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Programmes scolaires Interview cycle 3
"Le CM2 éduque les élèves à l'autonomie"
Professeur des écoles, Monique Avargues enseigne à une classe de CM2. Son objectif : préparer ses élèves à l'entrée au collège.   (08/10/2005)

L'entrée en CE2 marque-t-elle un tournant pour l'enfant ?
Monique Avargues Oui, car avant l'entrée en CE2, certaines compétences de base doivent être acquises telles que la lecture et la compréhension de l'écrit. De plus, jusqu'au CE2, les champs disciplinaires sont beaucoup moins ciblés. Par exemple, en CP et CE1, toutes les notions d'histoire, de sciences, de géographie sont regroupées dans une matière appelée "Découverte du Monde". L'entrée en CE2 est véritablement une étape intermédiaire entre le cycle 2 et le collège.

Comment le CM2 prépare-t-il à l'entrée en 6ème ?
Dans ma classe, j'essaye de faire un maximum de liaisons avec le collège. J'éduque mes élèves à l'autonomie c'est-à-dire que je commence à ne plus écrire les leçons au tableau, je les dicte. Je leur apprend également à tenir un cahier de texte, à se servir d'un classeur et à l'organiser. Je leur explique qu'ils ne doivent plus lever le doigt toutes les deux minutes pour demander sur quelle ligne tracer un trait.

Vous travaillez donc en relation avec le collège?
Les enseignants du primaire ont 4 demi-journées de formation par an, en liaison avec des professeurs de collège. Cela nous permet de connaître leurs attentes. De même, chaque année, le collège nous envoie les résultats aux évaluations d'entrée en 6ème de nos anciens élèves. On voit ainsi ce qui va, et ce qui ne va pas. Par ailleurs, à la fin de l'année, le principal du collège duquel l'école dépend vient présenter son établissement aux élèves de CM2.

Comment gérez-vous l'hétérogénéité d'une classe ?
C'est très difficile. Surtout depuis que les classes de perfectionnement, qui accueillaient les élèves en grande difficulté scolaires, ont été supprimées. Il m'arrive d'avoir dans ma classe une dizaine d'enfants à problèmes sur un effectif total de 28. Et je ne peux pas leur accorder toute l'attention et la disponibilité nécessaires. Bien sûr, nous travaillons parfois par groupes de niveau. Cette année, huit de mes élèves sont suivis par le réseau d'aide et de suivi éducatif (RASED). Des psychologues et psychomotriciennes les testent et aident les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques.

Etes-vous favorable aux devoirs à la maison ?
En régle générale, non. J'estime que les enfants travaillent suffisamment pendant leur journée de classe, ce n'est pas la peine de les assomer avec des devoirs, ils doivent se reposer. Je n'en donne qu'aux CM2, pour les préparer à l'entrée en 6ème, surtout depuis l'expérience de mon fils. Lorsqu'il est entré au collège, il est revenu un soir avec un 0 en maths alors qu'il était très bon à l'école primaire. Il n'avait tout simplement pas appris sa leçon. Je donne donc toujours des leçons à apprendre aux CM2 et un petit travail écrit d'une demi-heure en français ou en maths. Cela les entraîne, et ça permet aux parents de suivre un peu leur travail.

Justement, quel doit-être le rôle des parents ?
Le premier rôle des parents, c'est l'éducation : apprendre à leur enfant à dire "merci", "s'il-te-plaît", à frapper à une porte avant d'entrer, surveiller leur vocabulaire. Trop souvent, l'école est obligée de pallier ce manque, et ce n'est pas sa mission. Ensuite, les parents doivent être à l'écoute de l'enfant, lui faire raconter sa journée. C'est aussi à eux de vérifier que le travail est fait en faisant réciter les leçons. En cas de difficultés scolaires, je conseille aux parents de rencontrer l'enseignant pour en discuter, au lieu de faire travailler l'enfant eux-mêmes. Car les parents n'utilisent pas les mêmes termes que l'instituteur pour expliquer une leçon, ils n'ont pas la même pédagogie et cela risque de perturber l'élève plus que de l'aider. Il faut d'ailleurs savoir que de nombreuses écoles proposent des aides au devoir accompagnées, conçues pour soutenir les élèves en difficulté. Malheureusement, ce ne sont pas les enfants qui en ont besoin qui y vont.

Pourquoi l'école est-elle organisée en cycles ?
Chaque cycle correspond à une tranche d'âge et donc à un stade de l'évolution de l'enfant. Le cycle 1 des pré-apprentissages s'achève avant la grande section de maternelle, le cycle 2, celui des apprentissages fondamentaux, inclut la grande section, le CP et le CE1 tandis que le cycle 3 des approfondissements commence en CE2 et s'achève avec le CM2. Cette organisation permet d'étaler le programme sur plusieurs classes. Actuellement, nous ne pouvons pas faire redoubler un enfant au cours d'un cycle. Le redoublement intervient à la fin du cycle, c'est-à-dire soit en CE1 soit en CM2. Mais cette disposition devrait être réformée.

Les programmes ont changé en 2002. Quels sont ces changements ?
Une langue étrangère a été introduite dès le CE2. L'informatique fait désormais partie des programmes et son apprentissage est validé en CM2 par un brevet appelé B2i. L'enseignement du français est plus axé sur la littérature, la lecture et la production d'écrits que sur la grammaire et l'orthographe comme autrefois. Et en maths, le programme a été allégé : on ne traite plus les échelles, trop complexes, mêmes si on continue à les aborder en géographie. Enfin, on ne fait plus les pourcentages.

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Propos recueillis par Claire Sassonia
 
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