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Témoignage
02/10/2007
"Mon but est surtout de vivre de ma passion et de m'éclater dans ce que je fais"
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? J'ai quarante ans passé. Je suis mariée mais je n'ai pas d'enfants. J'habite à Lille. Quel est votre métier ? Je suis styliste et entrepreneuse. Je vends mes propres créations de prêt-à-porter à une clientèle de femmes actives sur rendez-vous. Quel est votre parcours professionnel ? J'ai longtemps travaillé dans l'événementiel. A l'époque, mon mari et moi-même avions créé une société d'événement. Nous avons travaillé ensemble durant 10 ans. L'entreprise fonctionnait bien. J'ai alors souhaité revenir à ma première passion : la mode. N'ayant pas de diplôme de styliste, j'ai décidé, avec le soutien de mon mari, de reprendre mes études. J'ai suivi une formation de trois ans à l' ESMOD. C'était assez drôle de se retrouver dans une classe avec des gens beaucoup plus jeunes que moi. J'ai obtenu mon diplôme en 2000 et à partir de là, je me suis lancée.
Que s'est-il passé ensuite ? J'ai déposé ma propre marque de vêtement à l'INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) et le démarchage de clients a commencé. Un vrai parcours du combattant, particulièrement auprès des banques pour obtenir des financements. Certaines boutiques lilloises ont accepté de revendre mes produits. Mais les commandes étaient loin d'être suffisantes. Heureusement, j'ai eu la chance de pouvoir ouvrir ma propre boutique. Les quatre années qui ont suivi m'ont permis de me créer une clientèle fidèle. Suite à de gros travaux dans le centre ville lillois, j'ai pris un nouveau tournant en fermant ma boutique et en me lançant dans le concept de show-room. Aujourd'hui, mes clientes viennent me voir sur rendez-vous dans un local situé juste en bas de chez moi. C'est plutôt sympa et ça marche bien ! Qu'est-ce que vous aimez le plus dans votre travail ? L'aspect que j'affectionne le plus dans mon travail est la création. Avant d'être une entrepreneuse, je suis une styliste qui a été obligée de survivre. C'est très difficile d'être reconnue dans ce milieu. Surtout avec une étiquette de province. A croire que la mode n'existe qu'à Paris ! Quels ont été les obstacles les plus difficiles à franchir ? La formation n'a pas été un souci. L'obstacle le plus difficile à franchir a été le démarchage de client. A l'ESMOD, rien ne prépare au parcours du créateur d'entreprise. C'est extrêmement difficile. Les banquiers accordent très rarement de prêts aux entrepreneurs stylistes. Ils considèrent que c'est trop risqué. C'est encore plus dur lorsqu'on a 25 ans. La jeunesse est un vrai handicap malheureusement…
Quels sont vos objectifs désormais ? Mon but est surtout de vivre de ma passion et de m'éclater dans ce que je fais. C'est pourquoi je ne cherche pas à faire de ma micro entreprise une grande société. Je veux simplement continuer d'être libre en réalisant mes propres créations. Comment gérez-vous les moments de stress ? Grâce au recul, j'ai pris conscience d'une chose : c'est qu'il faut régler les problèmes les uns après les autres. Les premières années, il m'est arrivé de mal dormir mais j'ai toujours essayé de croire en ma bonne étoile. Qu'est-ce que cela change d'être une femme dans votre métier ? Dans le stylisme, être une femme est un plus. Je peux porter les vêtements que je crée. Et je sais combiner le beau et le pratique. Pour ce qui est de la création d'entreprise, il est certain que l'on a plus tendance à faire confiance aux hommes. Et puis, on n'échappe pas aux petites phrases du style : "Ah, de toute façon, elle a son mari derrière elle. Elle fait ça pour s'amuser." Mais heureusement, j'ai le soutien total de ma famille et de mes amies. Comment conciliez-vous vie personnelle et professionnelle ? C'est un choix de vie. C'est sûr qu'avec des enfants, notre situation aurait été plus compliquée. Mais la création a toujours été ma vie. J'ai juste choisi un mari qui le comprend sans problème. Après, tout n'est qu'une question de gestion de temps. Depuis que je travaille sur rendez-vous, nous nous organisons plus facilement. Avez-vous des conseils aux femmes qui souhaitent réussir leur vie professionnelle ? Je pense qu'il faut avant tout rester fidèle à soi-même. Et ne pas omettre de se poser les bonnes questions : "Qu'est-ce que je veux ?", "Quelle direction je souhaite prendre ?". Pour celles qui ont une vraie passion, je n'ai qu'un seul mot : y aller à fond. Malgré les concessions, les sacrifices, les obstacles, il ne faut pas avoir peur. Comme on dit, mieux vaut avoir des remords que des regrets. En savoir plus www.leboudoirdelamode.com
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