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Sous le soleil ardent du sud, Martine a transformé un petit terrain aride en un jardin-potager exubérant...
(mai 2004)
Tous les matins de l'année, je fais le tour de mon petit royaume, ma tasse de thé à la main. J'ai 54 ans, et quand je n'aide pas mon mari, artisan, je pratique un autre genre d'art en m'occupant du jardin, qui est mon domaine exclusif.
Lorsque nous avons acheté notre maison à Marseille, il y a 28 ans, le sol n'était qu'un désert de cailloux. Mais, à force d'amendements et de plantations judicieuses, j'ai réussi à fleurir cette terre plutôt ingrate ! Le terrain est tout en longueur : il fait environ 50 mètres sur 7. Nous l'avons divisé en deux parties, l'agrément et le potager, séparées par un petit dénivelé de rocaille.
Mes deux grands enfants, Isabelle (28 ans) et Julien (25 ans) y ont chacun planté leur arbre, un amandier et un noisetier. Quant au petit dernier, Loïc (13 mois), il n'a pour l'instant qu'une fascination : les poissons rouges et la carpe qui nagent dans le bassin de rétention des eaux de pluie !
Le climat méditerranéen est rude et la plus belle saison, c'est le printemps. L'eau est rare et chère dès le début de l'été, je m'organise donc pour avoir un beau jardin dès le début de mars. La floraison s'étale pratiquement sur toute l'année. Elle commence par un magnifique mimosa, puis continue avec les bulbes de printemps : jacinthes, tulipes, scilles, jonquilles, primevères…
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Je profite de ma tournée quotidienne pour repérer les arbustes à tailler, les fleurs nouvelles, les mauvaises herbes à éliminer, les maladies à traiter, ou les nids d'oiseaux.
Car, dans mon jardin, les insectes et les oiseaux sont rois, et j'ai tâché de transmettre à mes enfants l'amour et le respect de la nature. Je refuse de traiter mon jardin avec des pesticides ou des engrais à outrance, parce que je veux laisser une chance à chacun des acteurs du cycle de la nature de faire son oeuvre... 
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