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Témoignage
20/04/2008
Brigitte : "Le carton ondulé est un support original qui donne au collage une toute autre dimension, un mouvement"
Depuis quand vous intéressez-vous à la décoration ? J'aurais envie de répondre depuis toujours. Choisir, récupérer
des objets, les mettre en situation... c'est s'approprier son espace de vie,
être créatif. Je réalise des collages depuis 1992, c'est une manière
de laisser couler mon énergie vitale, de transformer mes ressentis du moment
en œuvre unique. Des morceaux sont déchirés puis rassemblés afin de composer
une fiction originale qui n'appartient qu'à moi. Rien ne se perd, rien ne
se crée, tout se transforme… Et exposer, c'est aussi partager. Est-ce un métier, un hobby, une passion, un passe-temps ? C'est devenu une activité professionnelle à part entière
dès lors que je ne pouvais plus garder pour moi ce qui me faisait tant de
bien. Quand j'anime des ateliers, le moment que je préfère est celui où chacun
découvre ce qu'il a créé. Je partage ce plaisir de voir des morceaux
de papier raconter une fiction unique et je continue à créer pour moi-même
avec passion, fascinée de voir comment les images peuvent transformer la réalité. Comment vous êtes-vous intéressée au collage sur carton ondulé ? Pourquoi cette technique en particulier ? Parallèlement à mon activité professionnelle d'éducatrice
spécialisée, j'ai réalisé un travail thérapeutique qui m'a conduit à animer
moi-même des groupes. J'ai cherché des supports pour favoriser l'expression
des émotions, ce qui m'a conduit au travail sur la respiration, puis un peu
par hasard au collage. Progressivement, j'ai mis en place des ateliers, des
formations, j'ai fait des expositions de mes œuvres... Qu'est-ce que cela vous apporte en quelques mots ? On perd de vue l'image quand on la colle. Si l'on accepte de se laisser porter par l'élan créateur qui va associer couleurs et formes sans composer quoique ce soit de prévisible, l'inconscient va s'introduire et livrer son message. Moins c'est construit, plus c'est "parlant". Partager avec d'autres ce plaisir de voir des morceaux de papier raconter une histoire ajoute à ma joie de créer. J'ai animé entre autres pendant six ans des ateliers en milieu carcéral adulte masculin : la violence, la peur, la solitude s'exprimaient alors.
Comment définiriez-vous votre démarche artistique ? Je figure dans la Bible de l'art singulier, inclassable
et insolite (2007). Ces trois mots définissent bien ma démarche. Pouvez-vous me présenter votre activité (actualité, expositions…) ? Je propose des ateliers collectifs dans différentes structures
: accompagnement de professionnels autour du "mieux vivre ensemble",
groupes d'alphabétisation dans un centre social… La créativité sert de support
quand les mots font défaut ou obstacle, pour laisser émerger l'acceptation
de soi, l'envie d'un mieux être. Je suis aussi médiatrice en créativité à
travers ma société Trèflerèle,
anagramme de reflet et de réel. Actuellement, je prépare une exposition personnelle
dans une petite galerie de l'île St Louis à Paris et j'ai aussi participé,
le 5 avril dernier, au Printemps des Artistes à Vieille Eglise (78). Quelles sont les différentes étapes de vos créations ? Je récolte des magazines les plus variés possible, la qualité
du papier est importante. J'ai toujours des supports de prêts pour pouvoir
créer au moment où l'envie est là. J'ai, dans mon studio, un coin prévu pour
réaliser mes collages. Quelle que soit sa taille, je fais un collage en une
seule fois, les morceaux ne sont pas découpés à l'avance et ce que je n'ai
pas collé, je le jette. Ce qui attire mon regard est pour l'ici et maintenant.
Dans les ateliers, il y a plusieurs étapes : expression sur des photo-langage,
jeux de mots, découpage, collage, échanges en groupe et exposition. Où trouvez-vous vos idées, votre inspiration ? Dans les magazines féminins, de décoration, d'architecture... les images sont riches en couleur, textures, expression des visages et des corps. Quels sont vos projets ? J'aimerais proposer des ateliers pour adultes hommes dans
une maison de quartier ou des centres d'accueil. L'expérience en milieu carcéral
avait donné des résultats surprenants. Vos astuces déco ? Pour mes collages, j'utilise majoritairement la récupération (magazines, planches). Les cadres sont dénichés aux puces ou dans les poubelles ! Le carton ondulé étant de moins en moins utilisé pour les emballages, je l'achète en gros. Vos bonnes adresses ? Le spécialiste de l'emballage : Raja. Pour la colle, je vais chez Castorama ou Leroy Merlin plutôt que dans les magasins de décoration qui sont beaucoup plus chers !
ZOOM SUR UNE CREATION : "LA DANSE"
» Etape 1 : Tout d'abord, il faut coller le carton ondulé sur une planche au format choisi. » Etape 2 : Regrouper un maximum de magazines pour avoir sous la main un nombre important d'images, de formes, de couleurs... » Etape 3 : Les morceaux déchirés ou découpés dans les magazines sont ensuite collés. Le premier pourra être mis n'importe où, mais le suivant sera forcément à côté par association de forme ou de couleur et ainsi de suite... Certains morceaux feront les angles. Pour cette création, le premier morceau a été le couple en haut à gauche, le dernier la petite danseuse avec la tête penchée. » Etape 5 : Il y a bien sûr une technique pour coller dans les creux... apprise dans les ateliers ! » Etape 5 : Je donne un titre à la fin quand je regarde ce qu'il est advenu.
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