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Temoignage
14/11/2007
Gilles : "Une lampe est un objet utile en même temps qu'esthétique"
Depuis quand vous intéressez-vous à la décoration ? Qu'est-ce que la décoration, sinon l'envie de pousser l'aménagement jusqu'à le rendre agréable et joli en même temps que fonctionnel ? Si l'on s'en tient à cette définition, disons que Garbage s'intéresse à la décoration... depuis l'âge où les enfants jouent à construire des cabanes ou ré-agencer leur chambre chaque dimanche de pluie. Le reste est affaire de goût, d'imagination puis de savoir-faire. Les techniques s'acquièrent et se travaillent, les idées beaucoup moins. Est-ce un métier, un hobby, une passion, un passe-temps ? Garbage est issu d'une famille d'expatriés permanents, pour qui la déco était d'abord une manière d'adoucir installations de fortune et multiples déménagements. C'est la véritable origine de sa démarche. Puis c'est devenu une habitude, une tradition familiale, un état d'esprit permanent et finalement une passion toute personnelle. La première exposition publique relevait de l'aimable plaisanterie. Un jour Garbage s'est installé dans la vitrine d'une copine antiquaire, juste histoire de rigoler. Mais ses passoires à nouilles sur des meubles de haute époque ont fait un tel tabac qu'il a décidé de continuer jusqu'à en faire son métier. Cette incongruité fait du reste encore une bonne part du succès de ses créations. Comment vous êtes-vous intéressé à la récup' ? La récup, dans le contexte d'origine, s'imposait comme une
évidence. Mobilier avec des caisses d'emballage, lampadaires avec des instruments
de ménage, sculptures avec du verre vide... Garbage a simplement cultivé cette
absence de racines et ce don d'improvisation. C'est pure coïncidence
s'il se trouve aujourd'hui être "dans l'air du temps".
Pouvez-vous présenter Garbage en quelques mots ? Garbage, en tant que "label", entend proposer non seulement
des luminaires mais des accessoires de décoration et du petit mobilier d'ambiance.
La production, qu'il s'agisse de semi-séries ou de pièces uniques, restera
artisanale. Le parti pris du réemploi de matériel et d'objets d'occasion garantit
cette unicité même dans le cas de montages récurrents. On peut dire que les
créations Garbage se déclinent dorénavant en quatre lignes : les "basics"
(fabrications originales assez simples et reproductibles), les "classics"
(montages plus élaborés à partir d'une demi-douzaine de concepts), les "unics"
(compositions thématiques à exemplaire unique) et les "collectors" (productions
exceptionnelles alliant objets rares et montages complexes ou bien véritables
sculptures ou créations personnalisées). Vous créez des lampes insolites et originales, pourquoi des lampes en particulier ? Tous les murs du monde se doivent de supporter au moins
un cadre. Mais qu'il s'agisse de l'almanach des postes, de la tenture rapportée
de Bali ou d'une toile acquise à prix d'or, qui regarde encore vraiment ce
qu'il a accroché au mur ? Passé l'effet de nouveauté, la plupart d'entre nous
passe quotidiennement devant sans plus y accorder la moindre attention. Une
lampe, belle ou drolatique, reste un objet utile en même temps qu'esthétique.
Elle contribue directement à l'atmosphère d'un intérieur, s'allume et s'éteint
chaque jour, entre dans la vie des gens qu'elle éclaire.
Comment définiriez-vous votre démarche artistique ? La démarche artistique de Garbage, si "art" il y a, consiste avant tout à pratiquer une espèce de surréalisme spontané, assaisonné d'une petite sauce poétique ou bien d'une bonne dose d'humour grinçant, selon l'humeur. Quelles sont les différentes étapes de vos créations ? Garbage adhère totalement à la définition selon laquelle
"Le génie, c'est dix pour cent d'inspiration et quatre-vingt-dix pour cent
de travail"... En termes de design, l'idée d'un modèle jaillit le plus souvent
toute seule, comme une évidence à l'instant même où l'on découvre un objet
original. La suite est une autre paire de manches, où tout le jeu consiste
à réaliser le projet en lui conservant un aspect simple, à faire en sorte
que les assemblages les plus improbables passent inaperçus. Les étapes d'une
création sont finalement plutôt techniques : choix des éléments, nettoyage,
démontage et restauration des objets, modifications et usinages divers, électrification
et assemblage final.
Quels sont vos projets ? L'année 2008 verra la concrétisation d'une somme de projets auxquels Garbage travaille depuis plusieurs mois pour élargir sa production et son marché : changement de statut juridique, changement d'atelier, réouverture d'une vitrine permanente à Paris, affiliation de son site Internet à un système de paiement à distance, participation accrue à des expositions et salons professionnels, recherche de partenaires pour l'édition d'un guide de fabrication et pour l'édition de modèles dédiés à la production en série. Quelles sont vos astuces déco ? S'agissant de pièces à exemplaire unique ou d'objets toujours différents, Garbage n'a pas véritablement d'astuce sinon... d'avoir toujours de l'astuce. Il n'y a guère de recette immuable, ou bien trois mille, qui ne serviraient qu'une ou deux fois chacune. Il faut à chaque nouvel objet trouver la solution technique la plus discrète et efficace possible. C'est justement ce qui différencie le métier d'un simple hobby. Disons que la "veille technologique" est primordiale. Vos bonnes adresses ? Les magasins Emmaüs
et les recycleries écolo pour le tout-venant, brocantes et vide-greniers pour
les trésors à quatre sous... Quel qu'il soit, le "bon coin" se trouve assurément
à plus de 100 km de la capitale, de préférence à l'écart des zones touristiques
et des grands axes de circulation.
En savoir plus www.garbage-vpot.com Vous aussi, vous êtes
un as de la récup' ? Témoignez
et montrez-nous vos créations
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