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Focus
02/01/2007
La grossesse des pères
La couvade, qu'est-ce que c'est ? Le terme évoque la poule qui garde ses ufs précieusement
au creux de ses plumes. Et pourtant, et c'est bien là tout
le problème, les futurs papas victimes de couvade ne peuvent
pas tenir le rôle de la volaille bienveillante.
Les symptômes ressemblent étrangement à ceux de la grossesse : nausées, fringales, prise de poids, troubles digestifs, maux de tête, insomnies, variation de l'humeur, hypersensibilité et parfois même augmentation du taux de prolactine (l'hormone qui provoque la lactation). Bref, un tableau qui mène tout droit aux remarques les plus désagréables à entendre pour un homme. "Mais dit donc, c'est toi ou Gigi qui l'attend ce bébé ?" Et pourtant, la couvade, qui touche 20 % des hommes, mérite qu'on la considère avec le plus grand intérêt. D'où vient ce phénomène étrange ? Si l'on s'en tient à la définition du dictionnaire,
la couvade désigne la coutume selon laquelle le père
tient le rôle de la mère. En effet, qu'il s'agisse
des anciennes habitudes de nos campagnes ou de celles encore observées
dans des tribus plus éloignées, les futurs pères
s'adonnent pendant la grossesse à une sorte de rite initiatique.
Cette couvade est censée responsabiliser le géniteur.
La psychothérapeute explique que certains aborigènes
d'Australie restent couchés quand s'approche l'heure de la
naissance. Pourquoi se manifeste-t-il ? En effet, même si les hommes contribuent largement à
la conception d'un enfant, ils n'ont pas, pendant ces neuf mois,
de fonction bien définie comme le résume Benoît
Le Goëdec, sage-femme et auteur du Guide des papas débutants,
"ils souffrent de ne pas vivre physiquement la grossesse".
En prenant du poids, ils montrent qu'ils deviennent pères.
Chaque homme a ses raisons de couver :certains sont très inquiets pour la santé du bébé, d'autres se sentent exclus -toutes les attentions sont pour la mère, la vie tourne autour de son ventre. Enfin, restent ceux qui vivent mal ce tournant de leur vie, doutent de leurs capacités en tant que parent. Surtout que dans une société où homme et femme se partagent les tâches à égalité, la grossesse devient une aventure de plus à laquelle chacun se doit de contribuer autant que l'autre. Bref, pour dire qu'ils comptent, s'inquiètent, s'impliquent, partagent, endossent, certains futurs papas somatisent. Ça se soigne ! Être au courant de l'existence de la couvade, c'est pouvoir aider son homme à la surmonter. D'abord en l'encourageant à suivre la même hygiène de vie que celle que l'on s'impose soi-même : limiter les aliments trop gras et trop sucrés, éviter le grignotage, veiller à manger de tout, boire suffisamment d'eau, poursuivre une activité physique régulière, se reposer suffisamment. Ensuite, en partageant avec lui vos astuces contre les nausées ou l'insomnie : tisanes calmantes, exercices de relaxation, massages...
Enfin, en agissant sur le fond du problème, c'est-à-dire
en lui confiant des tâches bien précises qui le valorisent
dans son rôle de père : s'occuper des démarches
administratives pour la maternité, la naissance et la crèche,
préparer la chambre et les affaires du bébé,
les faire-part par exemple... Mais aussi participer activement à
la grossesse en vous accompagnant aux rendez-vous médicaux,
aux échographies, aux cours de préparation à
l'accouchement. Privilégiez tout particulièrement
l'haptonomie, une des techniques utilisées dans ces
séances qui permet au père, par le biais du toucher,
de communiquer avec le futur bébé et donc de trouver
sa place dans cette relation à trois (pour en savoir plus,
lisez l'article L'haptonomie,
la préparation tendresse).
Lire aussi L'interview de Benoît Le Goëdec sur
Le rôle des pères pendant la grossesse
et de Lise Bartoli sur
Les
rituels de la naissance
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