Témoignage
 
21/08/2007

"Il n'y a pas un jour où je me lève sans avoir envie de travailler"

Agnès Depuis toute petite, Agnès a toujours souhaité travailler dans la musique. Afin de faire de sa passion son métier à part entière, la jeune femme n'a jamais relâché ses efforts et enseigne aujourd'hui dans différents conservatoires.
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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J'ai 27 ans, j'habite à Ivry sur Seine et je suis célibataire.

Quel est votre métier ?

Je suis musicienne. J'enseigne l'accordéon, le piano, le solfège et l'éveil musical dans trois conservatoires différents. Cela représente la plus grande partie de mon temps de travail. Je compose aussi mes propres chansons et je participe à des concerts. Mais je ne cherche pas la célébrité. J'ai seulement l'ambition de faire ce que j'aime.

Quel est votre parcours professionnel ?

J'ai commencé la musique à l'âge de 8 ans dans mon village natal grâce à un professeur qui m'a enseigné le piano et l'accordéon. J'ai vite préféré l'accordéon car je trouvais cela plus exotique. J'ai suivi un cursus scolaire normal, tout en passant des concours de musique. C'est à l'âge de 12 ans que j'ai compris que je voulais en faire mon métier et plus particulièrement, enseigner. Après mon Bac, je suis partie dans un centre de musique, près de Clermont- Ferrand, durant deux années. A cette époque, je pratiquais l'instrument près de 12h par jour. A la fin de mes études, je suis montée à Paris pour continuer mon apprentissage avec un professeur assez réputé. C'est grâce à lui que j'ai pu effectuer mes premiers remplacements en tant que professeur de musique. J'ai obtenu mon diplôme de fin d'études en solfège ainsi que le 1er prix au conservatoire. On m'a alors rapidement contactée et j'ai travaillé progressivement dans des écoles, des associations et puis enfin au conservatoire.

Qu'est-ce que vous aimez dans votre job ?

Ce que je préfère avant tout c'est transmettre ce que l'on m'a enseigné. J'aime voir les progressions de mes élèves. Pour des enfants qui ont un rythme assez soutenu, l'heure de musique est très régénérante. Quand j'étais petite, j'étais très sensible aux choses difficiles que je voyais. La musique m'a alors apporté douceur et sécurité. Aujourd'hui, je peux vous dire qu'en réalisant ma passion, il n'y a pas un jour où je me lève sans avoir envie de travailler. Cela fait rêver beaucoup de monde.

"Ce que je préfère avant tout c'est transmettre ce que l'on m'a enseigné"

Quels ont été les obstacles les plus difficiles à franchir ?

J'ai vécu un moment très difficile en 2002. Je voulais alors passer mon diplôme d'Etat pour enseigner l'accordéon au conservatoire. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j'avais suivi une formation lourde et mon niveau instrumental était assez élevé. Je me suis présentée et lors de la toute dernière épreuve orale, je suis tombée sur un jury très conservateur qui n'a pas du tout aimé mon côté fantaisiste et a été tout simplement odieux. Résultat : je n'ai pas obtenu mon diplôme. Mais cela m'a permis de réaliser que je ne voulais jamais devenir comme ces jurés. Ils avaient perdu la passion.

Quels sont vos objectifs ?

Organiser plus de concerts pour mes élèves, sur des thèmes originaux avec des mises en scène et en leur faisant jouer mes propres compositions. De mon côté, je vais continuer à écrire et composer. Je dois aussi passer une audition pour un concert au Théâtre Effaion à Paris. En parallèle, je développe une activité de cours de cuisine bio sur Internet.

Qu'est-ce que cela change d'être une femme dans votre métier ?

Etre une femme musicienne et chanteuse peut poser certains problèmes. Les hommes trouvent que notre métier a quelque chose de romantique et de sensuel. Et ils ont vite fait de s'approprier la chanson et la chanteuse. Sous prétexte que ce n'est pas un métier sérieux, ils se permettent de vous approcher plus facilement. Par contre, pour celles qui pratiquent la musique classique, il y a une véritable admiration et une certaine distance. Les gens estiment que pour pratiquer ce genre de musique, il faut être très cultivée.

Comment conciliez-vous vie personnelle et professionnelle ?

Avec du recul, je réalise que la pratique intensive d'un instrument peut être dangereuse car on finit par se couper des autres. Aujourd'hui, je fais un travail sur moi-même pour développer mes relations humaines. Mais je ne regrette pas d'avoir autant travaillé et cela malgré les douleurs musculaires. Si cela était à refaire, je le referais.

Avez-vous des conseils aux femmes actives qui souhaitent réussir leur vie professionnelle ?

Il faut suivre son intuition. Si vous avez la moindre hésitation et que vous vous posez la question : "Est-ce que c'est vraiment là que je veux être ?", c'est que ça ne va pas et que vous n'êtes pas à votre place. Nous passons notre vie à entrer dans un moule, et plus tard, l'on se rend compte que l'on se trompe de voie.


Voir aussi : Le diaporama "10 métiers de rêve"


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