Quelles sont, selon vous, les qualités
nécessaires pour être décoratrice
?
Il en faut beaucoup ! Vous devez suivre
l'évolution du marché de la déco, du
design, de la mode ; vous rendre sur des salons, chiner,
vous informer sur les créateurs, lire... Ensuite,
il est capital de posséder le sens de l'esthétisme
pour pourvoir décliner plusieurs univers. Mais ce
qui fait toute la différence, c'est le sens de la
communication, le feeling, l'intuition... Face à
un client, quel qu'il soit, l'objectif d'une décoratrice
est de cerner ses goûts et ses envies, de s'adapter
à ses contraintes et d'être capable d'empathie.
N'oubliez pas que décorer un intérieur, c'est
pénétrer dans l'intimité des gens.
Qui fait appel aujourd'hui à une
décoratrice d'intérieur ?
L'âge de la clientèle varie
de 35 à plus de 50 ans. Vous retrouvez des personnes
âgées, à la retraite, lassées
par leur intérieur et qui souhaitent un peu de nouveauté,
tout comme des jeunes couples qui veulent changer de mobilier.
Mais il y a aussi de plus en plus d'hommes, seuls ou mariés,
qui attachent une grande importance à la décoration
de leur logement. La plupart de nos clients se trouvent
dans les grandes villes (Paris, Marseille, Lyon) et n'ont
pas forcément tous des revenus de cadres supérieurs.
Je note aussi qu'il y a des régions où la
demande existe mais où il n'y a pas d'entreprise
de déco, comme la Bretagne, ou la région orléanaise.
Cela vaut donc vraiment le coup de s'installer en province
!
Quel ultime conseil donneriez-vous à une
personne qui voudrait devenir décoratrice ?
Il m'arrive de comparer le métier
de décoratrice à celui de wedding-planner.
Les femmes qui se lancent dans ces métiers ont une
part d'idéal, mais il faut être en phase avec
la réalité. La plus grande majorité
des décoratrices travaillent à leur compte.
Elles ne peuvent donc pas mettre de côté l'aspect
gestion et administration. Il faut se renouveler sans cesse,
être au top dès le début et suivre sans
cesse ses clients... Etre aussi curieux, énergique
et ne pas être boosté par l'appât du
gain. Je pense aussi que se lancer dans une telle aventure
demande de la maturité et de l'expérience.
Voilà pourquoi 40 ans est un âge idéal
pour devenir décoratrice.