon vous les pièges à éviter ?

Le premier risque est de vouloir reconstituer un environnement professionnel et social franco-français en ne fréquentant que la communauté française expatriée. Personnellement, il est important de me sentir chez moi en Roumanie et cela passe par une volonté d'intégration : apprentissage de la langue, ouverture vers les Roumains au travail comme au dehors, intérêt pour l'histoire, la culture et l'actualité du pays… Le deuxième risque, opposé, est de ne pas protéger ses attaches françaises. Même bien intégré dans un environnent étranger, il est essentiel de garder des liens proches et fréquents avec sa famille, ses amis. Téléphone, mails, retours réguliers en France sont importants pour garder une cohérence et un équilibre personnels.

Dans votre cas, quels sont les avantages ?

Dans un marché petit mais en croissance forte et très flexible, les jeunes Français peuvent avoir des postes avec beaucoup plus de responsabilités que leur âge ne le leur permettrait en France. Je travaille pour une multinationale dont la filiale française emploie des milliers de salariés, contre quelques centaines dans la filiale roumaine. Plus de visibilité, de transversalité, de changement, d'audace. C'est ce qui me motive dans mon travail en Roumanie et que j'aurais peut-être plus de difficultés à trouver en France.


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