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Julie Andrieu

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(Mes secrets pour garder la ligne... sans régime)
"Oui, on peut faire une cuisine légère et gourmande"
Julie Andrieu a répondu à vos questions lors d'un chat en direct. Vous avez pu l'interroger sur ses émissions, son dernier ouvrage, ses recettes inventives, et sur ses conseils pour garder la ligne, tout en gourmandise... (Mars 2007)
 

Avez-vous un restaurant ?
Julie Andrieu Eh non. En réalité, je suis assez ravie de cette situation. Je peux exercer mon métier dans plusieurs cadres et rencontrer des gens très différents. Mais j'ai beaucoup de respect pour ceux qui ont le courage de se frotter à cette profession.

D'où vous vient votre passion/goût pour la cuisine ? 
Question difficile... Si seulement je savais ! C'est peut-être en réaction à l'absence d'éducation culinaire. J'ai été élevée par une maman très aimante et attentive mais pas du tout cuisinière. Elle ne l'est pas davantage aujourd'hui d'ailleurs. Je crois que ça a été aussi pour moi une façon d'établir un lien avec les autres, le monde extérieur qui me faisait un peu peur quand j'étais ado.

Les légumes, ça m'ennuie rien que d'y penser, vous avez une recette qui me ferait changer d'avis ?
Je cuisine énormément les légumes. Mais je vous comprends car je détestais ça autrefois. Aujourd'hui j'en mets partout, même dans les desserts ! Je fais notamment un gâteau au potimarron ou un crumble pommes-fenouil qui font un carton. Tout est une question de mode de cuisson et d'assaisonnement. Il ne faut pas hésiter à les transformer, les rhabiller...

Etes-vous plutôt sucré ou salé ?
Plutôt théâtre ou ciné, c'est ça ? En fait, je tire une plus grande fierté d'une réussite pâtissière car les "formules" sont plus précises tandis qu'il est plus difficile de rater un plat salé. Mais j'y arrive néanmoins... Finalement, j'adore les deux. A cuisiner comme à déguster.

Vous arrive-t-il de craquer sur des plats cuisinés et que pensez-vous de la qualité de ce type de nourriture ?
Craquer n'est pas le mot exact car je m'oblige à en manger régulièrement pour me tenir au courant de l'évolution de cette industrie sans compter qu'il me faut alimenter les chroniques d'Europe 1 et de Télé 7 jours. Il m'arrive donc d'organiser au bureau des "déjeuners-plats-cuisinés-pour-tout-le-monde" et de recueillir ainsi les avis à la ronde. D'une façon générale, je trouve que la qualité est très inégale mais je suis surprise par la différence entre les plats exotiques et les plats traditionnels. Je trouve ces derniers très décevants par rapport à l'offre exotique.

Avez-vous une formation de chef ? Enfin, avez vous fait une école hôtelière ?
Absolument pas. J'ai appris "sur le tas", en autodidacte. J'ai testé des milliers de recettes dans ma cuisine et établi mon éducation culinaire de cette façon. Très empirique comme méthode mais efficace, car avoir fait toutes les erreurs (croyez-moi je n'ai pas épargné mes proches) permet de les éviter aux autres. Aujourd'hui j'ai toujours cette approche et l'absence de savoir "académique" me permet aussi d'aller plus loin dans la création.

LIVRE

Mes secrets pour garder la ligne... sans régime,
Robert Laffont,
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Si je vous dis, hamburger ! 
Un plat dont on a oublié qu'il est issu de l'immigration européenne aux U.S (les hambourgeois qui débarquèrent sur la côte est au 19ème siècle) et qui était alors un plat relativement équilibré (pain, viande et légumes). Aujourd'hui, l'industrialisation de sa fabrication a nui à sa qualité mais la version maison reste très amusante à réaliser et pas forcément hérétique d'un point de vue diététique.

Une petite recette simple qui vous passe par l'esprit et que vous avez dernièrement testée et adorée ?
Une tarte tatin aux pommes râpées. Ultra simple et presque inratable. Vous faites un caramel que vous détendez avec un peu de beurre salé, vous en garnissez le fond d'un moule à manqué, vous le couvrez de pommes râpées et vous faites cuire 10 minutes à 180°C. Le temps de dérouler la pâte brisée ou de la faire maison et d'en couvrir les pommes. Encore 25 minutes de cuisson et on retourne sans attendre. Ah ! J'ai oublié le voile de cannelle sur les pommes.

Quel aliment est à bannir pour ne pas reprendre les kilos envolés ? Merci.
Ma "philosophie" est de ne rien m'interdire mais j'ai acquis une certaine maîtrise de la nutrition ce qui me permet de savoir précisément ce qui est bon ou mauvais pour la ligne. A force, mon goût rejoint la raison et je prends plaisir à manger ce qui est bon. Pour en revenir à votre question, il y a tout de même quelques plats que j'ai mis de côté : les frites (cuites en friture), les gâteaux à la fin d'un repas copieux, (je cherche car il y en a vraiment peu), j'évite les tartes et autres quiches, ou je prépare la garniture sans pâte. Les sauces trop riches, mais pas les plats en sauce. Bref c'est surtout les quantités et l'harmonie des repas que je privilégie. J'évite de diaboliser la nourriture pour ne pas déclencher les frustrations.

Bravo pour ce que vous faites et bonne continuation, c'est avec des personnes comme vous qu'on a envie de cuisiner !
Merci de ces encouragements chaleureux. Si mon travail peut servir à encourager certains à retrouver (ou découvrir) le plaisir de cuisiner alors cela n'aura pas été inutile. Je pense sincèrement que l'on a longtemps été impressionné par la tradition gastronomique de ce pays et que l'on a souhaité s'en affranchir radicalement dans les années 60-80, ce qui a créé une génération culinairement sacrifiée. Il semblerait que les jeunes (et moins jeunes) arrivent aujourd'hui à concilier la vie professionnelle, familiale et personnelle sans pour autant bouder la cuisine. C'est une sacrée évolution !

Folle de chocolat et régime… Aidez-moi !
Régime ! Quel vilain mot... J'en ai fait tellement ado et ils ne m'ont apporté que des kilos supplémentaires. Mais peut-être avez-vous besoin de ce "coup de pouce" que peut représenter une alimentation très cadrée. Dans tous les cas, le chocolat n'est absolument pas l'ennemi de la ligne tant que vous vous contentez de manger du chocolat noir amer de très bonne qualité. D'expérience, plus il est bon et fort en goût, moins on en mange. N'hésitez pas à instaurer un rituel et accompagnez systématiquement votre café d'un carré (ou deux, allez…) de chocolat noir. C'est en se permettant des petits plaisirs que l'on évite de craquer.

Comment a été accueilli votre livre, dans lequel vous expliquez votre parcours ?
Et vous, comment l'avez-vous reçu ? Difficile de vous répondre car je ne suis qu'au tout début de la "promo". Quoi qu'il en soit je suis ravie de l'avoir écrit. On me demandait régulièrement comment je réussissais à garder la ligne tout en évoluant dans ce milieu et en ayant pour sujet principal la nourriture. J'ai eu envie d'expliquer que ça n'avait pas toujours été simple et que cela m'avait pris du temps pour construire mon "éducation alimentaire". On ne m'a rien transmis dans le domaine, chez moi c'était le royaume de la liberté et de l'autonomie mais aussi, la conséquence de cela, la porte ouverte à un rapport à la nourriture très compensatoire. Il m'a donc fallu apprendre à faire le distinguo entre "envie" de manger et "besoin" de manger. C'est à dire reconnaître la faim, percevoir l'impression de satiété et comprendre ce qu'est un repas équilibré. Tout cela n'est pas inné, contrairement à ce que l'on peut imaginer. En tout cas, cette perception est fortement perturbée par les messages publicitaires et l'opulence alimentaire dans laquelle nous sommes. Apprendre à cuisiner a été pour moi la meilleure école.

SITE

www.julieandrieu.com
 

Vous avez donné une petite recette sucrée, une simple en salé ?
Une recette sympa : montez des blancs d'œuf en neige en ajoutant un peu de parmesan râpé une fois qu'ils sont bien montés, et éventuellement un peu de l'épice de votre choix. Versez dans des plats à œuf individuels et mettez à cuire 3 minutes à four chaud. Déposez les jaunes au centre de chaque blanc et remettez à cuire 1 minute 30. C'est une sorte d'œuf au plat à la neige. C'est joli, simple, bon, léger et économique.

Vos émissions me manquent... Une bouffée novatrice et chaleureuse dans le monde de la cuisine TV. Bientôt de retour sur une chaîne publique ? Et puisque vous avez toujours de bonnes idées, avez-vous indiqué dans votre livre des recettes légères qui plaisent aussi aux hommes férus de cuisine de terroir ?
Retour le 14 mars sur TF1 à 13h50. En tout cas merci pour vos encouragements. Pour les recettes légères pour cuisiniers éclairés je pense que la plupart de celles que je propose peuvent correspondre aux hommes comme aux femmes. Et la légèreté est le postulat à partir duquel je réalise mes recettes. Ce qui ne m'empêche pas de proposer des recettes ultra gourmandes. Disons que je retire le sucre ou la matière grasse inutile.

"Mes invités n'ont jamais l'impression d'être au régime !"

C'est parfois un peu a contrario de la tradition mais l'on s'aperçoit que ce n'est pas forcement au détriment du goût. Au contraire ! C'est juste une autre façon de cuisiner. Par exemple, j'utilise beaucoup de bouillon (pour les plats mijotés, les pâtes, les risotti, les sauces....), je cuis beaucoup à la vapeur (même et surtout les gâteaux et les légumes, voire la viande) et je propose toujours la sauce à part, sauf pour les plats mijotés qui ne sont pas les plus caloriques, loin s'en faut. Pour ces derniers, je les prépare toujours à l'avance, ils n'en sont que meilleurs, puis je dégraisse en retirant la pellicule de matière graisse figée à la surface. C'est tout aussi bon et bien plus digeste. Mais jamais mes amis ou ma famille n'ont l'impression d'être au régime...


D'après un sondage du Journal des Femmes, vous êtes la star du petit écran et Cyril Lignac arrive troisième, que pensez-vous de sa cuisine ? (PS : Vous êtes formidable !)
Je suis ravie de ce sondage. Peut-être depuis lors, la balance s'est faite entre lui et moi. D'une façon générale, je pense que son travail met la cuisine en lumière et permet à toute une génération de s'y intéresser. J'ai longtemps déploré que la cuisine soit un peu le parent pauvre de la télévision et des médias en général. Grâce à lui et à M6, la cuisine est "à la mode", ce qui est très positif car cette mode a pour vocation de se démoder et de rentrer plus naturellement dans le quotidien de tous. En dehors de cela, il a une approche de la cuisine très anglo-saxonne, très fusionnelle car largement inspirée par Jamie Oliver en Grande Bretagne. Personnellement je suis plus ouverte aux cuisines asiatiques et orientales. Et mon parcours d'autodidacte rend ma cuisine plus "ménagère". Brrr pourtant je n'aime pas ce mot et je me moque des chefs qui l'emploient. Comme quoi... Je lance un défi pour en trouver un autre.


Vous faites cuire les gâteaux à la vapeur ?
Pour le gâteau à la vapeur, je vous conseille de lire le livre (!) C'est très simple, vous pouvez même peut-être la retenir en le feuilletant dans une librairie sans avoir besoin de l'acheter (rires).


Quels sont selon vous les aliments que l'on devrait toujours avoir dans son frigo ou ses placards pour une alimentation équilibrée ?
Oserais-je vous dire que rien n'est interdit, donc rien n'est obligatoire non plus. Disons que pour être moins langue de bois, j'ai toujours le minimum pour improviser des repas équilibrés sur le pouce : salade que je lave et épluche à l'avance et mets en sachets, yaourts au soja, légumes frais à cuire à la vapeur ou au micro-ondes, fromages, parmesan (le plus riche en calcium et le plus digeste), thon ou sardines à l'huile (le plein d'Omega 6) et du maquereau au vin blanc pour ceux qui surveillent leur ligne, des œufs, des condiments (anchois, câpres, herbes fraîches...), huiles parfumées, bouillons, vinaigres, chocolat noir... Pour le reste, je l'achète au quotidien (viande, poissons, fruits...). Mais avec ce que je vous ai cité (sans oublier le pain bien sûr, indispensable), on peut survivre très longtemps. J'ai tout de même deux ou trois basiques au congélateur comme des fruits que je mixe à la minute avec un yaourt pour faire un sorbet sans sucre ou des plats mijotés que je congèle moi-même.

Merci à Julie Andrieu, à qui nous laissons le mot de la fin...
J'ai passé un excellent moment avec vous. J'espère que les réponses (écrites au fil de la pensée) sont à peu près cohérentes. Je préfère ne pas me relire pour éviter d'être frustrée de ne pas avoir eu plus de temps pour dialoguer avec vous. A une autre fois... Et d'ici là, continuez de transmettre de l'amour et du plaisir en cuisinant. C'est un langage du cœur, universel, dont il est important de ne pas faire une langue morte...

 

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