Dossier
04/12/2006
Le psychanalyste vous aide à mieux vous connaître
On ne s'improvise pas psychanalyste Il n'existe pas de diplôme d'état reconnu ou de cursus universitaire pour devenir psychanalyste. Pour autant, n'est pas psychanalyste qui veut ! En effet, pour exercer cette discipline, il convient d'avoir soi-même suivi une psychanalyse personnelle pendant plusieurs années. Autre condition pour prétendre au titre : compléter son analyse par une formation théorique sur la psychanalyse freudienne et post-freudienne, dispensée par des écoles et autres associations psychanalytiques. C'est seulement après une dizaine d'années de travail que l'on peut se proclamer psychanalyste et s'affilier à un courant (freudien, lacanien, jungien). Pour les curieux Si vous êtes dépressive, si vous souhaitez résoudre un problème ponctuel et particulier, passez votre chemin. Car la psychanalyse n'est pas, à la base, prévue pour guérir. En revanche, si vous avez envie de réfléchir sur vous, sur votre passé pour comprendre ce que vous vivez ; si vous voulez découvrir en vous les causes profondes de vos souffrances, vous pouvez entamer une psychanalyse. Mais attention, la cure, longue et douloureuse, implique souvent des bouleversements chez l'analysant, aussi est-elle déconseillée aux sujets trop fragiles.
A la découverte de son inconscient Au cours des consultations, le patient a la parole. Vous devez raconter librement et spontanément tout ce qui vous passe par la tête. Rêve, souvenir, émotion, pensée, fantasme... servent de point de départ au travail d'introspection. C'est ce qu'on appelle dans le jargon psychanalytique "l'association libre". Et pendant ce temps, que fait l'analyste ? On a tous en tête l'image caricaturale du psychanalyste silencieux, qui ponctue le discours de son patient de "hum hum" réguliers tout en prenant des notes dans son calepin. La réalité n'est pas si éloignée : le psy se doit de rester neutre (sans pour autant être froid et indifférent) pour éviter toute interférence. Il se contente donc de guider votre réflexion, sans jamais vous conseiller. Le but ? Faire remonter en surface des élements enfouis dans votre inconscient. Et ceci est possible grâce au processus de transfert : le patient imagine que le psy détient la vérité qu'il recherche, alors que les réponses sont en lui. Au bout de plusieurs années (quatre, cinq, sept, parfois dix ans selon votre propre cheminement), analyste et analysant décident d'un commun accord de mettre fin à la cure. En pratique Vous pouvez consulter un psychanalyste en cabinet privé ou en centre médico-psychologique (CMP). Une séance dure en générale de 20 minutes à une heure. Les tarifs sont fixés par le psy et le patient lors du premier entretien. Comptez entre 40 et 90 euros la séance, en sachant que vous devrez vous acquitter de toutes les consultations, même celles que vous avez manquées. Les consultations en cabinet privé ne sont pas remboursées par la sécurité sociale.
Alain, 69 ans (Cotentin) "Ma psychanalyse a dénoué les noeuds qui me retenaient prisonniers de moi-même" "Après une vingtaine d'années de mariage, mon couple se désagrégeait. Parents et enfants, nous souffrions de ce climat fait de mésentente et d'incompréhension réciproques. Pourtant, j'étais incapable de quitter ma femme. Peu à peu, cet écartèlement m'a conduit à une dépression masquée. Un ami dentiste à qui je me confiais, suivait depuis longtemps une thérapie analytique et m'a conseillé de consulter. Ma petite amie de l'époque (je trompais ma femme pour me rassurer) m'a fait connaître un psychanalyste ayant parmi sa clientèle quantité de gens du show-biz et de la presse, venus soigner leurs névroses et leurs blessures existentielles. D'obédience jungienne, le psy a consacré la première séance à repérer et évaluer l'importance des différents symptômes. Il commentait prudemment ce que je décrivais de ma personnalité. Nous avons convenu de séances longues (deux heures consécutives chaque semaine) et, pratique rare en France mais courante aux Etats-Unis, il a accepté que je les enregistre. Je possède donc 250 cassettes où, au fil des sept années de cure, on peut suivre la lente et difficultueuse façon dont se dénouèrent les nœuds qui me retenaient prisonnier de moi-même… Entre temps, séduit par la démarche psychanalytique, j'ai entrepris à la fac des études de psychopathologie clinique et de criminologie qui m'ont grandement aidé à comprendre la situation et à m'en préserver. Aujourd'hui, je goûte pleinement une vie sereine et paisible, ayant peu à peu poli ma pierre brute dans cette enrichissante aventure psychanalytique. Ce furent de longs et pénibles efforts, coûteux financièrement et moralement. Mais au bout du tunnel, j'ai enfin trouvé la lumière. Et de l'amour à partager".
Les adresses pour trouver un psychanalyste :
Claire Sassonia, Journal des Femmes
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