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Témoignage
04/05/2007
"Je suis presque maman au foyer alors que je travaille à plein temps"
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Je m'appelle Tatiana, j'ai 26 ans et j'habite Bordeaux. Je suis mariée et j'ai un garçon de 2 ans. Quel est votre métier ? Je suis infirmière de nuit au CHU de Bordeaux, en chirurgie cardiaque. Je suis chargée de la sécurité et des soins des patients ayant été opérés du cur (pontages, remplacements de valves, chirurgie vasculaire, greffés cardiaques), avec l'aide soignante. Nous travaillons en binôme, seulement toutes les deux, mais nous pouvons joindre le chirurgien de garde à tout moment. Quelle est votre formation ? Mon parcours est classique : bac économique et social, dégoût de la fac, aucun BTS intéressant... J'ai donc tenté d'entrer à l'école d'infirmières (IFSI). C'est un concours difficile, non pas dans le contenu mais dans la sélection (- de 10 % de reçus). Une fois l'écrit obtenu, j'ai passé l'oral et j'ai été prise. Les études durent 3 ans et elles sont moralement très difficiles, entre la pression pendant les stages et celle en classe, le summum étant celle du passage du DE (Diplôme d'État). Je l'ai obtenu en décembre 2003. Quel est votre parcours professionnel ? Je suis rentrée au CHU quelques jours après l'obtention de mon diplôme. J'ai choisi le CHU pour le statut de fonctionnaire et le choix des disciplines. Le salaire est correct, même si on gagne en moyenne 250 euros de moins qu'une infirmière dans le privé. Nous n'avons pas les mêmes statuts et les augmentations sont plus rapides, alors que dans le privé les salaires stagnent. Une jeune diplômée à temps plein gagne 1 395 euros en comptant les dimanches (2 par mois), et un peu plus si elle travaille un jour férié dans le mois. J'ai choisi le travail de nuit par pur hasard : j'ai eu mon fils en 2004 et en revenant de congé maternité, il fallait remplacer ce qu'on appelle la "fille du pool". En effet, la nuit nous sommes passées aux 32h30 et, pour cela, il faut qu'une infirmière remplace à temps plein les RTT des unes et des autres. J'ai donc commencé comme ça, en allant d'un service à l'autre, et puis j'ai demandé un poste de nuit. Je l'ai eu, j'ai été 'stagiairisée' et j'attends ma titularisation. Qu'est-ce que vous aimez dans votre job ? Je suis très à l'aise de nuit, d'abord pour l'organisation de ma vie familiale, mais également dans mon travail et mon équipe, avec laquelle j'ai des liens d'amitié maintenant. Je travaille avec l'aide soignante en binôme, nous faisons tout à deux, c'est comme ça que j'aime mon boulot. Dans l'organisation du travail, j'ai plus de temps, il y a moins de bruit et plus de disponibilités : je peux m'asseoir avec un patient pendant 1/2 heure pour discuter avec lui, ce qui est impossible de jour ! Comment conciliez-vous vie privée et vie professionnelle? Je travaille 10h30 d'affilée, de 20h45 à 7h15 en théorie, mais j'arrive en général à 20h30 dans le service pour prendre la température et repars à 7h45 en moyenne, car je dois faire mes transmissions orales et écrites à l'équipe du matin. Je travaille soit 5 nuits par semaine soit 2 nuits. J'ai pas mal de jours de repos et, même les jours où je dors, je suis debout et opérationnelle à 15h30 maximum. Je parviens à organiser ma vie familiale de manière très agréable : je suis presque maman au foyer, alors que je travaille à plein temps. C'est tout juste si mon fils se rend compte si je travaille. Je passe beaucoup de temps avec ma famille tout en adorant ma profession et je trouve le compromis parfait. Nous avons une très bonne organisation, avec mon mari. Nous nous en sommes rendus compte l'année dernière lorsque je suis repassée de jour pendant un mois : cela a été une horreur. Pour le moment, je supporte le rythme jour/nuit, ce qui ne sera pas toujours le cas, alors j'en profite ! Avez-vous des conseils pour les femmes actives qui souhaitent réussir leur vie professionnelle ? Jamais, avant de travailler de nuit, je n'aurais pensé aimer ça, alors il faut mettre parfois ses a priori dans la poche et tenter. C'est ce qui me fait aimer mon boulot et y rester : je ne sais pas si j'aurais tenu de jour avec mon fils et la pression, les horaires et la fatigue !
Lire aussi : Le précédent témoignage de Katia, chef d'entreprise Vous aussi, participez : comme Tatiana, vous êtes heureuse au travail ? Racontez-nous ! Témoignez
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