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Dossier
26/01/2009
Histoire de la Chandeleur et du sarrasin
La
fêtes des chandelles C'est lors
de l'une de ces processions qu'est né le traditionnel partage des crêpes
chaque 2 février. Afin d'encourager
et de récompenser les nombreux pèlerins venus jusqu'à
Rome pour fêter la Chandeleur, le pape Gélase 1er leur distribua des
crêpes (de crispus, ondulé en latin), appelées "oublies" en
ce temps, donnant ainsi naissance à une tradition toujours respectée.
Dans le
monde paysan, le 2 février symbolise également la sortie
de l'hiver et le retour au travail agricole. Les chandelles bénies
étaient donc conservées par les paysans superstitieux qui les rallumaient
dans le but de protéger les futures récoltes. Avec le temps, les crêpes devinrent
également un témoignage d'allégeance des fermiers envers leurs seigneurs,
qui s'en voyaient offrir chaque année. Comme c'est
le cas pour bon nombre de fêtes, il règne autour de la Chandeleur une atmosphère
de superstition encore présente aujourd'hui. Nombreux sont ceux qui continuent
à faire sauter leur première crêpe de la main droite, un Louis
d'or dans la main gauche. D'autres encore jetaient cette première
crêpe par dessus l'armoire, toujours par superstition... A noter
que s'il est d'usage de manger des crêpes le 2 février, certaines
régions du sud de la France fêtent la Chandeleur en dégustant
des beignets.
Le sarrasin, cette plante venue d'Asie Le sarrasin,
ou blé noir, a fait son apparition en France au XIIe
siècle au retour des Croisés, à qui l'on doit l'importation
de cette plante d'Asie. Car contrairement à son nom, le sarrasin n'a rien
du blé et appartient aux polygonacées comme l'oseille ou la rhubarbe, même
si de par sa culture et son utilisation on a tendance à le classer parmi les
céréales. Si la Bretagne
est connue pour être la patrie des galettes de blé noir, c'est parce
que les terres et le climat tempéré de ce pays convenaient parfaitement à
la culture du sarrasin. On surnomme par ailleurs cette plante, plante des
100 jours, en référence à sa culture qui s'étend
sur trois mois de juin à la fin du mois d'août. Le froment étant réservé aux riches propriétaires, longtemps le sarrasin, et notamment les galettes, a fait office de pain dans les bouillies et les soupes qu'il rendait plus consistantes. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle, et la démocratisation du pain au froment, que le sarrasin a perdu de son influence dans la gastronomie.
Avant que
le froment ne devienne donc accessible à tous, existaient deux types de préparations
à base de sarrasin : la galette et la crêpe de blé noir. La
galette comme on la consomme encore aujourd'hui était plutôt une
spécialité de la Haute-Bretagne. On la garnissait de viandes, de jambon, de
saucisses, de fromage et de poissons. En revanche, la
crêpe de sarrasin, était beaucoup plus fine et croustillante. Cette
texture particulière, qui rendait son garnissage difficile, justifiera d'ailleurs
son abandon progressif au profit des simples galettes. Si de nos
jours, certains ajoutent des œufs, du beurre, voire du lait ou de la farine
de froment afin d'obtenir une galette plus souple et colorée, la
recette d'eau, de sel et bien sûr de sarrasin, demeure la même
depuis bientôt 1 000 ans. Avant même
l'utilisation généralisée du froment, on consommait déjà des crêpes sucrées.
Celles-ci étaient faite à base de sarrasin
auquel on ajoutait des œufs, du sucre et des épices comme la cannelle. Populaires
sur l'ensemble du territoire français, les crêpes, telles qu'on les connaît
aujourd'hui, n'existent finalement que depuis un
peu plus d'un siècle.
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