Est-ce que tous les enfants piquent des colères ? | | L'expert | |
| | - Emmanuelle Lepetit : Auteur de 10 astuces de parents pour faire face à la colère de ses enfants
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Oui, tous les enfants ont des colères plus ou moins prononcées. C'est une phase normale dans le développement de l'enfant. En général, elles débutent vers 18 mois-2 ans. Si tout se passe bien, elles s'arrêtent vers 4-5 ans. De 2 à 4 ans, c'est la grosse période des colères. Celles-ci sont censées être résolues pour l'entrée au primaire. Mais cela dépend aussi de la réaction des parents. L'enfant de 2 ans pique des colères parce c'est un petit dictateur qui veut plein de choses mais qui a du mal à comprendre le "non". Il ne peut pas grimper partout, manger des bonbons toute la journée... Il n'a pas conscience de ce qui l'entoure et des risques encourus. Il n'arrive pas à gérer la frustration. C'est justement à cette période qu'il va acquérir cette capacité.
Les grosses colères aussi sont normales ?
Les colères dans la rue, les roulades par terre... C'est normal. Ce n'est pas le reflet d'une mauvaise éducation. Même si il est vrai que certains enfants en font plus que d'autres. Les parents ne sont pas responsables de ces crises de colère. Ils ne doivent pas culpabiliser. Et puis, ça dépend aussi du tempérament des enfants. J'ai un fils et une fille. Si l'aîné n'a pas fait beaucoup de colères, pour ma fille cadette, ça a été l'explosion ! Pourtant, les parents sont les mêmes et l'éducation aussi.
| "La colère n'est pas un manque de respect envers les parents" |
Comment réagir en cas de grosse colère de l'enfant ?
Il y a plusieurs astuces qui dépendent du contexte. Il faut différencier le contexte calme, à la maison, où il n'y a personne pour regarder, et le contexte moins sympa, au supermarché ou dans un lieu public, face aux autres et où il n'y a pas de solution de repli.
Comment faire si on n'arrive pas à garder son calme ?
Si elle est exceptionnelle, la fessée peut être une réponse. Mais elle ne doit pas être humiliante. Inutile donc de la donner dans la rue, par exemple. S'il y a eu énervement, il ne faut pas hésiter à en parler à l'enfant et lui dire : "Cela m'a mis hors de moi, je le regrette mais tu m'as poussée à bout. Ce n'est pas à recommencer car ce n'est pas un bon type de relation".
Et si l'enfant refuse de calmer ?
Quand l'enfant hurle, il n'y a pas de négociation possible, car cela lui donne raison. Mais parfois, il y a de vraies colères. Dans ce cas, c'est bien de revenir dessus. L'enfant pique des colères car il ne comprend pas les contraintes. Il faut faire un travail pédagogique pour justifier ce que l'on dit. Mieux vaut éviter la crise, mais s'il y en a eu une, dans ce cas, il est recommandé de faire un debriefing avec l'enfant.