Témoignage
19/03/2007
"J'ai pu m'investir dans la création de mon entreprise grâce au soutien de mon conjoint"
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? J'ai 38 ans et je vis maritalement depuis bientôt 17 ans avec Sylvain, mon compagnon. Nous avons 2 fils, de 7ans et demi et 12 ans. Nous vivons à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Quel est votre métier ? Je suis chef d'entreprise. J'ai créé ma propre société en 2005 : Akteam. Le Cœur de métier d'Akteam est de révéler les talents pour favoriser l'efficacité de l'entreprise (conseil et formation en RH et management). Cela implique plusieurs pôles d'intervention : gestion/finances, commercial, marketing, RH, ingénierie de formation, conseil… et tout le reste ! Je partage ces tâches avec mon associée. Nous manageons au sein d'Akteam une équipe de 22 personnes dont 15 consultants. Nous avons développé 3 sites d'accueil de nos clients, ce qui implique également une rigueur, une régularité, une exigence de travail qui nécessite une implication de tous les instants et une vraie conscience professionnelle. Quel est votre parcours professionnel ? Je dispose d'une formation à trois dimensions qui fonde aujourd'hui les bases de la réussite de ma pratique professionnelle et de mon esprit d'entreprise : BTS informatique, école de commerce et enfin DESS de psychologie du travail. Par ailleurs, je me suis formée à des pratiques complémentaires pour les besoins de mon métier. Enfin, il est à noter que mes parents et grands-parents étant eux-mêmes chefs d'entreprise, j'ai baigné très jeune dans cet univers-là, et j'en recueille encore aujourd'hui les fruits. Qu'est-ce que vous aimez dans votre job ? Ce que j'aime avant tout, c'est le sentiment de liberté : je gère mon temps comme je l'entends tout en tenant compte des contraintes internes et externes de mon entreprise. Ensuite, j'apprécie énormément de travailler dans une ambiance extrêmement conviviale et agréable que nous avons su créer avec mon associée, avec des personnes et des personnalités que nous avons choisies. Par ailleurs, j'apprends tous les jours, d'abord parce que c'est indispensable à ce poste de responsabilité de faire évoluer ses compétences, ensuite parce que j'aime apprendre. J'adore aussi la surprise au quotidien : tous les jours, je ne connais que 20 % de ce que je vais faire parce que c'est planifié. Les 80 % restants se partagent sur tous les fronts : tant dans le management que dans la création ou la réactivité à telle question posée. Comment gérez-vous le stress ? J'ai par chance "appris" à le gérer et enseigné également à d'autres comment s'en sortir. Aujourd'hui, je sais prendre le temps d'investir en fonction de mes désirs et de la réalité dans différents domaines : je prends soin de moi en pratiquant le piano, en allant au cinéma, je passe du temps avec ma famille et je consacre du temps à ma vie de couple. Nous nous ménageons des espaces rien qu'à nous : par exemple, nous dansons le rock chaque semaine. Je discute souvent par mail ou téléphone avec mes amis, je prends du temps au déjeuner ou les week-ends pour les voir. Je fais d'abord les choses par plaisir et envie. Lorsque cet axe n'est pas possible, je cherche l'angle le plus simple, rapide et efficace pour le faire. Ou bien je me figure le jeu que je pourrais insuffler dans cette contrainte. Enfin j'analyse l'apprentissage personnel ou professionnel que sa résolution m'apportera. J'ai réellement intégré le fait qu'une situation n'est jamais stressante en soi : c'est la représentation qu'on s'en fait qui peut le devenir. Quels sont vos objectifs ? Je rêve de pérenniser Akteam tant nous nous y sentons bien. Je serais heureuse, lorsque je serai en âge de prendre ma retraite, de transmettre une entreprise toujours saine, avec des valeurs qui auront peut-être évolué avec nous et avec le temps, mais qui resteront celles du respect de l'autre et de son histoire. Qu'est-ce que cela change d'être une femme dans votre métier ? Je crois que cela permet d'aborder les relations avec plus de rondeur et plus de finesse. Mes stagiaires ont souvent dit de moi que j'étais une main de fer dans un gant de velours, et c'est une image qui me plaît : j'aime trouver dans un objectif commun le meilleur moyen d'arriver ensemble à le réaliser dans un contrat gagnant/gagnant. Comment conciliez-vous vie personnelle et professionnelle ? Je garde en mémoire l'expérience de personnes de 40 ou 50 ans qui m'ont confié ne pas avoir vu grandir leurs enfants, ne pas avoir vu partir leur conjoint… Je ne me souhaite jamais d'avoir à tenir ce discours. Cependant, il y a eu des moments où j'ai dû consacrer beaucoup de temps et d'énergie à mon entreprise. Sans le soutien de mon conjoint et la compréhension de mes enfants, je n'aurais rien pu faire. Sylvain a géré en toute autonomie et avec un réel dévouement pour ma cause tout ce qui avait trait au quotidien de la maison et des enfants. Aujourd'hui encore, il est non seulement une oreille attentive au quotidien, mais aussi celui sur lequel je peux vraiment compter et m'appuyer pour tout. Par ailleurs, il y a des moments privilégiés que j'ai conservés avec mes enfants : je suis présente pour eux à 100 % le matin au réveil et jusqu'à leur entrée dans l'école, et le soir au diner et au moment du coucher, je ne manque pas de prêter attention à tous les maux et mots de la journée. Avez-vous des conseils à donner aux femmes actives qui souhaitent réussir leur vie professionnelle ? Le secret, c'est de savoir réellement ce qui est important pour soi au quotidien. Réussir sa vie professionnelle, c'est être en accord avec les valeurs de son entreprise, aimer son travail parce que les compétences qu'on utilise sont celles qu'on a envie d'utiliser au moment t, apprécier son entourage professionnel proche interne et externe à l'entreprise, avoir le sentiment d'être chaque jour à sa vraie place. Vivre son travail comme une partie de sa vie et non comme un univers détaché de toute son humanité. Chacune peut apporter avec ce qu'elle est, sans nécessité de se couper de sa féminité pour réussir. La réussite professionnelle est un tout qui accompagne le bonheur de vivre.
Lire aussi Le précédent témoignage de Violette, directrice de crèche Claire Sassonia, Journal des Femmes
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