|
On dit des produits bio qu'ils sont plus sains, plus naturels, plus
authentiques... Oui, mais comment sont-ils produits exactement ? Quels
sont les différences avec ceux se l'agriculture conventionnelle
? Explications.
Les
différences avec l'agriculture conventionnelle
L'agriculture biologique est "un mode de production agricole exempt
de produits chimiques de synthèse" (définition du Ministère de l'Agriculture).
Autrement dit, l'agriculture biologique est garantie sans engrais chimique,
sans pesticides, herbicides, fongicides… Et bien sûr, sans organisme génétiquement modifié (OGM).
Du côté de l'élevage, les animaux bio reçoivent des aliments
à 90% d'origine biologique (herbe, foin, céréales…) et en grande partie
produite à la ferme. Les farines animales sont évidemment proscrites.
Ces animaux sont élevés en plein air et seul
deux traitements antibiotiques sont autorisés par an. Il faut savoir
qu'à l'inverse, les animaux de batteries, plus exposés au
stress et aux infections, reçoivent régulièrement
une petite dose d'antibiotique dans leurs mangeoirs...
De plus, le temps de croissance des animaux bio est plus long.
Ainsi, un poulet conventionnel est abattu au bout de 45 jours, alors qu'un
poulet bio l'est au bout de 90 jours minimum.
Enfin, du côté des produits transformés (pains, gâteaux…),
ceux-ci ne subissent aucun traitement chimique. Autrement dit, ils sont garantis
sans additifs alimentaires, sans antioxydants, stabilisants, arômes
artificiels…
Les
spécificités de l'agriculture biologique
Pour fertiliser la terre et protéger les cultures, les agriculteurs bio
utilisent le compost - un mélange de fumier et de débris végétaux
qu'on a laissé se décomposer à l'air libre plusieurs semaines -, l'engrais
vert (comme le trèfle riche en azote) et les algues (comme
le lithotamne qui fonctionne bien en Bretagne, sur une terre acide et
granitique).
Pour ne pas épuiser les sols, ils ont recours à la rotation des cultures
(par exemple, alterner les légumes à feuilles et les légumes-racines qui
n'attirent pas les mêmes parasites et n'absorbent pas les mêmes minéraux)
et à l'association polyculture/élevage.
Pour
lutter contre les insectes ravageurs, ils préservent les haies
où vivent des prédateurs naturels, comme les coccinelles qui mangent les
pucerons ou les mésanges qui mangent les insectes et les chenilles… A
noter aussi qu'à l'automne, les feuilles de ces haies fournissent un engrais
naturel.
Pour
soigner les animaux, les éleveurs biologiques ont recours à l'homéopathie
et la phytothérapie (traitement pas les plantes).
Enfin,
pour recréer les systèmes bouleversés par l'agriculture intensive et donc
favoriser la biodiversité, les agriculteurs bio favorisent les variétés
végétales et les espèces animales locales, adaptées au terroir et
aux conditions climatiques, et donc naturellement résistantes aux parasites
et maladies. Celles-ci ont malheureusement souvent été délaissées
pour manque de productivité.
Sommaire du dossier
|