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Vos amours

Emmanuelle et son Breton brun : un si bel amour...

Emmanuelle raconte sa plus belle histoire d'amour, la première. Son cœur qui chavire, ses joues qui virent au rose dès qu'elle plonge ses yeux dans son regard : son histoire est pleine de poésie et de romantisme.

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"Le ciel breton était maussade… Fille unique, un peu trop protégée, je me sentais seule et incomprise. Je pestais contre mes parents, pas vraiment disposés à accepter mes humeurs changeantes d'adolescente. Alors mi-furieuse mi-boudeuse, je décidai d'aller me promener sur le port. En approchant de la digue, j'aperçois un blondinet et un grand brun. Le premier me lance un regard et donne un coup de coude à son ami, ils marchent devant moi et mes yeux ne quittent plus les épaules du beau brun. Ils ralentissent et nous échangeons quelques regards furtifs."

"Visiblement, le beau brun est un grand timide, heureusement son ami est plus courageux et il m'aborde pour m'inviter à prendre un verre avec eux sur le port. En sirotant un indien, je n'ai d'yeux que pour le regard couleur océan, la mèche brune qui balaye le front de ce beau Breton. Je pars dans trois jours et déjà je ne peux me résoudre à le quitter. L'après-midi touche à sa fin. Ils me raccompagnent tous les deux jusqu'à ma maison de vacances, nous nous promettons de nous revoir le lendemain. Je m'endors difficilement, j'ai des papillons dans le cœur…"

"Le lendemain nous nous nos retrouvons tous les trois dans un pub et mon beau Breton décide de m'apprendre à jouer au billard : c'est comme au tennis, mon professeur m'entoure de ses bras pour me guider... Je savoure ces moments pendant lesquels nos corps se touchent, je rosis chaque fois que je plonge dans son regard sous prétexte de bien viser la trajectoire qu'il m'indique, je fonds littéralement à chacun de ses sourires, nos timidités s'apprivoisent doucement. J'ai le cœur qui chavire et pourtant je fais ce que je peux pour contenir ces émois… plus que deux jours avant la fin des vacances bretonnes !"

"La dernière journée est un calvaire, je n'ai pas envie de sourire, pas envie de plage, pas envie de mer, bref, les heures passent interminablement sans lui. Après le repas, j'ai obtenu l'autorisation de le rejoindre au pub sur le port… Permission de onze heures, je peste contre la sévérité de mon père, après tout j'ai seize ans ! Je rejoins mon Breton préféré et pour la première fois, nous sommes seuls tous les deux, un peu maladroits, encore timides, troublés de cette intimité. Nous nous promettons de nous revoir, de nous écrire, de ne pas nous oublier. Quand il décide de me raccompagner, il fait déjà nuit et nous marchons dans la lande bretonne. Dans un grand pin, une chouette hulule, je tressaille, il me prend dans ses bras, je lève les yeux vers lui et nos lèvres se trouvent... qu'elles sont douces et chaudes ! Pourquoi avons-nous attendu le dernier soir, la dernière minute, pour céder à l'inclinaison de nos cœurs ? Nous restons enlacés sous la lune, nous ne pouvons plus nous quitter…Mais j'ai déjà largement dépassé la permission de minuit !"

"Soudain la lumière extérieure s'allume, nous bondissons dans les hautes herbes pour nous cacher et apercevoir mon père, visiblement furieux... Nous devons nous résoudre à nous quitter. C'est un déchirement, je cherche déjà mon oxygène alors que je suis encore dans ses bras, les yeux ruisselant de larmes, nous nous promettons un amour sans faille avec toute l'innocence de la jeunesse. Je rentre doucement à la maison et je me retrouve en face de ma mère, l'air penaud mais je ne peux cacher mon sourire, ni mon désespoir... Une mère comprend ces choses, elle me presse d'aller me coucher avant le retour du père, elle lui expliquera..."

"Au matin, attablée devant la dernière crêpe des vacances, j'affronte l'air goguenard de mon père qui ne manque pas de remarquer le suçon dans mon cou... Nous quittons la Bretagne, je regarde défiler le paysage au travers de mes larmes, le coeur gonflé, j'ai si peur du vide... Cette rencontre incroyable, fruit du hasard et vouée aux oubliettes, fut pourtant le début de ma plus belle histoire d'amour."

"Quelques jours plus tard, je recevais la première lettre… Nous avons trompé l'attente des prochaines vacances en échangeant des lettres enflammées, je les ai toutes gardées…Quand le hasard, aidé par sa grand-mère, nous a permis de nous retrouver, j'ai combattu mes sentiments pour ne pas le suivre. Les larmes dans les yeux, nous avons échangé un long baiser. Nous avions quelqu'un dans nos vies, j'avais si peur de tout bouleverser. Je crois aussi que je préférais garder en moi cet amour si pur, si profond, plutôt que de risquer de terminer cette belle histoire de façon banale. Je ne saurais jamais si j'ai eu tort ou raison ce soir là… Mais je garderai cet amour adolescent dans mon cœur jusqu'à la fin de mes jours, avec le secret espoir de le retrouver, qui sait ? Le premier amour est toujours le dernier."


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