Et si j'allaitais ?

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L'allaitement
Les contre-indications médicales permanentes et définitives à l'allaitement sont rares. Photo © Getty Images

Les contre-indications à l'allaitement sont rares. Les connaître, c'est donc surtout savoir que chaque femme peut nourrir son bébé au sein et cesser de se laisser influencer par de fausses croyances populaires comme par exemple, "les petites poitrines ne produisent pas assez de lait". A un détail près ; comme le dit très bien l'adage, pour pouvoir, il faut vouloir. Et là, c'est à chacune de décider.

Une question de désir avant tout

L'allaitement évoque une foule d'images et de sensations. Certaines femmes y associent l'amour maternelle et le bien-être absolu. D'autres, une pratique archaïque et une contrainte plutôt douloureuse. Pour celles-là, le choix du biberon doit s'imposer sans culpabilité aucune. Se forcer ne servirait à rien, pire, l'allaitement se passerait mal : la nature est si bien faite qu'elle déciderait à la place de ces mamans certes volontaires, mais intimement persuadées qu'elles ne font pas le bon choix : le mécanisme de la lactation (régulé par la production d'ocytocine) est étroitement liée avec l'état psychologique de la maman. Parallèlement, le stress, le manque de confiance en soi et de disponibilité tant matérielle que psychologique pour surmonter les obstacles, conduisent à des échecs dans la plupart des cas. Alors, à quoi bon dans ces conditions, bouder le biberon qui permet de nourrir les bébés tout à fait convenablement ? Que les mamans qui ne désirent pas allaiter se rassurent, : rien ni personne ne peut les y obliger. L'amour et la tendresse ne se mesurent pas à la quantité de lait produite ! Quant à la faculté à être "une bonne mère" elle ne saurait se résumer par ce choix...

De rares contre-indications médicales

Les contre-indications à l'allaitement peuvent être temporaires : un herpès avec des lésions buccales chez le bébé ou chez la mère en cas de lésion sur les seins, des infections bactériennes type listériose. Contrairement aux idées reçues, une maman affectée par une maladie anodine (rhume, grippe, angine) peut tout à fait continuer à allaiter même si cela peut s'avérer très fatiguant pour elle. En revanche, les traitements classiquement prescrits alors ne sont pas compatibles avec l'allaitement. Il faudra se contenter d'homéopathie ou de recettes de grand-mère le temps que cela passe ou avoir recours au tire-lait et au biberon quelques temps.

Restent les contre-indications permanentes plus rares. D'abord, les troubles du métabolisme du bébé comme la galactosémie congénitale : le bébé manque d'une enzyme nécessaire au métabolisme du galactose (un composé du lactose). Or, si le lactose n'est pas supprimé de son alimentation, il peut en résulter des complications graves. L'allaitement est aussi impossible si le bébé présente une intolérance au lactose. Ensuite, les affections graves de la mère : insuffisance cardiaque, maladie grave des reins, du foie ou des poumons, psychoses et dépression sévère, sida, tuberculose évolutive -bien que la poursuite de l'allaitement peut s'envisager avec une surveillance médicale étroite.

Enfin, pour les mères dépendantes (tabac, alcool, drogues) ou sous traitement médicamenteux lourd (psychotropes, anti-épileptiques, sulfamides, antithyroïdiens, anticoagulants, chimiothérapie...), il faut discuter de la meilleure conduite à tenir avec son médecin traitant. En effet, dans certains cas, les bienfaits de l'allaitement pour la mère et l'enfant peuvent valoir le coup même si des substances toxiques passent en quantité infime dans le lait. Il arrive aussi que des sevrages ou des parenthèses thérapeutiques soient envisageables pour permettre une alimentation au sein. N'hésitez pas à vous renseigner auprès de plusieurs professionnels de santé pour trouver une solution.


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