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"Au collège, le niveau d'exigences ne cesse d'augmenter"
Principal du collège Jacques Prévert en Saône et Loire, Françoise Godon considère la quatrième comme un passage difficile pour les élèves.   (15/10/2005)
Comment se passe l'adaptation pour les sixièmes ?
Françoise Godon De mieux en mieux. Nous avons fait des efforts en terme de qualité d'accueil. Dès le mois de décembre qui précède l'entrée en sixième, nos professeurs vont rencontrer les parents des futurs collégiens pour les rassurer. Puis courant janvier, les CM2 viennent passer une journée de cours au collège, à la place des sixièmes. A cette occasion, ils découvrent de nouvelles matières comme la technologie ou les langues, et tout le côté 'vie socio-éducative' avec les clubs et l'association sportive. Et, ceux qui veulent peuvent passer la dernière semaine d'août au collège, juste avant la rentrée, dans le cadre de l'école ouverte. L'intégration se fait donc petit à petit. Sans compter que la rentrée des sixièmes est différée, ils sont donc tout seuls dans l'établissement toute cette journée.

Qu'est-ce qui est le plus difficile pour eux ?
C'est le changement d'organisation. Il y a un côté 'zapping' des matières, des professeurs, des salles auquel il faut s'habituer. Il doivent également se faire aux changements de méthode d'un prof à l'autre. C'est pour cette raison que nous avons instauré des ateliers d'une heure hebdomadaire, avec quatre intervenants qui expliquent aux élèves comment organiser leur cartable, tenir un cahier de texte, apprendre une leçon...

Quel est le niveau le plus difficile au collège ?
C'est la quatrième. On demande aux élèves des choses plus complexes. Ils doivent rédiger, expliquer, aller au fond des choses, ils ne peuvent plus se contenter d'observer et de raconter. En français, cela passe par l'apprentissage de l'argumentation, en histoire géo, on leur demande d'analyser, de synthétiser. Il ne suffit plus de réciter bêtement une leçon. Et en maths, c'est l'année de l'abstraction car les raisonnements sont plus poussés, il faut apprendre à démontrer. Ce n'est pas évident, ils sont encore jeunes pour cela. Pour des élèves en difficultés, cela devient très compliqué ! Parfois, on les sent désespérés, démotivés. On dit souvent que le niveau baisse d'année en année, mais je ne suis pas d'accord. Je trouve que le niveau d'exigences a été relevé.

Les parents doivent-ils toujours contrôler le travail de leur enfant ?
Il faut surveiller sans 'fliquer'. La difficulté, c'est d'arriver à ne pas lui mettre la pression, sans toutefois être trop laxiste, en fonction du degré de maturité de l'enfant. Le repas du soir est le meilleur baromètre, car chacun raconte sa journée, cela permet de voir comment ça se passe pour lui au collège. Je recommande aux parents de regarder régulièrement le carnet de liaison (une fois par semaine), de surveiller les notes. Un enfant qui n'a jamais de note, ce n'est pas normal. Un enfant qui n'a pas de devoirs, ça n'est pas normal non plus. Il faut donc aller aux réunions parents-professeurs, même si c'est pour y entendre des choses pas très agréables. Si l'enfant n'a pas compris un point du programme, les parents peuvent toujours lui réexpliqer, mais attention, ils ne sont pas là pour prendre la place du prof !

Et pour le brevet ?
Ce n'est pas aux parents à faire travailler leurs enfants. Cela relève du collège : les épreuves communes de préparation et les séances de préparations méthodologiques sont faites pour cela. Le rôle des parents, c'est avant tout un soutien moral. Ils sont là pour encourager leur enfant.

Le collège est organisé en cycles. Pourquoi ?
La sixième, c'est le cycle, d'adaptation. La troisième, ce lui de l'orientation. Entre les deux, la cinquième et la quatrième sont regroupés dans le cycle central, car les élèves sont bien intégrés au collège, sans avoir encore le souci prégnant de l'orientation. Il existe donc une cohérence au niveau du programme : le choix du latin en option intervient dès la cinquième, tout comme les sciences physiques. Par ailleurs, les élèves de 5ème et 4ème participent à des travaux pluridisciplinaires que l'on appelle 'itinéraires de découverte'. Deux heures par semaine, ils travaillent sur un thème avec deux profs de deux disciplines différentes, le but étant de donner du sens aux apprentissages en leur montrant qu'il n'y a pas de cloison entre les matières. Par exemple, ils travaillent avec le prof de maths et celui de technologie sur le thème du tangram : ils calculent les aires et étudient les figures avec le premier, et construisent le tangram à partir de ces travaux avec le deuxième. Ils comprennent ainsi qu'ils ont besoin des outils mathématiques en techno. Pour moi, c'est ce qu'il y a de plus intéressant dans le cycle central.

En quoi les programmes ont-ils changé cette rentrée ?
Ce sont les matières scientifiques qui sont concernées. Ces changements s'appuient sur les modifications qui ont eu lieu sur les programmes de primaire en 2002, afin d'assurer une continuité. Le but est de développer la culture scientifique de l'élève pour qu'il ait acquis à la fin de la troisième une vision d'ensemble du monde dans lequel l'homme interagit. Il faut les pousser à la réflexion et leur faire prendre conscience de l'équilibre nécessaire entre, d'une part, développement scientifique et technique et, d'autre part, respect de l'environnement et écologie.

Que pensez-vous du socle commun de connaissances et compétences évoqué dans le rapport Thélot ?
Je n'ai pas encore de véritable opinion puisque ce socle n'est pas encore défini. Pour l'instant, on sait seulement qu'il devrait contenir "ce qui est indispensable pour réussir sa vie au XXIe siècle". C'est donc encore très vague. Je trouve le principe intéressant, à condition de ne pas abaisser le niveau en exigeant trop peu.

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Propos recueillis par Claire Sassonia
 
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