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Vous êtes une
spécialiste de la nutrition...
Sylvie Aubonnet-Caupin Oui, mais plus
au niveau global qu'au niveau individuel. Je travaille en collaboration avec
les mairies pour intervenir dans des villes par le biais de conférences
dans les écoles et de formations du personnel (assistantes maternelles,
infirmières scolaires, animateurs sportifs et de centres aérés,
parents d'élèves...). Ceci pour sensibiliser les gens sur la
question de la nutrition.
Votre ouvrage permet
de cuisiner vite des plats équilibrés ?
Oui. Ma méthode, c'est celle de la tradition revisitée. Il
y a 30 ans, on passait 2h00 par jour aux fourneaux. Aujourd'hui, seulement
30 minutes. L'idée n'est pas de revenir à ces 2h00, mais de
repenser sa manière de préparer les repas et de repenser son
aménagement du temps : par exemple, on voit certains enfants
qui dès 3 ans font de la gym pour bébés. Est-ce vraiment
indispensable ? Ne peut-on pas plutôt passer ce temps à
jouer avec son enfant, en préparant avec lui un bon repas ?
Avez-vous une recette
préférée dans votre ouvrage ?
Oui, le cocktail orange-framboise aux brochettes de fruits, recette dans
laquelle je mixe les fruits avec du sirop de sucre de canne. Avec des fraises,
des guimauves et des kiwis, vous avez une boisson qui plaît aux enfants,
et avec ou sans fruits, une boisson qui fait office d'apéritif non
alcoolisé pour les enfants et les personnes qui conduisent après.
Vous pensez que l'on
peut cuisiner avec de très petits enfants ?
Oui ! Je milite pour que les enfants découvrent la cuisine. Cela leur
donne envie de se régaler avec ce qu'ils ont préparé.
Et on peut le faire avec un enfant de 2 ans sans problème, en
adaptant bien sûr les tâches qu'il accomplit à son âge
(goûter, mélanger...)
Mais comment faire
pour que les enfants mangent de tout ?
J'ai voulu faire un ouvrage ludique et pédagogique à la fois.
Le ludique permet aux enfants de découvrir de nouvelles choses. Par
exemple, on sait qu'ils aiment la couleur, et que la saveur sucrée
est la première qu'ils aiment. Donc, je propose dans mon ouvrage des
salades dans lesquelles j'incorpore des fruits. Ce n'est pas long à
préparer, et ça plaît. Il y a un truc à retenir
pour être sûr de manger varié, c'est de regarder son assiette
: plus elle est colorée, plus elle est variée. Ensuite, je
joue beaucoup avec les moutardes et les huiles aromatisées. J'aime
aussi proposer quelques herbes, mais il faut savoir que les enfants en général
n'en sont pas très friands. Donc, si par exemple vous faites un steak
tartare, proposez une sauce que tout le monde aime, puis les différents
condiments à part. Comme ça, chacun se sert à son goût.
Comment faites-vous
pour imaginer vos recettes ?
Je regarde ce qui se trouve dans mon réfrigérateur et j'essaie
de m'imaginer ce que donnent les aliments une fois réunis : avec 3
tomates, des oeufs, du maïs et une boîte de thon, vous obtenez
ainsi une délicieuse salade !
| "Il faut proposer
un nouvel aliment 6 à 8 fois à un enfant avant qu'il ne l'apprivoise" |
Et si l'enfant n'aime
pas le légume proposé ?
Souvent, quand on propose un légume ou un aliment nouveau à
un enfant, on essaie une, deux voire trois fois, et puis on "décide"
qu'il n'aime pas si ces trois fois il n'en a pas voulu. Or il faut savoir
que pour que l'enfant apprivoise un légume, il faut lui présenter
parfois 6 à 8 fois ! Alors il faut persévérer.
Car même s'il n'en mange pas, il voit ses parents se régaler
de ce nouvel aliment, et cela le marque de toute façon. Quand l'enfant
devient ado, il se peut qu'il délaisse une alimentation variée
pour se tourner vers les pizzas et autres hamburgers. Mais cela peut être
une façon pour lui de se démarquer des parents. Une fois l'adolescence
passée, il retrouve les bonnes habitudes données par les parents.
Quand on est une femmes
pressée, avec un travail et des enfants, ce n'est pas évident
d'avoir du temps pour cuisiner...
Quand elle rentre de son travail, la femme doit pouvoir se détendre.
Pour moi, c'est une vraie détente que d'éplucher quelques carottes
et de composer une jolie salade. Mais peut-être pas pour d'autres mamans,
qui préfèrent par exemple lire une histoire avec leur enfant,
jouer avec eux... Je préconise l'utilisation du congélateur.
Achetez les légumes déjà épluchés et coupés,
cela représente un bon gain de temps. Par contre, méfiez-vous
des plats cuisinés surgelés, qui contiennent beaucoup de gras,
c'est-à-dire de lipides. Un truc pour cuisiner moins gras : préférez
ajouter vous-même la matière grasse à vos plats, en utilisant
des légumes surgelés mais non cuisinés. Comme ça,
vous maîtrisez la quantités. Et considérez plutôt
les palets de légumes cuisinés comme des friandises qui accompagnent
parfois seulement le repas. Il faut aussi savoir lire les étiquettes
: si vous achetez des plats cuisinés, préférez les graisses
insaturées aux saturées qui créent l'excès de
cholestérol. Un autre conseil : cuisinez le week-end et
congelez, vous gagnez du temps la semaine. Par exemple, préparez plusieurs
sortes de soupes pour les enfants en bas âge, et congelez en portions.
Le soir, tout devient alors plus pratique. Et vous évitez ainsi de
leur donner les petits pots touts prêts nettement moins bons !
Pour autant,
vous dites qu'il ne faut pas diaboliser les aliments ?
Tout à fait. D'ailleurs, j'achète parfois du cola. Mais cela
reste tout à fait occasionnel, réservé pour les petites
fêtes par exemple. L'interdiction crée la frustration, et cette
frustration, elle, est mauvaise.
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