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Il fut un temps ou les épices étaient
aussi rares et chers que l'or. Arabes, Vénitiens, Portugais, Hollandais…
Tous ont voulu contrôler la route des Indes et dominer le fructueux commerce
des épices. (Mars 2004)
Qu'est-ce qu'une
épice ?
Le mot "épice" (du latin "species" qui signifie "substance"), apparu à
la fin du XIIème siècle, désigne une substance aromatique d'origine
végétale.
Les épices sont originaires pour la plupart
des régions tropicales d'Asie (Inde, Indonésie, Asie du sud-est)
et d'Amérique (Mexique, Pérou, Antilles).
Les épices ne constituent pas une famille
botanique en tant que telle et proviennent de différentes parties de
plantes : le gingembre et le curcuma sont des rhizomes ; la cannelle
est une écorce ; le clou de girofle est un bourgeon ; le safran est une
fleur ; le poivre et la coriandre sont des fruits ; la noix de muscade
et la moutarde sont des graines...
Sur la route des épices
Dans l'Antiquité, en Mésopotamie, les Assyriens et Babyloniens
utilisaient déjà des épices dans la nourriture, en
médecine et en parfumerie. Le commerce des épices était
alors comparable en importance à celui de l'or ou des pierres précieuses.
Les Egyptiens se servaient aussi des épices pour embaumer
les morts, confectionner des parfums et des onguents.
Ce sont les marchands arabes qui,
les premiers, ont rapporté des épices de Chine et d'Inde
vers l'Occident. Alliés aux Vénitiens, ils bâtissent
une puissante marine qui leur assure un rôle influent en Méditerranée.
A partir du XVème siècle,
les navigateurs portugais, à la suite de Vasco de Gama,
franchissent le cap de Bonne-Espérance et se lancent pour eux-mêmes dans
ce fructueux commerce.
La route des épices est alors contrôlé à l'est
par les Arabes et au sud par les Portugais. Christophe Colomb convainc
la couronne d'Espagne de tenter sa chance par... l'ouest. Et, bien
qu'ils n'arrivent pas aux Indes, ils découvrent l'Amérique,
un autre continent riche en épices.
Au XVIIème siècle, c'est au
tour des marchands hollandais et anglais de se lancer dans le commerce
des épices en créant des compagnies et des comptoirs sur
les côtes asiatiques.
En 1654, les Français s'installent
aux Indes avec la création par Colbert de la Compagnie des Indes
Orientales. Plus tard, ils développent la culture des épices
dans leurs colonies de la mer des Antilles (Guadeloupe, Martinique) et
de l'océan Indien (Madagascar, La Réunion, Maurice).
A la fin du XVIIIème siècle,
les Anglais dominent le marché des épices, alors que leurs
cours sont en baisse.
Aux XIXème siècle, la culture
des épices s'est très largement étendue. L'Indonésie,
restent un fournisseur important, mais est supplantée sur le marché
international par l'Amérique latine.
De nos jours, les épices sont devenues de
banals ingrédients de l'art culinaire. Aujourd'hui
en France, l'épice la plus consommée est le poivre (86 000 quintaux
importés par an), suivi par le gingembre, le safran et le curcuma (63
000 quintaux environ chacun), les piments (28 000 quintaux), la cannelle
et la muscade (8 000 quintaux environ chacun), le girofle (6 000)
et la vanille (4 000).
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