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Ils sont très
nombreux et ne sortent que quelques mois par an. Difficile alors de se familiariser avec ces mystérieux champignons. Ni végétaux,
ni animaux, ils forment un règne bien à part. Découverte.
Généralités
ils sont au moins 100 000 dans le monde, et on en découvre de nouvelles
espèces chaque année. Seuls les champignons dits supérieurs
peuvent avoir un intérêt gustatif (par opposition aux
champignons microscopiques). Ce sont ceux que l'on peut voir et ramasser :
ils sont plus de 4 000 en Europe. Ils constituent un règne
à part, bien distinct de celui des végétaux et de
celui des animaux.
En effet, ils ne contiennent pas de chlorophylle. C'est pourquoi
ils doivent se fixer à un autre organisme pour puiser leur nourriture,
qu'ils absorbent à la manière d'une éponge. Pour
autant, ce ne sont pas des parasites qui prennent sans donner en retour.
Ils sont, au contraire, indispensables à la nature, car ils permettent
à l'arbre où ils se fixent de puiser dans le sol l'eau et
les sels minéraux essentiels.
Par ailleurs, leur
fonctionnement est assez mystérieux. Chez la plupart des
espèces, c'est sous le chapeau, dans les lames, les tubes ou les
aiguillons, que se trouvent les spores (éléments
reproductifs). Brutalement libérés, sans raison particulière,
ils retombent sur le sol. Grâce à une température
et un degré d'humidité appropriés, ils germent sous
terre et forment des filaments blancs, le mycélium, qui
donne naissance à d'autres spécimens. C'est pourquoi, d'années
en années, si le sol n'a pas été ratissé,
un véritable "coin à champignons" apparaît.
Les clés d'identification
Lorsque l'on évoque les clés d'identification, ou de détermination,
il s'agit de tous les indices facilement observables qui permettent de
reconnaître les espèces. En premier lieu, on doit distinguer
les spécimens à pied et chapeau distincts de ceux
aux formes irrégulières.
L'observation doit être minutieuse et attentive. Il s'agit de bien
regarder le champignon dans son intégralité, sa couleur
et sa hauteur, bien sûr, et sa forme aussi (selle, trompette...)
Mais avant tout, on doit se fier à la forme du chapeau et
notamment à ce qu'il cache en-dessous. S'agit-il de
lames (feuillets organisés en rayons), de tubes (structure en cylindres),
d'aiguillons (petites pointes) ou rien de tout cela ?
Par la suite, l'inspection doit se porter sur le pied : est-il
bien développé, cassant, fibreux ? Quelle est sa forme
générale ? Quel aspect présente sa volve, son bulbe ?
Possède-t-il un anneau ? Des questions indispensables à
se poser avec un guide devant les yeux. Les pharmaciens et les mycologues,
eux, poussent l'étude plus loin, et utilisent des microscopes,
afin d'asseoir les certitudes.
Enfin, les nez bien affinés sauront aussi déceler des odeurs
diverses et variées. Des plus agréables tel que le caramel,
la poire ou la noix de coco, aux plus insolites, comme l'odeur de savon,
de poulailler ou encore de bouillon KUB... la liste est longue !
Reconnaître
les plus dangereux
Chassez de votre esprit toutes les idées reçues. Un champignon
attaqué par les limaces n'est pas forcément comestible,
tout autant qu'une espèce toxique n'a pas toujours une odeur désagréable.
Adoptez, en outre, une règle de base, qui consiste à
ignorer de façon systématique les spécimens qui présentent
des lames blanches, une volve et un anneau (sans
doute une amanite toxique) ainsi que les petites lépiotes
de moins de 10 cm (une espèce au large chapeau qui pousse notamment
dans les prés).
Avant de vous aventurer dans les bois, familiarisez-vous avec 3 champignons
mortels qui risquent de jalonner votre route :
- l'amanite phalloïde
: son chapeau est verdâtre et cache des lames blanches. Mais on
la reconnaît surtout à son pied chiné (zébrures
verdâtres ou grisâtres), et à la présence d'un
anneau et d'une volve. De plus, elle est brillante par temps sec. Ce champignon
représente à lui seul 95 % des intoxications mortelles.
A savoir que la dose létale est de seulement 50 g !
- la paxille enroulée : son chapeau brun-jaune et creusé
au centre, s'enroule sur les lames, qui se tachent lorsqu'on les touche.
Entre juin et octobre, elle peuple les forêts de conifères
et de feuillus, et aime particulièrement se nicher au pied des
bouleaux.
- le cortinaire
couleur de rocou : sous son chapeau cuivré à rouge orangé,
les lames sont fauves ou rousses. Son pied un peu plus brun est assez
fin et souvent courbé à la base. Même s'il est peu
fréquent, il pousse en été et en automne, aussi bien
en plaine qu'en montagne, et affectionne tout particulièrement
les chênes.
Cette liste n'est
pas exhaustive et ne comprend, en outre, que des champignons mortels.
Ne négligez pas l'existence des spécimens toxiques. Il convient
de connaître les risques encourus. De la simple indigestion
aux graves troubles hépatiques et rénaux en passant
par la désagréable et persistante gastro-entérite,
leur toxicité doit être prise très au sérieux.
On ne le répétera jamais assez : vérifiez toujours
dans des guides fiables et récents (les découvertes évoluent
rapidement dans ce domaine) et montrez vos récoltes à un
pharmacien ou à un mycologue. Grâce à un examen microscopique
et à des connaissances affûtées, il vous préservera
d'un quelconque danger.
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