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Pâtissier
"Je fais de la pâtisserie classique, plus
légère et moins sucrée"
Stéphane Secco,
ex-chef pâtissier du groupe Costes, a repris la boulangerie de
Jean-Luc Poujauran dans le VIIème arrondissement de Paris.
Il y a ajouté une section pâtisserie. (Décembre 2004)
D'où vous vient la passion de la pâtisserie
?
Stéphane Secco Je ne sais pas. Mes parents n'étaient pas
particulièrement de grands cuisiniers, on n'avait pas l'habitude non plus
des gâteaux du dimanche. Mais la passion de la cuisine m'est venue très
tôt, vers l'âge de 8-10 ans. Effrayé par les horaires de la restauration,
j'ai préféré me diriger vers la pâtisserie.
Comment s'est passé votre apprentissage
?
A 16 ans, j'ai suivi un apprentissage classique dans le Val-de-Marne.
Mon école se trouvait à Vincennes et je travaillais dans une petite boulangerie
de quartier à Choisy-le-Roi. J'ai ensuite été à l'école hôtelière Jean
Drouant à Paris, j'a travaillé dans de grands restaurant comme le Relais
d'Auteuil. Et puis, je suis revenu à la pâtisserie, notamment chez
M. Naviliat qui tenait deux belles boutiques où l'on faisait des petits
gâteaux, des viennoiseries, mais aussi des chocolats, des glaces… Comme
je n'avais pas beaucoup d'argent, je logeais dans un vieil hôtel à Butry,
au bord de l'Oise. Vous savez, ces petits hôtels dont les terrasses sont
pleines par beau temps. M. Boulanger, le propriétaire, m'a parlé de Christian
Constant, chocolatier de renom qui avait fait des extra dans son hôtel
20 ans plus tôt. Je me suis alors présenté chez lui, il m'a engagé et
j'y ai travaillé durant quatre ans. Je dois beaucoup à Christian Constant. Chez lui,
j'ai continué à apprendre la pâtisserie de qualité à grande échelle :
nous livrions des musées, des ministères, l'Elysée pour la Garden party…
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Stéphane Secco dans sa pâtisserie, du 7ème arrondissment de Paris
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Comment définiriez-vous vos pâtisseries ?
J'essaie d'offrir une pâtisserie cohérente avec le pain. Je fais une pâtisserie
assez classique dans l'appellation (éclairs, macarons, Paris-Brest, millefeuilles…)
que je révise un peu au niveau de la forme et du goût. Par exemple, j'aime
bien faire des tartes au citron en forme de barquette, style années 70,
j'essaie aussi des texture plus légères, moins sucrées et moins crémeuses.
Sinon, je suis assez mono-produit, ma tarte au citron, c'est citron-citron.
Quels sont vos pâtisseries préférées ?
En automne, je propose une tarte au chocolat qui marche très bien. Il
s'agit d'une pâte sucré au cacao avec de la ganache crémeuse à l'intérieur.
Ca n'est pas un flan chocolat, ça se rapproche plus d'un bonbon chocolat.
Pour plaire à la clientèle anglo-saxonne du quartier, je propose un cheese-cake
mais revisité avec du fromage blanc à 0% parfumé au citron vert et à la vanille.
Votre offre de pâtisserie varie-t-elle
souvent ?
Je propose une dizaine de pâtisseries, dont 4 ou 5 produits phares, comme
la barquette au citron, la tarte au chocolat et le cheese-cake. L'offre
dépend de la saison. Par exemple là, j'ai arrêté les tartes aux fruits
des bois et je viens de commencer le Paris-Brest.
Vous avez aussi travaillé six ans pour
le groupe Costes. Comment cela s'est-il passé ?
C'est un autre concours de circonstances. Au début des années 90,
les Costes ne faisaient que du bistrot et cherchaient à développer quelque
chose de plus resto, de plus "smart". Ils ont passé des commandes aux chefs
Guy Savoy et Christian Constant. Quand ils ont ouvert le café Marly en
1993, j'ai réussi à y placer un de mes anciens pâtissiers, Sébastien.
Et quand celui-ci est parti au bout de deux ans, je me suis dit pourquoi
pas, et j'ai intégré le groupe Costes. J'ai commencé avec un seul pâtissier
et une petite camionnette de livraison, mais j'ai eu la chance d'arriver
au bon moment, quand le groupe était en plein développement.
J'ai soumis un projet de laboratoire pâtisserie, qui a ouvert en 1996
au Café de la Musique. Celui-ci servait à approvisionner en pâtisserie
tous les cafés du groupe. Ça a tellement bien marché que quelques années
après nous déménagions le labo pour un 800 m² dans le 16ème, place de
la Bourse, il y avait alors 20 pâtissiers !
Quand avez-vous quitté le groupe Costes
et pourquoi ?
Je suis parti en août 2003 pour avoir mon propre fonds de commerce. J'ai repris la boulangerie de Jean-Luc Poujauran, dans le VIIème arrondissement.
Une boulangerie un peu bonbonnière avec sa peinture rose, un peu rustique
avec son sol en tomette et son four, réputé pour ses pains traditionnels
: pain de campagne, au levain… En plus de continuer l'activité boulangerie,
nous avons lancé depuis quatre mois une section pâtisserie.
Quels sont vos projets ?
Poursuivre et faire évoluer notre belle adresse gourmande.
Tout en restant ouvert aux propositions qui peuvent se présenter, mais
je ne suis pas pour la duplication des magasins.
Et avoir un site Internet, vous y avez
pensé ?
Oui, mais pour l'instant je n'ai pas le temps. Si je le fais je veux
quelque chose de bien et pour l'instant, j'ai 50 priorités avant
de penser à ça...
Propos
recueillis par Emilie Godineau
Boulangerie-Pâtisserie
Stéphane Secco
20 rue Jean Nicot - 75007 Paris
Tél : 01 43 17 35 20
Ouvert du mardi au samedi de 8h30 à 20h30
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