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Guy Savoy

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"Recevoir une étoile Michelin, c'est comme décrocher un titre Olympique"
Le grand chef Guy Savoy nous raconte son parcours :  de la buvette que tenait sa maman à sa troisième étoile Michelin en passant par son séjour chez les frères Troisgros. (Février 2004)

Votre mère tenait une buvette municipale en Isère. Parlez-nous de votre enfance…
Guy Savoy Mes parents avaient un travail municipal de couple à Bourgoin-Jallieu. Mon père, jardinier, travaillait dans le jardin de la ville et ma mère y tenait la buvette. C'était un lieu champêtre où les familles se retrouvaient le week-end pour boire des limonades et de la bière et jouer sur le terrain de boules. Et puis un jour, les gens ont demandé s'il serait possible de "casser la croûte". Alors ma mère a préparé des assiettes de charcuterie, des omelettes, des salades… Petit à petit, ce qui était d'abord une buvette municipale est devenue un grand restaurant.

Comment s'est passé votre apprentissage chez les frères Troisgros ?
J'ai eu beaucoup de chance de démarrer chez les frères Troisgros. J'ai découvert un autre monde, je suis passé de la cuisine familiale de qualité à la cuisine des grands professionnels. Avant, je n'avais jamais vu de homard, jamais vu de truffe, de foie gras ou de turbot… D'un coup, j'ai été immergé dans la gastronomie exceptionnelle de haut niveau. Ensuite, je suis monté à Paris pour continuer mon apprentissage dans d'autres grands restaurants.

Vous avez reçu votre troisième étoile Michelin en 2002, qu'est-ce que cela représente pour vous ?
C'est comme pour un sportif qui après des années de travail décroche un titre Olympique. C'est une grande joie, le sentiment d'un aboutissement, il n'y a pas de récompense plus haute. Actuellement, j'ai une pensée pour les trois cuisiniers qui viennent d'obtenir leur troisième étoile Michelin, c'est un moment intense.

Pourquoi dites-vous de votre restaurant que c'est "l'auberge du 21ème siècle" ?
C'est un restaurant trois étoiles, mais il n'y a pas de grosses tentures, ni de chaises capitonnées… C'est un lieu très contemporain par sa décoration avec une ambiance de bonhomie et de convivialité. Chez moi, la modernité n'est pas synonyme de froideur. Comme pour une auberge, je veux que ce soit un lieu de vie et de rencontres.

Vous considérez la décoration d'un restaurant aussi importante que la cuisine qu'on y sert ?
Oui, le décor est important. On ne peut pas boire un grand bordeaux dans un verre à moutarde, ou manger du homard dans une assiette en carton. Je n'ai rien contre les assiettes en carton mais je les réserve aux pique-nique ! Dans un restaurant tout doit être harmonie, il y a une certaine mise en scène. Par exemple, dans mon restaurant, les beurriers ont été faits par une artiste et les salières et poivrières par un autre artiste. Je recherche la rareté et la beauté.

Comment se compose votre quotidien ?
Le matin, j'arrive au restaurant à 9h, je passe en salle où je regarde le plan des réservations, puis je vais en cuisine où je fais une mise au point avec les seconds. Je monte à mon bureau regarder le courrier, puis je redescends en cuisine où il y un dernier briefing avec tout le personnel à 11h30. De 12h30 à 16h en moyenne, c'est le service du midi. Puis, suivant le cas, il m'arrive de passer un peu de temps à certaines tables. Ensuite je repasse à mon bureau ou alors, je vais faire une heure de sport : du kung-fu, du vélo ou de la marche. Enfin, le soir je reviens vers 18h30 et c'est reparti pour le service du soir.

Un plat que vous avez créé dernièrement…
Il y a le "tout veau" qui comprend dans une même assiette plusieurs morceaux de veaux, cuits de manières différentes, avec lesquels sont associés différents légumes : un jarret de veau au navet, un filet de veau fourré aux échalotes, un rognon de veau poêlé avec une purée de pomme de terre à la moutarde, un ris de veau pané avec de la truffe et un croustillant de pied et de langue de veau accompagné de champignons.

Une de vos recettes préférées…
Toutes. Nous vivons dans une époque d'abondance, il n'y a pas de raison de se limiter.

Votre restaurant préféré, à part le vôtre bien sûr...
En fait tout dépend du moment. J'aime autant aller prendre un couscous avenue de Wagram avec des copains, que manger une fondue savoyarde dans un restaurant à 2000 mètres d'altitude, ou encore passer quatre heures à table avec des confrères lors d'un repas gastronomique.

Site de Guy Savoy

Vous avez un superbe site Internet. Avez-vous participé à sa réalisation ?
Pas techniquement. J'ai fait appel à des professionnels, mais c'est moi qui ai fourni la matière. Nous l'avons créé en 2001 et nous l'avons déjà modifié trois fois. Nous allons encore apporter quelques modifications pour le dynamiser, pour qu'il soit plus performant et moins statique.

Propos recueillis par Emilie Godineau


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