Faire face à la colère de son enfant

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Comment faire pour affirmer son autorité ?

Il vaut mieux anticiper les crises. Par exemple, on peut faire une liste : problème 1 =  réponse 1. Il faut aussi prévenir l'enfant en comptant jusqu'à trois et faire une gradation de la punition. Inutile de compter jusqu'à dix. Si l'enfant dépasse les limites, on peut lui dire : "Je t'ai prévenu, maintenant tu es puni" et appliquer la punition. C'est du bon sens mais c'est parfois difficile à mettre en œuvre. Il est aussi nécessaire de prendre de la distance par rapport à la colère de l'enfant.

C'est-à-dire ?

La colère n'est pas un manque de respect de l'enfant envers l'adulte, ce n'est pas une volonté de l'enfant, d'ailleurs, ce n'est pas un adulte. On est supérieur à l'enfant en termes de force et de vécu. Il faut affirmer son autorité par le calme. On ne peut pas tout permettre, ni tout accepter. Peu à peu, l'enfant voit que cela ne marche pas et qu'il est puni.

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La colère de l'enfant est normale et n'est pas une attaque personnelle contre vous © Getty Images
 

Et s'il se tient bien, faut-il le récompenser ?
Oui, exactement. Quand il se tient bien, cela veut dire aussi qu'il faut le complimenter. Cela peut passer par une récompense. Sans oublier de lui donner beaucoup de tendresse. L'enfant a très peur qu'on ne l'aime plus. Il n'est pas content de sa colère. Il faut le rassurer car un petit angoissé fait plus de colères ou au contraire, est complètement éteint. Il faut donc éviter à tout prix les : "Maman ne va plus t'aimer si tu fais ça".

L'humour peut-il aider à désarmorcer une crise ?

Oui, bien sûr. Il faut déconcentrer, désarçonner. L'humour, quand on arrive à le pratiquer, peut très bien fonctionner. Ca ne marche pas à tous les coups. Cependant, l'humour ne doit pas être utilisé contre l'enfant mais contre la situation. Celui-ci ne doit pas être humilié ou ridiculisé. 

Les parents doivent-ils exiger des excuses ?

Certains parents exigent des excuses, d'autres non. Cela dépend de la personnalité de chacun. En parlant d'autres choses, quand la communication s'est de nouveau rétablie, les excuses peuvent venir toutes seules.

"Les parents doivent parler, se tenir au courant, trouver des solutions communes, montrer front commun"

En quoi le père peut-il jouer un rôle particulier ?

Le père est important pendant cette période, notamment pour les excuses. Il est vrai que souvent, ce sont les mères qui sont au premier front. La mère doit tenir le père au courant de ce qu'il s'est passé pendant son absence. Il faut faire comme si de rien n'était mais au détour d'une conversation, le père peut lancer à l'enfant : "J'ai appris que tu as fait ça". L'éducation, c'est un truc à deux. Les deux parents doivent avoir la même parole. Il faut parler, se tenir au courant, trouver des solutions communes, montrer front commun.

Quels conseils donneriez-vous aux parents qui se découragent ?

Il faut être patient. Cela ne se résoud pas en 2-3 mois. La colère est un cycle normal chez l'enfant. Si elle dure au-delà de quatre ans et si elle est répétée et spectaculaire, les parents peuvent voir un psychologue pour enfants. Mais il arrive tout simplement que l'enfant ait un fort caractère. Dans ce cas, il faut songer à changer de stratégie. Les parents sont souvent pris au dépourvu devant ces colères. Ils ne doivent pas hésiter à en parler entre amis. Ils ne sont pas les seuls à être dans cette situation.

Et à ceux que vous croisez dans la rue quand votre enfant crise ?
Laissez-nous tranquilles ! Les parents sont souvent dévisagés ou reçoivent des commentaires comme : "Vous ne savez pas tenir votre enfant". La colère de l'enfant n'est pas le signe d'une mauvaise éducation. C'est une crise d'adolescence avant l'heure. C'est une période de grand bouleversement pour l'enfant et cela crée un volcanisme ambiant. L'enfant est la victime, il ne sait pas ce qui lui arrive. 

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