Avez-vous un truc imparable ? Mon premier truc : ne pas s'énerver soi-même. Car plus on s'énerve, plus on met de l'huile sur le feu. De plus, l'enfant apprend à gérer sa colère par rapport à notre façon de nous contrôler. S'il nous voit piquer une crise, il fera pareil car il considèrera que c'est la façon normale de réagir. Il faut donc parler à voix basse et se mettre à la hauteur de l'enfant en s'accroupissant. Le but est de faire baisser le niveau sonore. Sinon, c'est l'escalade de la voix. Plus on crie fort, plus l'enfant va vouloir crier encore plus fort. Ce n'est pas en 10 secondes qu'on arrive à faire baisser l'intensité des cris, mais en 5 minutes, c'est faisable. Quand on ne crie pas, la colère se dégonfle comme un ballon de baudruche.
| "Mon premier truc : ne pas s'énerver soi-même" |
Un autre truc ?
Le 2ème truc que l'on peut faire lorsque l'on est chez soi, c'est isoler l'enfant dans sa chambre ou dans un endroit neutre, là où il n'y a pas d'autres enfants. Cela peut être dans un coin, dans l'entrée, un peu plus loin dans la maison. L'enfant va ainsi définir cet endroit comme le lieu où il va se calmer.
Et s'il refuse le coin ?
S'il nargue l'adulte ou ne veut pas aller au coin, dans ce cas, le papa ou la maman se retire pour ne pas continuer dans l'énervement. Cependant, l'adulte doit expliquer sa position, dire pourquoi il le fait : "Tu ne veux pas aller au coin, donc je me retire". Il ne faut pas "parler bébé" mais normalement : "Je n'ai pas envie d'écouter tout ce bruit, ça me dérange. J'ai besoin de me calmer, donc je vais dans ma chambre". L'enfant, déconcerté, va alors rechercher l'adulte. Le fait de mettre de la distance permet de marquer le coup. Il vaut mieux éviter les tournures de type : "Tu reviens quand tu es calmé", car l'enfant n'a pas la notion du temps.
| "A l'extérieur, il faut rester calmer et faire comme si de rien n'était" |
Mais si on envoie un enfant dans sa chambre, il peut jouer. L'effet est-il alors aussi marquant ?
S'il joue, tant mieux ! Le but, c'est surtout de calmer sa colère. C'est sûr que s'il se moque de nous, il est nécessaire de choisir un autre endroit, comme la salle de bains. Mais il ne faut pas humilier l'enfant.
Peut-on déconcentrer un enfant qui pique une colère ?
Oui, bien sûr. Le troisième truc, c'est la limitation dans le temps. L'enfant ne se rend pas compte que la colère prend du temps. Il faut lui montrer que le temps passe. Pour cela, je conseille aux parents de mettre en route la minuterie du four, du coquetier... Quelque chose qui fasse du bruit et dire à l'enfant : "Je te donne 10 minutes pour te calmer. Quand ça sonne, tu arrêtes de crier". Le bruit du minuteur va déconcentrer l'enfant. Celui-ci va se concentrer sur autre chose que sa colère et cela va l'arrêter. Ca fonctionne vraiment bien.
Et à l'extérieur ?
A l'extérieur, c'est beaucoup moins facile. Il faut rester calmer ou faire comme si de rien n'était. On peut également faire signe de s'éloigner et le dire : "Puisque c'est comme ça, je m'en vais" ou alors, prévenir l'enfant qu'une punition l'attend de retour à la maison : "Quand on rentre à la maison, tu es punis" et tenir la punition. Dans ce cas, la punition doit être réalisable, adaptée au cas par cas, sinon les parents perdent en crédibilité.