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Interview

Georges Delettrez  : "Aux enchères, il y a une ambiance comme nulle part ailleurs"

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaiterait participer à une vente aux enchères mais qui n'oserait pas ? Georges Delettrez Il ne faut pas avoir peur. Avant chaque vente, les objets sont exposés et les commissaires-priseurs sont là pour répondre à toutes les questions. Lors de la vente, c'est simple, il suffit de lever la main, de ne pas s'emballer. Participer à une vente aux enchères, c'est une expérience fantastique, il y a une ambiance qu'on ne trouve nulle part ailleurs.

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SOMMAIRE
EN SAVOIR PLUS

Vous-même, vous êtes amateurs de quel type d'art ?
Je suis spécialisé en bijouterie, joaillerie et pierres précieuses. J'aime aussi beaucoup le mobilier du XVIIIème siècle, un siècle très riche dans ce domaine en France. Mais vous savez, quand vous êtes commissaire-priseur, vous aimez tout.

Qu'est-ce qui marche le plus en ce moment ?
La demande des acheteurs est très variée : art déco, bijoux, tableaux, mobiliers anciens… A Drouot, il y a un véritable brassage de population, cela va de la concierge du coin qui vient acheter des bibelots, au collectionneur milliardaires. Dans une salle de vente, le même jour, il peut être vendu des objets de 10 euros à 1 million d'euros. En fait, ce qui marche, ce sont les objets de belle qualité.

Présentez-nous en quelques mots votre quotidien…
J'ai de nombreux rendez-vous avec des personnes qui souhaitent vendre un ou plusieurs objets aux enchères. Je les rencontre chez eux ou à l'étude pour faire une estimation. Ma société, Gros & Delettrez, est spécialisée dans les bijoux, l'orientalisme, les arts premiers et bien sûr les mobiliers et tableaux anciens. Le reste du temps, je suis à Drouot pour faire les ventes aux enchères. J'en organise environ 50 à 60 par an, soit un peu plus d'une par semaine.

Dans votre métier, qu'est-ce qui vous plait le plus et qu'est-ce qui vous plait le moins ?
Il n'y a rien qui me plait "moins". C'est un métier extraordinaire, très enrichissant au niveau humain. Je rencontre des personnes de toutes les classes sociales. Je ne vois pas le temps passer. Ce qui me plait, c'est la relation avec les clients et la découverte de l'objet. Le métier de commissaire-priseur a plusieurs facettes : psychologue, homme de confiance, les gens se confient, racontent l'histoire de l'objet. Et puis, un commissaire-priseur c'est aussi un chef d'entreprise : moi, je gère 15 employés et j'aime ça.

Et comment devient-on commissaire-priseur ?
Tout d'abord, il faut être au moins titulaire d'une licence de Droit et d'un DEUG d'Histoire de l'Art. Ensuite, il faut passer un concours qui donne accès à un stage de deux ans dans une étude de commissaire-priseur. Chaque année, il y a 80 à 100 candidats et 10 à 15 % sont retenus. Au cours des deux ans de stage, les futurs commissaires-priseurs reçoivent un enseignement artistique et juridique. A la fin des deux années, ils passent un examen pour obtenir le diplôme de commissaire-priseur. A ce moment-là, il ne leur reste plus qu'à trouver une étude. Deux possibilité s'offrent à eux. Soit ils créent, rachètent ou s'associent dans une société de ventes volontaires (agréée par le Conseil de ventes volontaires), soit ils rachètent ou s'associent dans une société de ventes judiciaires (agréée par le garde des sceaux).

Comment se porte le marché de l'art actuellement ?
Le marché de l'art se porte très bien. Les particuliers s'intéressent de plus en plus à l'art et aux ventes aux enchères. Chez Drouot il y a en moyenne, 5 000 visiteurs par jour.


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