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Déco
Mai 2006
Nos conseils pour repérer les contrefaçons
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Chiner, c'est aussi repérer la bonne de la mauvaise affaire, faire la différence entre la copie et l'original. Bref évaluer l'authenticité d'un objet. Voici les conseils d'experts pour vous aider dans cette aventure. |
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Miroirs Régence, lustres en cristal, vasques de jardin en fonte, moulins à café… Le palmarès des objets anciens les plus copiés est impressionnant. Comment repérer une contrefaçon (copie réalisée dans l'intention frauduleuse de passer pour un original existant), identifier un objet en ivoire ou encore dénicher de vraies casseroles en cuivre ? Pour s'y retrouver, nous avons fait appel à des experts, maîtres d'art et brocanteurs.
L'émail d'hier et d'aujourd'hui
A travers les époques La production des ustensiles de cuisine émaillés démarre avec succès en 1850. Avec les années et les progrès techniques, les formes s'enrichissent et les styles se diversifient. Peints à la main puis lithographiés, les motifs évoluent et s'adaptent en fonction des courants artistiques : Art déco, petits damiers dans les années 1940, motif "persil" (fleurettes bleues stylisées) pendant l'entre-deux guerres…
Authentifier une pièce ancienne
Aujourd'hui, la production d'objets émaillée revient à la mode, rendant encore un peu pus difficile l'authentification d'une pièce ancienne pour un particulier. Nadine Monceau, antiquaire, nous éclaire : "les ustensiles émaillés d'aujourd'hui sont réalisés avec de l'émail à froid, du coup les pièces ont moins d'éclat et ressemblent plus à de la peinture. Les objets actuels ont un trait plus grossier, et l'empâtement est visible".
Le cuivre et l'étain fortement touchés par les faux
Astuce pour chineurs néophytes Devant ce genre d'objet, posez-vous les bonnes questions : la patine est-elle homogène ? Les traces d'usure semblent-elles avoir été dissimulées ? L'épaisseur et le poids s'amenuisent avec le temps, est-ce ici le cas ?
Autre astuce pour tous les chineurs néophytes, dévoilée par
Etienne Dullin, spécialiste du cuivre : "Pour détecter le vrai du faux, approchez un aimant de l'objet et s'il adhère, la pièce est fausse. Il s'agit d'acier recouvert de cuivre. Si vous le pouvez vous pouvez également gratter l'objet avec une pièce de monnaie, si une couleur rouge apparaît au centre de l'égratignure, vous êtes sur la bonne voie !"
Une réglementation stricte
En ce qui concerne l'étain, la réglementation est claire : les objets poinçonnés sont composés de 95 % d'étain. Mais faites attention, la majorité des objets chinés dits en étain sont en plomb. Autre point de repère : le plomb est légèrement plus lourd et la patine plus mate.
La céramique authentique très difficile à trouver
Différencier une céramique ancienne qu'une copie relève de l'expertise professionnelle, pourtant quelques indices ne vous trahiront pas. Vérifiez la fluidité du dessin : le faussaire aura un tracé plus raide, alors que la peinture originale aura le trait libre sans contrainte. Attardez-vous sur la texture de la décoration : le rouge grand feu utilisé, entre autres par les céramistes de Rouen, présente un léger relief en surface. Enfin les chineurs avertis savent que les moulages sont généralement associés à une manufacture de faïence. Vous n'avez plus qu'à vous documenter sur les différentes formes d'assiettes et de vous munir d'une vraie pièce lors de vos balades.
L'ivoire, largement supplantée par le celluloïd
Souvent copié, jamais égalé Ce matériau interdit à l'importation depuis 1989, continue de fasciner les foules. Avec sa surfaces lisses et brillantes, son coloris blanc crémeux, l'ivoire a maintes fois été copié mais jamais égalé. Au début du XIXe siècle, les matières composites imitant l'ivoire, comme le celluloïd font leur apparition : une farandole de petits objets déferle alors dans les intérieurs dont les couteaux à manche imitation ivoire. Autre matériau concurrent mais cette fois-ci naturel : l'os. Une alternative intéressante largement utilisée au début du siècle.
Alors, méfiez-vous, car ce qui est présenté comme de l'ivoire, n'en est pas toujours !
Les indications de l'expert
Pour se repérer parmi ce flot d'objets, Francis Migeon maître d'art et restaurateur dans la région parisienne nous donne quelques points de repères : "Les matériaux synthétiques sont réellement plus légers que l'ivoire, leur fentes transversales ne suivent pas le sens de la veine et des petites bulles en surfaces ou une trace de moulage vous confortera dans votre expertise de faux". Un dernier conseil : "si vous tombez sur une pièce ancienne en ivoire et qu'elle est cassée, évitez de le recoller vous-même car sa restauration par un professionnel n'en sera que plus difficile".
Quoi qu'il en soit, avant tout achat, demandez une facture détaillée et un certificat. Mieux encore, demandez l'avis d'un expert ou d'un antiquaire. L'expert procèdera à une expertise minutieuse de l'objet et vous délivera un certificat d'authenticité : sa responsabilité civile est engagée pour trente ans. Tranquillité assurée !
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